|
||||||||
![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() |
||||||||
![]()
![]() Etat culturel,L' socialisme et l'homme : Ecrits politiques, Le |
par Le Meilleur des Mondes La pièce n'est pas encore finie mais son dénouement approche, nettement plus heureux que celui que prédisaient les cyniques, les prophètes de malheur, les idéologues amateurs et les intellectuels de café du commerce abreuvés de télévision. La constitution irakienne est bientôt sous toit et le procès de Saddam Hussein est programmé.Nous n'en sommes pas encore à l'épilogue mais l'ampleur du chemin parcouru depuis mars 2003 est époustouflante. Il y a deux ans et demi commençait en Irak une offensive militaire conjointe contre le régime de Saddam Hussein, menée par l'armée américaine et ses alliés. Les motifs motivant les Américains étaient multiples; ils consistaient essentiellement à remodeler le Moyen-Orient en y instaurant la démocratie, pour miner le pouvoir des Mollahs et prouver au monde entier - au monde musulman entier - que la prospérité et la liberté pouvaient exister même au coeur de cette région aussi chargée en pétrole qu'en dictatures. L'Afghanistan n'était qu'une première étape, une riposte nécessaire; avec l'Irak, le président George W. Bush tenait à passer au niveau supérieur, mener le combat au coeur de la région ennemie. Que les djihadistes qui souhaitent tuer des Américains se confrontent à leur plus dangereuse variété, des soldats en armes et en guerre, le tout dans un pays musulman. La résolution 1441 de l'ONU fut le prétexte de la conclusion d'une affaire qui remontait en fait au début des années 90 et à la première guerre du Golfe: Saddam Hussein devait être destitué, parce qu'il était un mauvais exemple, un dictateur, un meurtrier dangereux et potentiellement encore plus dangereux par sa survie à la tête de son régime totalitaire. Une bonne partie de l'occident s'y opposa, mené par la France: cette guerre était illégale, contraire au droit international - la France était peu sensible au casier judiciaire de Saddam Hussein et aux 182'000 Kurdes gazés par ses soins - et le camp de la paix, en fait le camp de la collaboration, osa même franchir la ligne rouge et décréter qu'elle était immorale. Au-delà des incertitudes techniques, la Patrie-Des-Droits-De-l'Homme annonçait que libérer un peuple du tyran qui l'oppressait n'était pas moral! L'argument des armes de destruction massives n'était qu'un composant de ce dossier qui se révéla exagéré mais n'empêcha pas moins tout le monde de tomber dedans. Le sénat américain. Les diplomates de l'ONU. La France. Même Saddam Hussein, mené en bateau par des conseiller obséquieux, devait croire en leur existence!.. Seuls les inspecteurs de l'ONU sur place doutèrent de leur existence, non pas parce qu'ils ne trouvaient rien mais parce qu'il était important politiquement qu'ils ne trouvent rien. La nuit des premiers bombardements américains sur Badgad en mars 2003, ce fut le président français Jacques Chirac qui annonça sur les ondes que si l'Irak usait d'armes de destruction massive, la France se porterait - malgré tout ses griefs - aux côtés des Américains et des Britanniques dans la seconde guerre du Golfe. Les armes de destruction massive, tout le monde y croyait, même les autorités françaises. Et pour cause: c'était dans l'intérêt de tout le monde de répandre cette croyance, depuis les officiels du régime de Bagdad qui détournaient l'argent pour ces recherches en passant par les transfuges avides de hâter une opération militaire contre le pays, jusqu'aux pays occidentaux qui avaient été les promoteurs industriels de ces développements. C'est sur les méthodes à employer pour désarmer l'Irak que les attitudes divergeaient, pas sur la menace qu'il était sensé représenter. Après le scandale Pétrole contre nourriture, on compris