Libert� Ch�rie
Libert� Ch�rie
Action ! Idées Medias
Génération Ground Zero
Rechercher :
Recherche avancée
La f�d�rationMon comit�Tous les comit�sMon compteForum

Liberté Chérie commémore le 11 septembre

George W Bush et la propagande française

Afghanistan, j'oublie ton nom

Discours de Laurent Muller, représentant du collectif solidarité Cuba Libre (aecl)

L'amour de la Liberté contre le fanatisme

Attentats de Londres : l'incroyable propagande des Anti-mondialistes

Une guerre pour l'Irak, contre Saddam

Une nouvelle Amérique

Le Moralisme Européen

Ce que George Bush et son équipe ont accompli

La liberté qui gagne.

Conférence: Mondialisation chérie

Cinq questions sur les syndicats
par Jacques Garello Bertrand Lemennicier Henri Lepage Ouvrage collectif de Bertrand Lemennicier, Hen...

Plaidoyer pour la mondialisation capitaliste
par Johan Norberg Présentation de l'éditeur: Depuis des années, et surtout depuis le Sommet de Seat...

Envoyer à un ami
Imprimer

Génération Ground Zero

par Vanessa Lamorre-Cargill, le 27/01/02

“Give me your tired, your poor,
Your huddled masses yearning to breathe free,
The wretched refuse of your teeming shore;
Send these, the homeless, tempest-lost to me,
I lift my lamp beside the golden door!”

Emma Lazarus, The New Colossus,
inscrit sur le socle de la Statue de la Liberté.




Aujourd'hui, on semble avoir oublié qu'à l'origine le terrorisme comme la liberté sont nés en France. Ces frères jumeaux n'ont cessé depuis la fin du siècle des Lumières de cohabiter. Apparu pour la première fois en 1798 dans le Supplément du Dictionnaire de l'Académie française, le terme " terrorisme " se référait alors au régime de terreur qui ensanglantait la France entre septembre 1793 -vote de la loi des Suspects- et juillet 1794 -chute de Robespierre. En quelques mois, des milliers de personnes ont été massacrées au nom d'un idéal supérieur : la Patrie ; la guerre était ouvertement déclarée à la religion, à la propriété et aux ennemis de la Révolution. Le cours de l'Histoire démontre que l'étymologie du mot terrorisme a été galvaudée dans le but de manipuler les opinions. Liberté et terrorisme resteront indissociables, comme tous les contraires.

Le recours à la terreur est un acte qui vise à paralyser un groupe d'individus. Intimidés par les menaces, ceux-ci se privent d'eux-mêmes de leur liberté de mouvement et de pensée. Règne ainsi une insécurité déstabilisante et le terrorisme parvient, sous l'effet de la violence, à contrôler le comportement et les sentiments des individus. Alors que les groupes puissants disposent de tous les moyens économiques et politiques pour imposer leur point de vue, les groupes les plus faibles sont conduits par leur sentiment d'impuissance à percevoir le terrorisme comme seul moyen d'action. Dans cette optique, l'attentat contre le World Trade Center s'identifie comme un refus de la superpuissance mondiale. Liberté, Terreur et Misère sont ainsi les symptômes triangulaires du malaise mondial. Le fossé entre les pays riches et les pays du Tiers Monde ne cesse de croître (Les Etats-Unis ne consacrent que 0,01 % de leur PNB à l'aide au développement, soit la part la plus faible de tous les pays riches) L'isolationnisme de l'administration Bush -avant le 11 septembre- laissait craindre une aggravation de la situation.

L'Histoire est revenue en force avec une ironie grinçante. La disparition du WTC, signe de la puissance triomphante et ostentatoire des Etats-Unis, remet au premier plan un monument fondamental situé à quelques centaines de mètres : la Statue de la Liberté. Les Américains, peuple constitué à quatre-vingt pour cent d'émigrés, doivent se replonger dans l'histoire de leurs origines. Les vagues d'émigration successives depuis l'arrivée des immigrants irlandais sur le Mayflower fuyant la famine aux réfugiés politiques des régimes totalitaires dans les années 30 rappellent que leur pays est un produit hybride de la Révolution française et des ferments de la misère. Ils doivent se souvenir, les jeunes surtout, que la Statue de la Liberté était le signe d'un monde nouveau pour les peuples démunis, une véritable ‘promesse de l'aube.' La plaie ouverte par les attentats du 11 septembre offre une occasion inouïe de réinventer les bases de la Liberté. Le 11 septembre, un monde a disparu. Quel monde nouveau prendra sa place et verra le jour sur le Ground Zero de New-York ? En gémissant, en hurlant tel un nouveau-né, le monde actuel a pris un visage grave et ensanglanté. Les victimes du terrorisme témoignent de cette « barbarie à visage humain.»

