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MARSEILLE (BOUCHES-DU-RHÔNE) DE NOIRE CORRESPONDANT
POUR les usagers des transports en commun de Marseille, la semaine qui commence sera identique aux derniers jours de la précédente : sans bus et quasiment sans métro. L'intersyndicale de la Régie des transports marseillais (RTM) a en effet reconduit pour la journée son mot d'ordre d'arrêt de travail malgré une nouvelle séance de discussions hier avec la di-rection de la Régie. Alors, pour pro-tester contre « la prise en otage des usagers », deux associations, Liberté chérie et les Contribuables associés, avaient appelé, malgré une météo capricieuse, à manifester sur le par-vis de la mairie. « Ces gens de la RTM, ce sont des fonctionnaires et ils sont payés par les contribuables comme vous et moi. Ils travaillent dans un service public, ce qui devrait dire pour le public et pas pour leurs petits intérêts. J'espère que ce conflit qui dure depuis trop longtemps va permettre d'appliquer un service minimum », expliquait hier Aline, commerçante dans le quartier de Sainte-Anne, qui affirme passer plus de deux heures par jour dans les embouteillages pour amener et aller rechercher ses deux enfants scolarisés dans un collège privé de Saint-Just, à l'autre bout de la ville. 500 personnes scandent leur ras-le-bol Un peu plus loin, à l'abri sous les arcades du quai du Port, Alexandre, représentant de commerce pour une marque de bonbons et de confiseries célèbre à Marseille, enfonce le clou. « Depuis plus d'un mois, je ne fais pas mon chiffre et ce n'est pas normal. Tout ça à cause de planqués qui, en plus, veulent la retraite à 55 ans.» Pêle-mêle, c'est la panoplie des tracas accumulés depuis plus d'un mois par la grève des traminots qui se transforme en rancoeur, même si souvent les arguments contre les grévistes sont confus, voire totalement faux. Hier, ils étaient près de 500 à scander leur ras-le-bol sous les fenêtres de Jean-Claude Gaudin. Le maire de Marseille cristallise aujourd'hui la colère des usagers qui lui reprochent de ne pas trouver de solution, et celle des traminots qui l'accusent, en tant que président de la communauté urbaine Marseille-Provence-Métropole (MPM), d'« avoir vendu » l'exploitation des deux futures lignes du tramway à la Connex, une entreprise privée. Hier, les négociations entre l'inter-syndicale et la direction de la Régie ont surtout évoqué la menace d'un nouveau recours en justice pour « grève illicite ». Les deux parties se sont donné à nouveau rendez-vous aujourd'hui à partir de 11 heures. La grève se poursuit donc, et il y aura au mieux 10 % de bus et toujours un trafic très aléatoire sur les deux lignes du métro marseillais.
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