enfin pourquoi l'opposition politique était si forte: pendant que les Américains luttaient pour légitimer leur coalition face à l'ONU, une bonne partie des diplomates qui y officiaient bénéficiaient des largesses pétrolières de Saddam. Les militants qui brandissaient dans les rues d'Europe leurs bannières arc-en-ciel et leurs pancartes "Pas de Guerre pour du pétrole" annonçaient exactement le deal en cours entre l'Irak, la France, l'Allemagne et la Russie. Les bureaucrates étaient payé grassement pour leurs offices, couvrir Saddam Hussein et son régime auprès des instances internationales. De toutes façons, cela allait être un bain de sang, il y aurait des millions de morts civils, des déplacements massifs de réfugiés, des tués américains par milliers, il faudrait se battre dans des combats de rue pour chaque pâté de maison... Quelques semaines plus tard, le régime du dictateur Saddam Hussein tomba sans coup férir. L'avancée alliée contre le régime fut tellement rapide que des problèmes d'intendance se posèrent pour arriver à ravitailler les véhicules en carburant face à la vitesse de leur progression dans le territoire irakien. Badgad fut prise sans poser plus de difficultés que les autres villes, malgré les "forces d'élite" sensées protéger le raïs. En fait, en Irak, pratiquement tout le monde n'obéissait à Saddam qu'à travers la terreur qu'il faisait régner. Après cette chute étonnamment rapide (pour ceux qui croyaient en la propagande pro-Saddam distillée par les médias occidentaux) commença la reconstruction de l'Irak. Dans ce pays exsangue où les immenses ressources pétrolières étaient exploitées pour armer le régime, construire d'innombrables palais pour le dictateur et maintenir son pouvoir d'une main de fer, tout était à reconstruire. Les infrastructures, l'énergie, la police, l'armée. Le piège à mouche était aussi en place: les "combattants étrangers" - des islamistes endoctrinés - affluèrent en Irak au lieu de tenter de poser des bombes contre des civils américains. Et moururent par milliers, parce qu'ils firent face à des soldats prêts au combat. Pendant ce temps, loin du regard des médias qui ne semblaient que faire le macabre décompte des victimes - victimes exclusivement américaines, bien entendu - l'Irak commença à être reconstruit. Des centaines d'écoles, des hôpitaux, une bourse, une envolée de la demande pour des biens et des services dont la population avait été privée pendant tant d'années. Les droits civiques furent enfin instaurés et les Irakiens n'hésitèrent pas à s'en servir. Aujourd'hui, alors que l'ancien dictateur s'apprête à être jugé et qu'une Constitution s'apprête à être adoptée, qui mettra fin à jamais à une époque dominée par les guerres, les tortures et les massacres, voit-on les médias changer de ton sur l'épopée irakienne? Evidemment pas. Ils sont imperméables à toute remise en question. Du haut de leur piédestal indémontable, malgré les observations du terrain qui n'en finissent pas de contredire leurs discours, ils continuent à condamner, à critiquer, à pointer la moindre imperfection, la moindre défaillance bénigne comme un échec de l'ensemble. Il n'ont aucune vision. Ravagés par leur nihilisme, les médias n'en finissent pas de faire le jeu des terroristes et de tous ceux qui tentent de faire échouer le jeune Etat irakien. Les derniers exemples sont toujours aussi caractéristiques. La Constitution Irakienne? Un outil pour plonger le pays soit à l'éclatement, soit à l'islamisation la plus radicale. Sur TF1, un reportage sur le texte annonce que selon la constitution, l'Islam est la seule source du droit - ce qui est un fieffé mensonge: la constitution irakienne mentionne le Coran comme une source du droit, ce qui n'est pas du tout la même chose. Que le texte soit voté sans heurts, on accuse alors le scrutin d'être manipulé, la