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par Edouard Fillias, Stéphane Roudaut et Sabine Hérold Source : Le Figaro l'homme reprend son libre-arbitre contre le pouvoir des forts. Au premier moment d'une révolution encore vierge, privilèges et castes, fragiles sous leurs vernis d'éternité, se sont écroulés. Un horizon de possibles est apparu à des millions d'individus, comprenant en un seul instant que nul n'était le jouet de l'arbitraire, qu'il valait mieux mourir que toujours subir.Nous sommes les dépositaires de cet héritage, légué degénération en génération à travers deux siècles d'histoire. Dans notre Déclaration des droits, dans notre Constitution, c'est Condorcet qui nous parle et c'est toujours notre devoir de les écouter. Ils nous parlent d'indépendance et d'insoumission aux pouvoirs illégitimes et aux privilèges. Ils nous rappellent la puissance du « non » quand il est prononcé par ceux qui n'ont pas droit à la parole. Qu'avons-nous fait de cette promesse d'avenir, douloureusement préservée contre toutes les menaces, de la Terreur aux guerres sanglantes de l'Empire, des charniers de Verdun aux interrogatoires de la Gestapo ? Le sang versé par des générations de résistants à l'oppression est-il payé comptant ? Sommes-nous les continuateurs ou les fossoyeurs du rêve français ? Malheureusement, l'heure est plutôt à l'inventaire des illusions perdues. Qui peut croire que la France est aujourd'hui un pays de liberté ? Quelle est la liberté de l'étudiant empêché de passer sesexamens par ses propres professeurs ? Quelle est la liberté du travailleur qui comptait sur un métro, un train, un avion ? Quelle est la liberté des laissés-pour-compte du service public, dont la colère est toujours ignorée ? Qui peut croire que la France est aujourd'hui un pays d'égalité ? Quand l'Etat maintient pour la fonction publique, pour les salariés de ses grandes entre-prises, et pour des maquis de régimes spéciaux, des privilèges indécents en matière de pension de retraite, où est l'égalité ? Les fonctionnaires et assimilés travaillent et cotisent moins pour bénéficier de retraites supérieures à celles du privé. Ils n'ont guère à se soucier du chômage, même siplus de 15 % du reste de la population active cherche un emploi. Qui peut croire que la France est aujourd'hui un pays de fraternité ? Qui est responsable dans notre pays où l'on connaît plus de mille rentiers d'Etat, d'abord préoccupés par la préservation de leurs positions média-tiques ou économiques ? Syndicats, ad-ministrations, responsables mais pas coupables, et certainement pas comptables des problèmes de chaque citoyen. Notre République n'est pas à la hauteur de ses principes fondateurs. Les gardiens institués pour protéger nos droits se sont retournés contre nous. L'Etat est devenu, dans une trahison silencieuse, l'ennemi de l'égalité. Les syndicats, garants de la fraternité, nuisent désormais aux intérêts de l'ensemble des salariés. Ultime ironie de l'histoire, noussubissons le dérèglement de l'ingénierie sociale et politique instituée par les générations précédentes pour défendre notre modèle de citoyenneté. « Qu'est ce que le tiers-état ? Tout ! Qu'a-t-il été jus-qu'à présent dans l'ordre politique ? Rien. » Tous les citoyens conscients de leur de-voir doivent savoir qu'ils sont le seul espoir de changement. Silencieuse jusqu'à présent, la force de leur volonté peut in-fléchir notre avenir collectif. Nous ne voulons pas d'une autre révolution. Nous voulons un retour aux principes fondateurs de la précédente, à notre liberté, notre égalité, notre fraternité ! Pour dire ensemble notre colère et notre volonté de changement, pour transformer notre exaspération en action, retrouvons-nous di-manche 15 juin, à 16 h, place du Châtelet. Tous les citoyens répondront présent!
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