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Marseille : Après être désavouée par le peuple, la CGT est désavouée par la justice !

par Ronny Ktorza, le 02/12/05
Les 26 et 27 octobre 2005, l'Institut SOFRES a publié un sondage particulièrement révélateur de la popularité de notre bonne vieille centrale syndicale dans notre pays. Se prétendant être la représentante du peuple, la CGT vient, pourtant, de subir un échec cinglant puisque 61% des Marseillais interrogés rejettent les actions (à la limite du tolérable) du syndicat de Bernard THIBAULT qui a encouragé les salariés de la Régie des Transports Marseillais à déposer un préavis de grève de longue durée afin de protester contre la future délégation de service public, concenant le Tramway marseillais, que le maire de la ville, Jean-Claude GAUDIN a accordée à l'entreprise Connex, celle-là même qui avait participé au rachat de la SNCM.

Mais, ce qui est surtout frappant dans ce sondage est que même les sympathisants communistes (à... 81%!!!) estiment que cette grève pénalise, de manière exagérée, la ville. 95% des socialistes partagent cet avis, ce qui montre bien la rupture entre le système syndical français et le peuple qui a, enfin, compris que, non seulement l'action de la CGT (ainsi que FO, la CFDT et les autres) ne l'aidait pas, mais, qu'en plus, elle desservait même leurs intérêts.

Ce sondage, assez complet, révèle, également, un autre chiffre: ainsi, 76% des Marseillais souhaitent la réquisition des bus. Certes, celle-ci fait l'objet d'un consensus un peu moins large (seulement...63% des sympathisants de gauche soutiendraient cette réquisition) mais un pas a été franchi: la population veut sanctionner les syndicats, voire les obliger à reprendre le travail. Cette grève va, de toute façon, à l'encontre de l'intérêt des salariés marseillais que la CGT prétend défendre car le commerce local vient de subir un coup difficile et, à terme, de nombreuses faillites pourraient en résulter, entraînant, ainsi, un chômage de masse dans une ville qui, comme je l'ai dit dans un précédent article ("La mafia syndicale"), est déjà bouleversée par des travaux de grande ampleur.

Se sentant désavouée par le "peuple marseillais", la CGT a, alors, décidé de contre-attaquer par la voie médiatique. Comme elle l'avait déjà fait pour EDF, la filiale du P.C. (encore que même celui-ci ne semble plus assez à gauche pour elle) a, ainsi, "inondé" la ville d'affiches alarmantes. La CGT, dont on sait que les membres sont, pour la plupart, d'anciens Prix Nobel de sciences économiques, nous a donné un "cours" instructif en la matière, nous expliquant que, si cette délégation de service public avait lieu, cela conduirait à une augmentation significative de nos impôts locaux. Bizarrement et, sans doute, naïvement, nous croyions que la RTM (comme, d'ailleurs, toutes les entreprises publiques) était en déficit et que celui-ci devait être, nécessairement, comblé par l'argent des contribuables. Au contraire, il nous semblait qu'une privatisation avait pour conséquence que, même si la compagnie était en mauvaise santé (ce qui peut arriver), ce serait les dirigeants qui devraient en payer les pots cassés et non, une population qui, pour la plupart, n'utilise pas les transports en commun.

Nous pouvons, pour une fois, saluer le courage de Jean-Claude GAUDIN qui a tenu bon, malgré la violence de la CGT et des armes qu'elle utilise. Mais nous avons un conseil encore plus judicieux à lui donner: pourquoi ne va-t-il pas plus loin en privatisant la RTM? Ce serait l'assurance que la ville ne connaîtrait plus jamais ces manifestations paralysantes...