fraude électorale d'être massive, les urnes d'avoir été remplacées avec la complicité des Américains érigés en diables - en oubliant que le vote a eu lieu sous la supervision de l'ONU, qui est pourtant souvent jugée infaillible par ailleurs. En ce moment, le résultat du scrutin est encore relativement incertain dans une province clé, mais qu'on se rassure, même s'il est favorable il sera contesté - avec l'appui de tous ceux qui, loin de se contenter de le prédire, souhaitent de le chaos en Irak. Et tentent de l'instaurer avec les moyens dont ils disposent. Pourtant, le processus démocratique est en marche, malgré toute la condescendance de ceux qui clament que "la démocratie ne peut pas s'installer par les armes", une posture qui camoufle mal leur racisme. Le procès de Saddam Hussein? Le dictateur déchu, piégé comme un rat en décembre 2003, mérite mille fois la mort. Voilà de quoi provoquer l'inquiétude de nos journalistes bien-pensants: la peine de mort! Cette sanction interdite dans les pays hautement civilisés! Sans doute ceux qui écrivent cela ont oublié qu'il s'agit pour le Moyen-Orient de son premier Procès de Nuremberg... Et peut-être que si l'histoire se répétait ici, ils militeraient avec des pancartes pour que les hauts dignitaires nazis soient épargnés. Le pardon est toujours facile quand on est pas victime. Par une bêtise qui confine au ridicule, les éditorialistes ne semblent jamais parvenir à comprendre les enjeux. Ainsi, le procès qui vient de s'ouvrir sur Saddam ne couvre que les meurtres de Doujail, un village où 140 Chiites ont été assassinés en 1982. Ce massacre est loin de figurer en tête des crimes qui sont reprochés à l'ancien raïs. Et pour cause: il ne sera condamné à mort qu'une seule fois, malgré le nombre de pendaisons qu'il mérite. Cela ne sert à rien de multiplier des procès sur une dizaine d'années pour conclure à chaque fois que oui, Saddam Hussein est un monstre et qu'il mérite la peine capitale. Cette approche tactique du procès permettra peut-être de donner rapidement au dictateur la sanction suprême, ce qui brisera certainement le fol espoir d'une partie des anciens Baasistes poseurs de bombes. Le corps sans vie d'un tyran destitué par les Américains, pendant au bout d'une corde, marquera les esprits. Evidemment, les belles âmes de service s'en offusquent tout d'un coup, sans jamais avoir haussé le ton quand les crimes contre l'humanité ont été commis par l'ex-régime irakien... Ils ne comprennent même pas pourquoi, entre tous les crimes de Saddam, c'est celui-ci qui a été choisi pour un premier procès: parce que c'est un crime suffisant, irréfutable, et qui pourra être rapidement jugé. Mais il en faut plus pour amener des médias arc-boutés hors de leur déni de réalité. Leur cynisme est sans limites. Comme l'écrit Ralph Peters (mentionné chez Ludovic Monnerat) avec une grande limpidité: L'instinct grégaire a emporté les rédactions. Ignorant toute preuve du contraire, les éditorialistes écrivent continuellement sur l'inévitable "retraite" hors d'Irak, décrétant que "tout le monde sait" que la politique américaine n'a aucune chance de succès. Ce n'est pas du journalisme. C'est la matérialisation d'un souhait qu'expriment ceux qui ont besoin que l'Irak échoue pour préserver leur crédibilité. Nous sommes en contact avec des parasites qui, n'ayant jamais rien accompli de réalisable eux-mêmes, affirment avec insistance que la bravoure et le dévouement d'autrui n'ont aucun sens. Leurs égos se sont boursouflés au point qu'ils sacrifieraient le futur des 26 millions d'êtres humains vivant en Irak juste pour pouvoir écrire "je vous l'avais bien dit." NB : Ce textes est tiré du blog "Le Meilleur Des Mondes"
|
|||||||
|
Fédération Liberté Chérie - 39 rue Henri Barbusse - 92000 Nanterre - 06.29.62.06.79 - liberte@liberte-cherie.com | ||||||||