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Le 16 juillet, les Contribuables sont enfin libérés!

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La puce à l'oreille...

le 19/07/05

par Jean-Louis ANTOINE

Source : L'Est Républicain


Prof d'histoire-géo, Nancéien âgé de 29 ans, Eric Cunat cultive sa « Liberté chérie ».

Hier soir, place Maginot, Eric Cunat et ses amis des « Contribuables associés » célébraient avec un brin de retard, mais avec une fidé­lité tangible la désormais incontournable fête du 16 juillet, « ce mythique jour de l'année » où les citoyens français accablés de prélè­vements obligatoires cessent de travailler pour l'Etat et commencent enfin à glaner un peu d'argent pour eux-mêmes. Distributions de tracts, pins d'un demi-euro, symbolisant le fait que l'Etat prélève la moitié de la richesse nationale, et flyers, servaient de sésames pour convaincre des Nancéiens visiblement sensibles à la justesse du constat.

Changer la donne

Multi-casquettes, Eric Cu­nat vient parallèlement de fonder avec le publicitaire Jean-Paul Oury et le méde­cin anesthésiste Maxime Rollin le comité local « Li­berté chérie ». Le tout frais président qui s'enorgueillit de drainer une quinzaine de membres et autant de sym­pathisants dans les rangs des cercles libéraux d'Alain Madelin présente « cette as­sociation fondée en 2004 par une poignée d'étudiants de Sciences Po Paris qui fait tâche d'huile dans tout le pays et se propose de « chan­ger la donne en France pour qu'enfin passent les idées libérales, les seules à qui tout réussit aujourd'hui en Europe et dans le monde ». Le creuset libéral, le prof d'histoire-géo originaire du Thillot est tombé dedans « en 1998 sur le campus de Nancy lorsqu'il a rencontré Carrie et Genna, deux frin­gantes jeunes Américaines qui serraient l'Union Jack et ses valeurs sur leurs coeurs. Elles m'ont lancé une invita­tion à les rejoindre en Penn­sylvanie et j'ai découvert les USA, ce pays dont on dit pis que perdre en France. Je me suis aperçu que les pauvres étaient beaucoup moins nombreux que ce qu'on affir­mait ici et que le salaire moyen était en tout cas lar­gement supérieur au SMIC. Ca m'a mis la puce à l'oreille », confirme Eric Cu­nat qui a tout de go relu Toc­queville, découvert les op­tions d'Alain Madelin et intégré sans tarder les fan­tassins libéraux.

Le paradoxe français

Visiblement ravi que le « non » l'ait emporté au référendum sur le projet de traité constitutionnel, Eric Cunat s'attend à tirer les bénéfices du nouveau pa­radoxe français « qui sous prétexte de s'élever contre l'ultra-libéralisme a porté à la tête de l'Union eu­ropéenne Tony Blair en position de force pour ap­pliquer un credo politico-économique qui lui res­semble ». Dans l'attente, Eric Cunat et ses amis comptent multiplier les initiatives. Cela va du dixième anniversaire de Chirac à l'Élysée qui leur a permis de dénoncer « les promesses non tenues, les déficits publics accumulés et les amitiés avec les dic­tateurs » à une présence renforcée sur le terrain.

Sortis de l'anonymat après la campagne référendaire, les libéraux balisent les pro­vinces avec les idées d'Alain Madelin qu'ils ont reçu voici quelques semaines à Nancy. Ils comptent « aussi être présents dans le débat local ». Ainsi sont-ils atten­dus pour leur soutien lors de la législative partielle anti­cipée de la rentrée sur la cir­conscription de Nancy 1. A qui ira leur sympathie ? Telle est la question...