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Droit de grève et liberté de circuler
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Droit de grève et liberté de circuler

le 07/11/05

Source : Lyon Capitale

Expression libre d'un politique, d'un syndicaliste ou d'un responsable associatif...

par Christophe Maillard, porte-parole de l'association Liberté Chérie

L'actuelle grève dans les transports marseillais doit rappeler de mauvais souvenirs aux Lyonnais, qui ont subi il y a un peu moins d'un an une paralysie des TCL. Si le droit de grève fait bel et bien partie des "acquis sociaux", force est de constater qu'il pose un certain nombre de problèmes éthiques, en ce sens qu'il prive parfois les usagers de leur liberté de circuler ou de commercer.

Dans un système concurrentiel, lorsqu'une entreprise voit ses salariés se mettre en grève, les clients peuvent se tourner vers des entreprises concurrentes pour continuer à vivre comme ils l'entendent. La grève est alors effectivement un simple rapport de force entre les salariés et la direction de l'entreprise. Dans un tel système, la direction de l'en­treprise a tout intérêt à entretenir un dialogue satisfaisant avec ses employés car, en cas de grève, elle est directement responsabilisée par une moindre rentabilité, voire par un risque sur la conti­nuité d'exploitation. De l'autre côté, les salariés ont intérêt à avoir des revendications raisonnables et à ne pas tenter de pourrir la situation, puisque le coût de la grève qu'ils font supporter à leur entreprise diminue les possibili­tés d'augmentation de salaire et peut amener jusqu'au dépôt de bilan. L'interdépendance, la convergence des intérêts entre les salariés et leur direction les conduit à toujours tenter de s'ac­corder.

En revanche, dans les services publics, ni la direction ni les sala­riés ne sont responsabilisés, dans la mesure où le contribuable sera toujours sollicité pour sauver les situations les plus désespérées. On assiste ainsi à des situations hollywoodiennes telles que celle du conflit de la SNCM, avec détournement de bateau, hommes venus du ciel, tir de roquette... à faire pâlir James Bond ! En situation de mono pole, les citoyens n'ont pas de choix alternatif et sont donc pri­vés du service fondamental pour lequel ils ont payé.

C'est pourquoi l'association Liberté Chérie milite pour l'ins­tauration de la concurrence au sein des entreprises de transport public. Le jour où les TCL ou la SNCF auront des concurrents crédibles, les usagers ne seront plus privés de leurs droits fonda-mentaux par des grévistes totale-ment déresponsabilisés. Seule la mise en concurrence des entre-prises publiques et leur privatisa­tion peut permettre de concilier le droit de grève et les libertés fon­damentales des individus. Un seul prérequis existe néanmoins : un certain courage politique...