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On dit volontiers les syndicats français « forces de progrès » ; ce serait oublier qu' ils sont aujourd' hui le principal obstacle à tout changement dans notre pays. Arc-boutés sur leurs avantages acquis, réfractaires à la modernité et de surcroit ultra-minoritaires, ces forces de blocage s' arrogent très régulièrement le droit de paralyser la France et les Français, en toute impunité. Les exemples récents ne manquent pas : pour le mois d' octobre qui s' achève, on peut dénombrer 31 jours de grève à la RTM (Régie des Transports Marseillais), 14 jours de grève au port autonome de Marseille, 24 jours de grève à la SNCM (Société Nationale Corse Méditerranée) ainsi qu' une grande journée d' inaction nationale, dans le secteur public notamment. Sur ces paralysies fort courantes de la société, sont venus se greffer nombre de scandales financiers (détournement des recettes des ventes à bord sur les bateaux SNCM ), politiques (détournement d' un navire SNCM), ou encore moraux et sécuritaires (violences contre les non-grévistes à la RTM, ou menaces de meurtre envers un repreneur à le SNCM). On voit bien ici le caractère extrêmiste des actions de certains syndicats. Nul besoin de considérer - à l' image de Jean-Luc Mélenchon - qu' il ne s' agit là que de dérives très marginales et d' exactions commises contre un employeur inhumain. Ce dernier n' est autre que l' Etat Français, plus mauvais DRH du pays, mais dont on sait qu' il est celui qui offre - à travail égal - les horaires les plus légers et les avantages les plus grands. Loin de n' être que dérapages ou crise conjoncturelle, l' escalade récente dans les revendications exorbitantes n' est en réalité que le corollaire parfaitement logique et structurel du syndicalisme tel qu' il est aujourd' hui mis en oeuvre. A cela, Liberté Chérie répond par des propositions simples, claires, mais hautement efficaces. Il conviendrait tout d' abord d' exiger des modifications dans les conditions de financement des centrales syndicales. Celles-ci doivent exister par leurs membres et pour leurs membres. Cela suppose de mettre fin à tout financement public. Ainsi les syndicats, loins de rentes que leur procure actuellement le contribuable Français, devraient sans cesse présenter le visage de l' honnêteté, être au plus près des préoccupations des salariés. On observerait très mécaniquement un recentrage des positions syndicales vers les volontées salariales ainsi qu' une prise en compte - pour l' instant inexistante - des réalités socio-économiques. A cela il faut adjoindre l' obligation pour chaque syndicat de publier des comptes certifiés. Nous ne voulons plus de scandale financier ; nous ne voulons plus de détournement mafieux. Alors même que les entreprises ou les associations - financées toutes deux par des fonds privés à quelques exceptions - ont obligation de publier leurs comptes, il est incompréhensible qu' il n' en soit pas de même pour des structures largement financées par les deniers publics. Par ailleurs, il importe d' abroger la loi sur le monopole de la représentativité syndicale. Chaque groupe de travailleur doit être libre de se constituer syndicat et, de facto, mérite attention et écoute dans les négociations salariales. Le privilège confié aux 5 confédérations dites « représentatives » depuis 1966 contribue à museler les petits syndicats, ayant bien souvent des positions autres que nos 5 mammouths de la négociation (CGT, FO, CFDT, CFTC, CGC). La liberté d' expression appelle d' autres méthodes ; ce sont l' ouverture ainsi que la tolérance de la différence. Enfin, nous demandons l' engagement de la responsabilité individuelle lorsque des responsables syndicaux commettent des actes répréhensibles par la loi. Comment expliquer que des syndicalistes puissent détourner un bateau de l' Etat durant 24h, alors même que cet acte serait lourdement condamné pour n' importe quel individu ? Comment expliquer que des syndicalistes puissent ravager des champs d' OGM, alors qu' il s' agit là d' une dégradation patente de la propriété d' autrui ? Existe-t-il une justice à deux vitesses ? Les syndicalistes ne doivent plus bénéficier de régimes de complaisance à l' égard de la justice. Voici, clairement énoncées par Liberté Chérie, quatre propositions fortes destinées à promouvoir un syndicalisme fort, mais transparent, démocratique et qui défende vraiment les intérêts des salariés.
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