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La vraie précarité, c'est le chômage ! Ce n'est pas la flexibilité

par Eliott Maidenberg, le 05/02/06
C'est un affrontement somme toute très classique qui se prépare pour les semaines qui viennent. Le gouvernement propose une mesurette pour décongestionner le marché du travail (à savoir le Contrat Première Embauche), et comme d'habitude, la gauche se dresse comme un seul homme pour barrer la route à « l'ultralibéralisme » et à la « précarisation ». Remarquez : tout le monde y trouve son compte. Les partis de gauche, qui ne proposent rien, justifient leur existence en critiquant systématiquement le gouvernement, les syndicats étudiants font leur publicité en vue des élections du CROUS qui ont lieu dans quelques semaines, et les syndicats de fonctionnaires profitent de tout ce tintamarre pour réclamer une petite augmentation.

Tous ces gens, qui vivent de l'argent de l'Etat, n'en ont au fond pas grand chose à faire du chômage et de la précarité. Si c'était le cas, peut-être s'intéresseraient-ils un peu plus à ce qui se passe hors de nos frontières, chez nos partenaires économiques. Le Royaume-Uni, l'Irlande, les Pays-Bas, le Danemark, la Nouvelle-Zélande, sont tous des pays qui ont réussi à éradiquer le chômage de masse en accroissant la flexibilité du travail. Au Danemark, le contrat de travail n'est plus négocié entre l'Etat et les partenaires sociaux, mais entre le salarié et le chef d'entreprise. Cela signifie que toutes les modalités du contrat de travail sont négociées librement sans intrusion du législateur. Suivant la logique socialiste en vogue chez nous, cela voudrait dire que les salariés danois sont victimes d'une précarité insupportable, que leur avenir n'est fait que d'incertitude, que leur vie peut basculer du jour au lendemain. Qu'en est-il en réalité ?

Les salariés danois sont parmi les plus confiants dans la sécurité de leur emploi. Certes, l'héritage culturel n'y est pas pour rien, mais dans les faits, le licenciement n'est pas vécu comme un drame pour l'employé. Ce n'est pas parce que les nordiques ont le sang froid, mais parce que grâce à la possibilité de licencier plus librement en cas de baisse d'activité de l'entreprise, les patrons danois peuvent embaucher plus facilement. De ce fait, le taux d'activité ayant augmenté, le produit des cotisations sociales a augmenté lui aussi. Donc les prestations sociales pour les chômeurs se sont élevées, d'autant plus que le nombre de récipiendaires a décru ! Par conséquent, le montant de l'assurance chômage s'élève à 90% du dernier salaire.

Dans ces conditions, que penser des mesures Villepin ? Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'elles sont timides, en plus d'être dirigistes, car au lieu de libérer le contrat de travail elles imposent de nouvelles règles. Certes, le CNE simplifie les conditions de licenciement (et donc d'embauche) pour les petites entreprises, qui sont les véritables créatrices d'emploi. Quant au CPE, il permettra de faciliter l'embauche des jeunes qui, en plus d'être victimes de la réglementation du travail - comme tout le monde -, souffrent du manque d'expérience et, ce qui est plus grave, d'une formation souvent particulièrement inadaptée à l'offre de travail. Cela explique pourquoi 23% d'entre eux sont au chômage, chiffre qui exclut d'ailleurs tous les étudiants qui aimeraient trouver un job à temps partiel mais qui sont découragés par la difficulté d'y parvenir.

Mais une question se pose : Le gouvernement semble enfin avoir compris que la flexibilité est l'une des clés qui feront sauter le verrou de l'emploi. 52% des Français l'approuvent. Pourquoi ne pas l'étendre à tous les travailleurs une bonne fois pour toutes ?

A quand le contrat libre embauche ?