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La faculté de Lettres en délire !

par Ronny Ktorza, le 17/03/06
Thierry Jean-Pierre ne croyait pas si bien dire quand, en 2002, il fit paraître un livre intitulé « L’Etat en délire » dans lequel il regrettait la « part belle » offerte aux fonctionnaires. Aujourd'hui, c’est une minorité d’étudiants "en délire" qui tente désespérément de prendre le pouvoir dans les universités. Comme l’expliquait Jean-Yves Naudet dans « Un mouvement liberticide », seuls 500 étudiants vont généralement voter à l’AG des universités (sur un total de 20.000 étudiants). Evidemment, le vote ne s’effectue pas dans des conditions démocratiques, trotskisme oblige. Il s’effectue à main levée : gare à celui qui ne soutient pas la grève ! L’UNEF, pour parvenir à ses fins, s’est ainsi alliée à des mouvements violents, en premier lieu duquel « Alternative Libertaire » dont les méthodes n’ont rien à envier à celles du FN.

          De plus, les étudiants ne se reconnaissent pas tous dans ces « bains de foule » violents : la Faculté de Droit et d’Economie Appliquée a ainsi fait l’objet d’un reportage intéressant sur France 2. A quelques mètres d’elle, se trouve sa « voisine », la Faculté de Lettres. Le spectacle n’est pas le même : la Faculté de Droit et d’Economie Appliquée est réputée pour être sourde aux grèves contrairement à la Faculté de Lettres qui n’a pas hésité à profiter de la première occasion pour se mobiliser. Que celle-ci ne dispense aucun cours, c’est une chose (même s’il est intolérable que certains étudiants se voient bloquer l’accès aux amphithéâtres), mais que ses étudiants se mobilisent pour aller bloquer la Faculté de Droit, c’en est une autre ! Fort heureusement, les étudiants de celle-ci ont compris l’intérêt d’aller en cours et de protéger la réputation de leur prestigieuse Université. C’est en gros ce qu’ils ont répondu à une poignée d’étudiants de la Faculté de Lettres venus effectuer une tentative de blocage. Ces derniers ont, au bout d’une heure, compris que leur intérêt n’était pas de s’éterniser en ces « lieux saints » (il faut rappeler que cette Université est la seule à ne pas avoir fait grève durant les événements de Mai 68 : aujourd’hui, de prestigieux enseignants libéraux y dispensent des cours, Jean-Yves Naudet, Gérard Bramoullé, Jacques Garello,…).

          Animé par les responsables du cercle « Penser Libre », de l’UNI et par moi-même, un débat a eu lieu et a heureusement débouché sur une issue positive puisque les étudiants de la Faculté de Lettres ont finalement quitté les lieux. Mauvaise foi oblie puisque leur but premier était de venir nous "bloquer" puis ayant compris les réticences des étudiants de la Faculté de Droit, ils ont alors proposé un vote démocratique. Solution rejetée car une minorité n'a pas à subir le "diktat" d'une majorité. Puis, un débat a été lancé sur le CPE et la situation des Facultés. Débat qui a vite tourné à l'avantage des "anti-blocages".

          Le plus appréciable aura été la réaction de nombreux étudiants (pas forcément favorables au CPE): « si vous m’empêchez d’aller en cours, nous vous jetons hors de notre faculté à coups de batte de baseball ». Le message est violent mais a le mérite de la clarté. Après les usagers de la RTM, ceux des Universités sonnent la révolte contre les méthodes totalitaires d'une poignée de bolchéviks.