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Le 30 janvier à Houston (Texas), s'est ouvert le procès de Kenneth
Lay et Jeffrey Skilling, les deux principaux dirigeants du courtier en
énergie Enron. Cette information est à placer dans les bonnes
nouvelles. Au risque de surprendre, je vais montrer comment cette
affaire est une démonstration de l'extraordinaire vitalité du
capitalisme et de son pouvoir « autonettoyant ». A l'inverse, les
Français d'aujourd'hui supportent indéfiniment sur leurs épaules un
grand nombre d'affaires Enron. C'était des fondateurs talentueux qui inventèrent des produits financiers nouveaux et complexes pour le commerce de l'énergie. Ces produits rendirent de grands services à des millions de gens, car tout le monde a besoin d'énergie. La vitalité du capitalisme est immense. Le peuple chinois s'éveille de la longue et cruelle nuit du socialisme : tous les produits, les mécanismes, les services, les montages qui lui permettent de s'éveiller viennent du capitalisme ; aucun fonctionnaire, sauf rarissime exception, n'a jamais créé de nouveautés utiles aux hommes. Sur ce départ, Enron a bâti une entreprise fabuleuse devenue en peu d'années un phare de Wall Street. La richesse créée était considérable, la capitalisation atteignant 60 milliards de dollars : actionnaires, clients, fournisseurs et 4 000 salariés se réjouissaient. Dans ce contexte, des personnes malhonnêtes et sans doute grisées par le mirage de l'or se sont livrées à des détournements, des mensonges et de faux bilans. La firme Andersen, l'une des plus grosse firmes d'expertise comptable dans le monde, s'est laissée aussi polluer. Ce fut la faillite d'Enron le 2 décembre 2001, puis celle d'Andersen, laquelle fut inculpée le 14 mars 2002 pour destruction de documents et de courriels pour son client Enron. Les employés honnêtes des deux firmes se sont recasés sans problème ; aux Etats-Unis, pays relativement libre, il n'existe pas de chômage pour les financiers talentueux ni pour les vendeurs de pizzas. Un certain nombre de coupables des deux compagnies sont allés en prison et le procès qui vient de s'ouvrir atteint aujourd'hui les responsables au sommet d'Enron ! La vitesse de ces évènements est extraordinaire ; les deux groupes brillaient au firmament, dont Andersen avec un magnifique immeuble aux Champs-Elysées : en un clin d'œil tout a disparu. Cela ressemble vraiment à un nettoyage au Karcher. Des personnes morales ou privées ont certes perdu beaucoup d'argent ; étaient-elles imprudentes ou naïves ? Le capitalisme repose sur la liberté des choix et la responsabilité personnelle. A chacune des victimes de s'interroger pour faire mieux la prochaine fois et améliorer ses choix. Le point important est qu'elles avaient, aux USA, des possibilités de recours juridiques et des banques très prestigieuses sont sur la sellette. Rappelons que plusieurs textes de la doctrine sociale de l'Eglise indiquent que la liberté implique un encadrement juridique clair. Maintenant voyons la France. Le pays est dévasté par 60 ans de socialisme et la paupérisation s'étend comme une lèpre. Une des raisons de cette paupérisation est que nous avons compté une bonne vingtaine d'affaires Enron dans le domaine public et para-public : SNCF, EDF, RATP, La Poste, la Sécurité sociale, des banques et beaucoup d'autres dont on ne connaît pas même le nom. En plus il y a partout à l'échelon local de « petites » Enron. La Cour des Comptes a écrit à propos de l'EDF : « A défaut de comptes pro forma reconstitués sur des séries longues, l'analyse financière, et a fortiori la valorisation de l'entreprise, reste un exercice difficile. » Dans son langage feutré, la Cour veut bien dire que personne ne peut y voir clair et elle écrit régulièrement de même sur les comptes des autres monstres. Avons-nous choisi d'être ruinés par ces monstres ? Bien sûr que non. Avec le capitalisme la ruine est simplement éventuelle et souvent de la responsabilité partielle de la victime ; avec le socialisme elle est inévitable, imposée et massive. Et, ô horreur, elle est durable : deux générations de Français ont été ruinés avec toutes les conséquences dont le chômage de masse, que l'on s'efforce de masquer par des combines statistiques. Les dirigeants de ces monstres se passent avec bonheur le témoin entre amis sur des décennies et pas de procès possible. Ils viennent de faire un hold-up fabuleux sur les retraites du régime général en leur transférant une immense partie de leurs scandaleuses charges de retraites ; les organismes de défense des retraites ont certes tous les moyens financiers d'attaquer en justice les coupables. Avez-vous lu qu'ils aient attaqué ? Au lieu de procès, ce sont des décorations ou des placards dorés qui attendent les coupables ! L'affaire Enron est une leçon d'économie à l'usage du monde entier et qui vient à son heure ; elle donne de l'espoir à toutes les victimes du socialisme et en particulier aux affamés. Il reste à savoir qui entendra la leçon. Sauf changement majeur qui ne semble pas à l'horizon immédiat, il est à craindre que sur les bords de la Seine elle soit inaudible.
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