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Chirac, le prince de la taxe

par Florin Aftalion, le 20/03/06

Une idée très chère au Président Chirac vient de se réaliser. Onze pays ont décidé avec la France d’instaurer une taxe sur les billets d’avion. Elle alimentera un fond dit de solidarité pour aider au développement des pays pauvres et lutter contre les pandémies comme le Sida, la malaria ou la tuberculose.

La première critique (et qui est loin d’être la dernière) qui peut être adressée à cette n plus unième taxe est qu’elle va faire plus de mal que de bien. En effet le problème du sous-développement ne peut être résolu par les dons les transferts. Pourquoi ? Parce que les gouvernements qui reçoivent l’aide au développement sont gravement corrompus. Plus on leur envoie d’argent plus cela paye de le voler.

Comme cela se produit dans la plupart des pays africains. Exemple : une commission du Nigéria a estimé en 2005 que dans ce pays une série de dictateurs militaires a pillé 500 milliards de dollars au cours des 40 dernières années. Cette même somme – 500 milliards de dollars (soit le montant de quatre plans Marshall) – a été injectée en Afrique entre 1960 et 1997. Or, pendant la même période, la production nationale annuelle des pays sub-sahariens a diminué en moyenne de 0,59% par an. Au lieu de produire du développement l’argent transféré a augmenté la prime à la corruption et enrichi une belle brochette de dictateurs et de tyrans. Citons pour mémoire que l’on estime les sommes volées à 8 milliards de dollars par Mobutu au Zaïre, 4 milliards par Sani Abasha au Nigéria, 1 milliard à Gaza par Arafat, etc.

J’ajoute que ce qui n’est pas directement volé se perd le plus souvent en dépenses somptuaires (palais présidentiels) ou d’armement. Exemple : l’Afrique du sud, l’un des pays les moins blâmables, vient de s’engager à dépenser 16 milliards de dollar pour « moderniser » son armée. Ou alimente le vol et la corruption du haut en bas de la hiérarchie des fonctionnaires (en Afrique, une grande partie – peut-être 50% – des médicaments délivrés aux hôpitaux publics est volée).

Les 250 millions de dollars annuels que rapporterait la taxe Chirac, l’expérience passée le prouve, finiront dans les poches de fonctionnaires. Et en s’ajoutant au butin de la corruption ils ne feront qu’attiser les tentations et encourager les vocations.

D’autres moyens de combattre la pauvreté et la maladie existent pourtant. J’en parlerai bientôt.

Florin Aftalion