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Liberté Chérie à Marseille : compte rendu de l'opération STOP LA GREVE
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Manifestation contre la grève de la RTM à Marseille !

15 juin 2003: "contre les blocages, pour les réformes!"

Les Marseillais toujours privés de bus

Tous les citoyens contre les syndicats non représentatifs!

Stop la grève à Lyon !

"Des méthodes de voyous"

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Liberté Chérie à Marseille : compte rendu de l'opération STOP LA GREVE

par Aurélien Véron, le 16/11/05
Pendant cinq jours, le comité marseillais de Liberté Chérie a distribué 50.000 tracts avec le soutien logistique de responsables de la fédération. De nombreux quartiers ont ainsi reçu la visite de petits groupes de militants de Liberté Chérie : sur les marchés, dans les cafés, dans les petits commerces de proximité, dans les boulangeries et dans les salons de coiffure, nous avons tous inlassablement porté notre message. Refusant la résignation face à ce mouvement de grève, nous proposons des réformes ambitieuses concernant aussi bien le secteur des transports en commun que le syndicalisme en France.

A part quelques bobos engoncés dans leur orthodoxie « bien-pensante », le soutien est immense dans les quartiers populaires de Marseille. Français et non Français de toutes les couleurs, de toutes les origines sociales, de toutes les religions, adhèrent à notre discours à une écrasante majorité, comparable au sondage SOFRES (76 % des Marseillais opposés à ce mouvement de grève). Certains viennent même témoigner de leur licenciement, de leur faillite proche...parfois au bord des larmes. On se sent bête, avec ses tracts à la main, face à pareils drames. Que répondre, sinon que nous ne baissons pas les bras et que nous nous battons contre ces méthodes de voyous. Le dernier jour, un conducteur de bus, qui souhaite garder l'anonymat, nous appelle pour nous féliciter de notre action. Ses collègues CGTistes lui ont ouvert l'arcade sourcilière et rayé sa voiture. Il ne compte pas porter plainte car il souhaite garder son emploi. Nous comprenons bien ce type d'angoisse, car nous recevons déjà des insultes et des menaces par SMS ou par e-mail.

Il arrive que certaines personnes manifestent leur sentiment mitigé face à nos propositions. Après tout, si les syndicats font grève, ils doivent avoir leurs raisons. Nous leur apparaissons trop politiques, trop radicaux; mais en y réfléchissant, il faut voir... Le débat s'installe, les voisins entrent dans la discussion. Tout le monde est d'accord sur un point : le syndicalisme est très important. La question que nous posons concerne l'institutionnalisation du syndicalisme, son financement essentiellement avec l'argent des impôts, ses méthodes. Tout le monde se sent interpellé par ces points. Nous parvenons à ébranler les certitudes de certains. De toute évidence quelque chose ne tourne pas rond au sein du syndicalisme français...

Dimanche à 15h00, la foule commence à se rassembler. Elle s'étoffe et atteint environ 1.500 personnes vers 15h45. Quelques discours improvisés, une farandole de pancartes brandies par des gamins du centre ville qui manifestent leur ras-le-bol de la situation, chacun exprime sa colère et souhaite trouver une solution à ce conflit...en pensant aux futurs « conflits sociaux » qui ne manqueront pas de se dérouler dans cette capitale européenne de la grève. Ici, ces « conflits sociaux » touchent surtout le petit peuple marseillais. Nous défilons jusqu'à la mairie, les journalistes sont nombreux. Ils écoutent de nombreux citoyens présents pour sentir l'ambiance, écouter les attentes. Après plus d'un mois de grèves et une petite semaine pour respirer avant leur reprise, la fatigue est lourde chez tous ceux qui sont là. S'ils savent que leurs compatriotes sont un peu fatalistes, ils sentent aussi qu'il est possible de faire changer les choses. Eux sont venus et ils affirment, devant les médias venus nombreux, qu'ils comptent bien continuer le mouvement si la grève persiste. Rappelons que lors de notre premier mouvement "contre les blocages et pour les réformes", en juin 2003 et à Paris, au premier rassemblement de 1.500 personnes, avait suivi un second mouvement le 15 juin qui, lui, avait réuni 80.000 personnes, étalées de l'Hôtel de ville à la place de la Concorde !

L'espoir est bien là. Un avenir meilleur est possible, cela ne tient qu'à nous !