L'Occident chrétien, à l'instar des Etats-Unis, est entré dans une crise dont l'issue risque de lui être fatale : le matérialisme a étranglé l'Esprit, la pensée s'est noyée dans le politiquement correct, les valeurs morales ont périclité sous l'égide du dieu Dollar. Les nations européennes soutiennent les Américains dans leur guerre en Afghanistan, pour autant leur rôle actif et concret se heurte à des limites : la volonté américaine. Les Etats-Unis, même cruellement atteints par la Terreur, demeure l'hyperpuissance mondiale. Et si le sentiment commun de supériorité des pays riches semble avoir institué un « choc des civilisations » (Samuel Huntington) aux conséquences irréversibles, la scission qui s'est opérée va au-delà du simple choc, elle démontre le chaos inénarrable de l'Histoire. La question qui brûle les lèvres est : les nouvelles générations sauront-elles prendre la relève ? Sauront-elles garder l'esprit ardent des révolutionnaires de 1789, le cœur intègre des défenseurs de la Liberté ?

Il est à craindre que la Liberté ait à souffrir à long terme de cette déflagration de l'Histoire. Meurtris dans leur confiance, les Etats-Unis menacent de se replier sur un nationalisme aux caractères nouveaux. Il ne faut pas se méprendre sur l'interventionnisme de l'administration Bush qui est motivé par un but essentiellement égocentrique : « écrasons tous ensemble les terroristes...afin de protéger le territoire américain ! » Le regain de la ferveur nationaliste aux Etats-Unis laisse présager un double nationalisme : un nationalisme de repli défensif et un nationalisme revanchard qui veut châtier les coupables à tout prix. Dresser une ligne d'arrêt que les ennemis potentiels n'oseraient pas franchir, même au péril de leur vie, est devenue une obsession. Mais devant les infiltrations des barbares, les fortifications ne seront jamais trop hautes, les fissures du système trop bien colmatées, les barrières trop bien gardées. La Liberté est-elle obligée de s'enfermer pour assurer sa survie ?

Dès lors, les nouvelles générations étouffent. Oui, elles étouffent de ne pouvoir prendre les armes contre un monde qui les entraîne presque malgré elles, dans la course au pouvoir et à l'argent, un monde qui les contraint à abandonner les valeurs chères aux Pères Fondateurs. Dans cette ambiance délétère, il est difficile d'apercevoir la lumière au bout du tunnel. Enfermée à l'instar de Papillon sur l'île du Diable, la jeunesse n'est plus libre de se révolter, de crier non à l'individualisme matérialiste et au terrorisme d'Etat au nom de la sécurité du citoyen. L'ordre du monde, le cosmos, cher aux Grecs a disparu derrière un nuage de poussière, déflagration en un tas de microcosmes, de luttes misérables et de vaines batailles. Le monde est ainsi devenu une cocotte-minute, de la poudrière balkanique en passant par les contrées désertiques de l'Afghanistan à la fournaise israélo-arabe, de l'Inde à la Chine, la Liberté est entrée dans une guerre contre ses pires ennemis : l'intégrisme religieux fondamentaliste, le communisme de masse et l'indifférence générale. Ce dernier est le pire de tous. Au nom de l'individualisme postmoderne, les jeunes générations ont sombré dans l'inertie. Entravées et contraintes, elles ont fini par se contraindre elles-mêmes au détriment de leur liberté d'action. Cette inaction est flagrante dans le dernier film de Larry Clark. « Bully » filme en effet le profond désœuvrement d'une frange de la jeunesse américaine, une jeunesse perdue pour laquelle le sexe et les drogues sont devenus les principales raisons de vivre.

Les richissimes isolationnistes de l'avant 11 septembre, maîtres du monde, retrouveront-ils la trace de leurs origines d'émigrés miséreux, sauront-ils se rappeler à bon escient de leur vieille quête d'un monde meilleur ? La génération « Ground Zero » est confrontée à une exigence exceptionnelle : réussir le passage d'une mondialisation financière de plus en plus problématique, car exclusive, vers une harmonisation spirituelle. Après avoir vu la destruction des Twin Towers, la jeunesse occidentale, et pas seulement les jeunes américains, doit redécouvrir les vertus originelles de la Statue de la Liberté.