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Les partisans des réformes mobilisent dimanche

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Vers une contre-manifestation de la majorité silencieuse?

A l'appel des associations La France qui bosse ! Liberté, j'écris ton nom ou Ensemble responsables

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Une France réformée, des syndicats responsables

par Sabine Hérold, le 23/06/03

Source : Le Figaro


Par Edouard
Fillias, Stéphane soldats, Sabine Hérold, Gonzague Basset Chercot

Pour la première fois dans l'histoire de notre pays, le dimanche 15 juin, des dizaines de milliers de manifestants se sont rassemblés place de la Concorde, pour faire entendre une autre voix que celle de la contestation syndicale. Il n'y a pas d'autre trace connue de l'expression d'une telle colère. Longtemps silencieuse, étouffée par le bruit médiatique des habituels porte-parole du statu quo, elle s'est en un instant ex-primée, d'un bloc, authentique. A l'initiative d'associations et de particuliers, inattendus fnilitants d'une campagne, une juste colère s'est en-fin révélée à ceux qui, jusqu'à pré-sent, l'ignoraient.

La contestation initiée par les syndicats CGT, F0, FSU, SUD, entre autres, s'est enfin réduite à un filet de voix. L'intensité de leur vindicte n'a cessé de diminuer alors que montait la colère des usagers. Mais après plus de quatre semaines de mouvement prétendument social, on ne coinaît ni vainqueurs ni perdants. Seal un champ de ruines balafre le paysage : des usagers des transports en commun las et brisés de fatigue : des bacheliers au diplôme encore incertain regrettent certainement l'aide de leurs professeurs quand elle était nécessaire ; des entreprises, privés de leurs moyens de commerce, peinent à boucler leurs bilans. Quant aux pays étrangers, ils observent, incrédules, cette étrange autoflagellation française.

Pourquoi tous ces sacrifices in-utiles ? Qui sont ceux qui les ont infliges au pays ? Qui sont certains de ces syndicats, dont la radicalisé extrême fait honte à notre démocratie ? La CGT et F0, parmi d'autres, semblent penser que le dé-bat démocratique se résume à un éternel affrontement, où il faut aligner à l'infini des petits soldats dans les cortèges, où l'on donne du canon en paralysant les services publics. Quelle étrange conception de la démocratie que celle du « coup d'Etat permanent » des syndicalistes toujours en rupture de ban.

Comment admettre que M. Bernard Thibault, patron de la CGT, déclare, encore emprunt d'amertume à la suite de l'échec de la manifestation ce-organisée par son syndicat, jeudi 19 juin, « là où le gouvernement se trompe, c'est de considérer qu'une fois ce texte (de loi) adopté, les jeux sont faits. Tout est certes inscrit sur le papier, mais un papier, c'est toujours révisable ». Quel genre de démocrate est M. Thibault pour ramener les lois de la République à de vulgaires morceaux de papier dont ils disposeraient, lui et ses amis, à loisir ? Quel genre de démocrates sont ces syndicalistes-là, professionnels de la contestation, constants partisans de l'opposition perpétuelle ? Au der-nier degré, M. Thibault est irresponsable. Il n'est responsable ni devant les citoyens, pourtant pris en otages par son organisation, ni devant nos responsables élus, puis-qu'il s'assied d'emblée sur notre démocratie.

Notre association, Liberté j'écris ton nom, ne laissera pas retomber la voix gagnée, l'espace de quelques heures, par la majorité silencieuse. Elle continuera à la porter, de toutes ses forces, vers ceux qui doivent l'en-tendre, pour leur dire de tenir contre la pression de la rue et pour leur rappeler l'urgence des réformes.
Nous désirons que le gouvernement poursuive et développe les réformes nécessaires à la France, à commencer par celle des régimes de retraites. Il est urgent de rétablir l'égalité en droit de tous les Français devant leurs retraites, en supprimant les régimes spéciaux et les privilèges de la fonction publique. Il est grand temps de franchir le pas et d'admettre que sans l'addition d'un régime complémentaire par capitalisation, nous ne pourrons pas sauver un système en faillite. Au-delà des questions techniques, où se perd parfois le sens profond des mots, nous souhaitons le respect des principes suivants : « A cotisations égales, droits à pensions égaux » et le libre choix de la forme et de l'intensité de l'épargne-retraite pour tous les Français.

Qu'on ne se méprenne pas : notre action n'est pas dirigée contre les syndicats, mais contre les crises à répétition qu'ils infligent à la société. Notre initiative ne vise pas à diviser les Français, mais au contraire à les rassembler, à combler les fossés d'injristices et d'incompréhensions qui aujourd'hui les séparent.
C'est en disant non à l'arbitraire d'une poignée de syndicats, ayant trahi'leur vocation légitime à dé-fendre les intérêts des salariés, dont la rupture avec la réalité de la société française est désormais consommée, que nous pourrons avancer sur les nécessaires réformes du pays. Réformes des retraites, réforme de l'Etat, réforme de l'Éducation nationale et, demain, réforme de notre Sécurité sociale.

L'horizon du succès est encore lointain, mais nous savons désormais que nous ne sommes pays seuls. Mille colères silencieuses se sont retrouvées. Elles ne se quitteront plus.

* Président de Liberté j'écris ton nom ; secrétaire général ; porte-parole ; coordinateur de la ligne éditoriale de la même association (www.liberte-cherie.com).