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Envie (L') Une Histoire Du Mal |
Les protestations de certains étudiants contre le CPE ont tourné en affrontement, parfois physique, contre les forces de l’ordre ou contre ceux qui souhaitent assister à leurs cours normalement. Les manifestations sont devenues menaces, barricades et vandalisme.
Intimidation physique des non grévistes, caricatures d’AG dont l’entrée est interdite aux « tièdes » par des molosses, et où quelques centaines d’étudiants décident pour des dizaines de milliers d’autres, vote à main levée pour décourager les modérés… Ces méthodes agressives employées par une minorité sont celles des groupuscules d’extrême gauche. Et de fait, les étudiants qui empêchent ceux qui le souhaitent de se rendre en cours se réclament ouvertement de telles organisations. Les nombreuses banderoles de la CNT mises en évidence lors des dernières manifestations sont là pour le rappeler. Alors que les libéraux sont les plus fervents défenseurs de la liberté d’expression, ils sont également les plus virulents pourfendeurs des blocages : car si l’on doit être libre de s’exprimer, on peut et on doit le faire sans nuire à la liberté d’autrui. Exprimer son mécontentement est un droit que les opposants au CPE doivent pouvoir exercer sans contrainte. Ceux qui souhaitent aller en cours, qu’ils soient pour ou contre le CPE, en ont également le droit. Quel principe peut-on invoquer pour empêcher quelqu’un d’assister à un cours ? Au nom de quoi aurait-on le droit d’utiliser la violence physique pour imposer une volonté politique, en l’occurrence ici le retrait d’un projet de loi ? Qui osera enfin dire que de telles méthodes sont dignes d’un régime totalitaire ? Partant du constat que la plupart des étudiants responsables des blocages sont aveuglés par des organisations extrémistes, il convient de donner la parole à tous ceux, les plus nombreux, qui subissent impuissants ces blocages. C’est le rôle de l’association Liberté Chérie : après les grèves de juin 2003 à Paris dans le cadre de la réforme des régimes de retraite, après les quatre mois de paralysie des Transports en Commun Lyonnais en avril 2004 et après les grèves interminables de la RTM à Marseille en novembre 2005, Liberté Chérie renouvelle son engagement dans la défense des libertés individuelles en appelant à une grande manifestation de la société civile, contre les blocages, pour la liberté d’étudier. Mais qui sont ces anonymes que nous défendons ? Ils sont nombreux car l’Education Nationale est l’affaire de tous. Evidemment les étudiants qui souhaitent continuer à suivre leurs cours sont en première ligne. Ceux-là même qui auront prochainement des examens ou des concours et dont l’année à venir risque d’être compromise par ceux qui bloquent. N’est-il d’ailleurs pas étonnant que des étudiants qui se battent pour moins de précarité et plus de stabilité utilisent des méthodes amoindrissant les chances de réussite de certains élèves, à commencer par les plus faibles d’entre eux, et concourent ainsi à prolonger des situations souvent précaires et instables ? Les étudiants ne sont pas les seuls à être pénalisés par les blocages. Les parents le sont aussi fortement. Tous ces parents qui financent tant bien que mal les études de leurs enfants, qui se sacrifient pour leur payer un petit studio vont-ils devoir reconduire leurs efforts une année de plus ? Nous comprenons la rage de ceux qui nous écrivent chaque jour, de plus en plus nombreux, pour nous demander d’agir en leur nom. Nous comprenons le désarroi de ceux dont la précarité des fins de mois risque de se prolonger du fait de quelques manipulateurs influents, peu conscients des conséquences de leurs actes. Outre les élèves et les parents d’élèves, les contribuables sont également concernés par ces blocages. L’Education Nationale est en effet financée par des millions de contribuables, pas forcément tous aisés. Parmi ceux-là, on trouvera d’ailleurs les jeunes diplômés qui sont parvenus souvent à trouver un premier emploi, après de longs mois d’angoisse et de précarité. Après un chemin souvent cahoteux, ne doit-on pas respecter aujourd’hui le don qu’ils font à la collectivité ? Les contribuables souhaitent-ils que leur argent soit utilisé à l’édification de barricades ou à l’enchaînement de portes ? Que ceux qui ont sacrifié leurs ressources puissent au moins constater que celles-ci sont affectées à ceux qui ont à la fois le besoin et l’envie d’étudier ! Enfin, chaque Français soucieux de l’image de son pays est concerné par ces blocages. En effet, il est une nouvelle fois donné une image pitoyable de la France hors de nos frontières. Il n’y a pas un mois ou les Danois, les Canadiens, les Japonais ou les Anglais ne voient pas la France paralysée par des conflits tels que ceux de la SNCF, de la RTM, de la SNCM, de la RATP, des intermittents, des professeurs ou des étudiants. Que vous preniez le train, le métro, le bateau, le tramway, l’avion, que vous regardiez la télévision, que vous alliez en cours ou que vous cherchiez à passer des examens, vous risquez le blocage en permanence. Est-ce cela le « modèle social » dont nous sommes tant fiers ? Est-ce l’image que nous souhaitons donner ? Souhaitons nous paraître comme un pays refusant non seulement toute réforme mais également le dialogue constructif ? Souhaitons-nous être le dernier pays d’Europe à cautionner des méthodes aussi peu recommandables ? Le refus du changement associé aux blocages ne permettra pas de redorer le blason de la France. Plus que d’un CPE qui vient complexifier le maquis réglementaire français, nous avons besoin de vraies réformes libérales. Nous avons besoin d’assouplir le code du travail, de libéraliser l’école comme le fait actuellement Tony Blair en Grande-Bretagne, et surtout de mettre fin à cette grande parade de l’extrême gauche à chaque initiative, aussi timide et inadaptée soit-elle, des gouvernements successifs. Etudiants, parents d’élèves, contribuables et citoyens soucieux de l’image de notre pays et des libertés individuelles en France se réuniront mardi 21 mars à Paris pour défendre ces idées.
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