|
||||||||
![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() |
||||||||
![]()
![]()
|
UN GENTIL CONTE POUR ENFANTS (pour militants d'ATTAC)
Bové s'était fait connaître, dans un paysage paysan français plutôt tourné vers le saccage des préfectures, la menace physique et la destruction des monuments historiques (Parlement de Rennes), par un tiers-mondisme aussi flashy qu'apprécié par les bobos parisiens, bac+5 et portefeuille trop bien garni pour ne pas entraîner quelques remords de salvation politique.Bové donc, avec son anglais parfait, et ses airs de paysan-pour-de-vrai (enfin, sur les plateaux de télé plus que sur les plateaux du Larzac) dénonçait, avec un certain courage d'ailleurs, la Politique Agricole Commune, plongeant dans une colère noire la FNSEA, le syndicat le plus violent de la seconde moitié du 20ème siècle en France. Les voies de D-eu étant impénétrables- au grand regret des croyants dont je suis- Bové tapait sur l'OMC qui pourtant souhaitait aussi détruire la PAC. Mais elle était empêchée en cela par les pays riches (France et USA, pour le dire vite) qui ne voulaient pas débarrasser la nuque du paysan malien qui ployait, tel les Hébreux d'Egypte, sous le poids de la misère et accessoirement sous celui des surproductions de la PAC. Et ces mêmes pays n'étaient pas contents du tout de voir ensuite ces paysans vas nus pieds demander au choix : 1) l'émigration chez les riches (refus : on veut bien ruiner les bouseux du tiers monde grâce aux exportations subventionnées, mais pas les recevoir, non mais !) 2) ou plus modestement la levée de la PAC (mais là, les paysans français piquaient un colère noire et saccageaient le bureau à la Voynet à l'aide de purin. Dans l'impunité totale... voire avec les applaudissements du politique bien de chez nous, qui imagine que les femmes sont toutes des salopes mais qui a bien pigé que les paysans ne font pas de gâteries autres qu'électorales). BOVE PREND LES BRESILIENS POUR DES BLAIREAUX ET AIME LA PAC. Mais... Cette idyllique image d'Epinal altermondialiste, conçue spécialement pour attardés lisant le Monde Diplomatique, était trop belle pour durer. En effet, le gentil Bové a jeté le masque devant la victoire des pays du sud à Hong Kong, et montre le visage courroucé du classique syndicalisme paysan français, corporatiste, égoïste, antilibéral et haineux vis-à-vis des autres travailleurs de la terre qui sont même pas français: « Aujourd'hui le vrai risque, c'est que ce soit la politique agricole de l'Union (PAC) qui soit remise en cause ». Vous avez bien lu, ce n'est pas la fatigue de l'écran. Bové, outre qu'il montre ici qu'il n'est pas si différent de la FNSEA, toise en plus les paysans du sud de très haut, en prenant un ton pontifiant et attristé pour leur faire comprendre qu'ils n'ont rien compris : « Rien ne va s'arranger! Pour la majorité des paysans de la planète, cet accord représente une régression qui confirme la prédominance des pays riches sur les pays pauvres [ ...]Cet accord sur l'accès aux marchés est un leurre pour les paysans du sud ». Le raisonnement est assez paradoxal, puisqu'il indique que la principale revendication (satisfaite par la réussite du sommet de Honk Kong, réussite qui semble soit dit en passant susciter l'aphonie subite des médias français qui bavaient d'avance à son « échec annoncé» depuis quelques jours pourtant) des paysans du sud (marché agricole libre) est un leurre... pour ces paysans du sud qui vont tout perdre à obtenir des débouchés plus nombreux. Heureusement qu'en bon français, Bové fait remonter le niveau du débat vers les firmaments éthérés de la pensée pure, où n'interviennent pas les sordides intérêts matériels des uns et des autres. Enfin, surtout des autres... Car Bové va plus loin, en considérant que la société civile du sud est objectivement composée de gros cons, et ne comprend pas (ou fait mine de ne pas comprendre) qu'elle puisse demander sans son imprimatur que les ravages de la PAC soient facturés aux européens : « Les compensations pour le Brésil et l'Argentine, qui avaient été demandées de manière imbécile par un certain nombre d'ONG, risquent de poser de gros problèmes à l'Europe » (Reuters) L'accord passé à l'OMC est "une régression", pour José Bové Les paysans européens et américains, la bouche pleine, geignent qu'ils ne sont pas contents de leur échec cinglant à l'OMC CONCLUSION DU CONTE : Pour ceux qui croyaient encore au mythe du gentil Bové internationaliste et ami du tiers monde, défenseur désintéressé de l'agriculture, la morale de l'histoire: 1) Bové aime le paysan du sud à trois conditions, quand il crève de la PAC, tant qu'il ne constitue pas un concurrent sérieux aux paysans français dopés aux subventions, et tant qu'il n'a pas le droit de vendre librement au consommateur européen le fruit de son labeur. Rien de plus savoureux que cette préférence nationale, pardon alimentaire, chez un homme censément de gauche, qui rappelle au goût les élucubrations villiéro-lepénistes sur nos beaux terroirs. 2) Bové ne veut pas de paysans du tiers monde qui puissent s'enrichir en vendant leurs produits en Europe. Et encore moins de compétiteurs sérieux comme le Brésil, qui outre qu'ils révèlent son vrai visage, ont le tort de briser son idéal d'un tiers monde englué dans la misère. Un paysan du sud qui crève sur sa terre, en effet, ça fait pleurer dans les chaumières occidentales et puis en prime, ça peut toujours faire accuser les libéraux qui en veulent à la PAC. C'est tout bénef, donc. 3) Bové est donc le partisan, au même titre que la très caricaturale FNSEA, d'un corporatisme égoïste qui justifie ses avantages indus en évoquant un fumeux « intérêt général » qui coûte 40% du budget européen, des régions entières polluées, une pénurie d'eau chronique et accessoirement quelques milliers de tonnes de bouffe détruites et quelques millions d'euros de dégâts annuels suscités par nos « paysans qui tiennent à la souveraineté alimentaire, à la bonne bouffe et à la solidarité ». Comme quoi, pas la peine de creuser bien longtemps sous l'antilibéralisme pour comprendre ce qui s'y cache souvent : la possibilité de vivre confortablement aux crochets et au dépend d'autrui, le tout en invoquant un intérêt général d'autant plus pratique qu'on a pas à y contribuer soi-même. Mais gare au remise en cause : le masque de la générosité pour autrui tombe au profit d'une charité bien ordonnée qui commence, comme chacun le sait par soi même. Et qui s'y arrête farouchement. Pas vrai José ?
|
|||||||
|
Fédération Liberté Chérie - 39 rue Henri Barbusse - 92000 Nanterre - 06.29.62.06.79 - liberte@liberte-cherie.com | ||||||||