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Discours inaugural de la manifestation du 2 Avril 2006
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Discours inaugural de la manifestation du 2 Avril 2006

par Christophe Maillard, le 02/04/06
Mesdames, mesdemoiselles, messieurs,

 

Merci d’être venus en masse pour cette nouvelle manifestation contre les blocages ! Au nom de l’association Liberté Chérie, je voulais vous remercier de vous être mobilisés aussi nombreux à nos côtés.

 

Nous souhaitons tout particulièrement remercier les différents collectifs étudiants (Halte au blocage, SOS Facs bloquées et Stop la grève) ainsi que les associations SOS Education, l’iFRAP et bien entendu Contribuables Associés, qui ne sont pas étrangers à la réussite de cette action. Mon association, Liberté Chérie, est heureuse de tous vous fédérer et de mettre son savoir faire dans l’organisation de manifestations au service de notre cause commune.

 

Justement, notre cause, parlons en ! Nous ne sommes ni de gauche, ni de droite, que les choses soient claires ! Nous voulons simplement que les blocages cessent ! S’il nous paraît juste que ceux qui s’opposent au CPE puissent manifester librement, il nous semble également juste que ceux qui souhaitent étudier puissent le faire également librement. Ou que ceux qui souhaitent se déplacer librement puissent le faire !

 

Nos manifestations ne visent en aucun cas à mettre en cause la liberté d’expression ou le droit de grève. La liberté d’expression est une valeur fondamentale que l’association Liberté Chérie a d’ailleurs, depuis plus de 4 ans, défendu régulièrement.

 

Néanmoins, il convient aujourd’hui de constater que les syndicats de salariés ainsi que les syndicats d’étudiants ne se satisfont plus de la liberté d’expression. Manifester dans la rue, faire la « une » de tous les média ne leur suffit pas : alors ils ont mis en œuvre une stratégie beaucoup plus radicale, beaucoup plus violente, beaucoup plus totalitaire : le blocage.

 

D’ailleurs, pour ce qui est de la liberté d’expression, vous aurez remarqué qu’ils l’ont ré-inventée : la liberté d’expression doit être totale pour eux, nulle pour ceux qui ne pensent pas comme eux. Il suffit de voir comment se passent les Assemblées Générales qui décident du blocage ou non des universités !

 

Si notre mouvement se veut non partisan politiquement, force est de constater que le mouvement de nos adversaires est quant à lui clairement politisé, car cette conception de la liberté d’expression n’est pas sans rappeler celle de certains régimes totalitaires, notamment de ceux décrits dans les chefs d’œuvre d’Ayn Rand, racontant sa jeune sous le régime communiste russe.

 

Revenons en à l’essentiel : aujourd’hui, une minorité de bloqueurs tentent d’imposer leurs idées politiques, non pas en manifestant, mais en bloquant chacun d’entre nous. Nous sommes donc tous devenus les outils, les instruments, les moyens permettant aux syndicats d’arriver à leurs fins. Kant s’en retournerait dans sa tombe, lui qui estimait qu’un être humain devait toujours être considéré comme une fin en soi et non comme un moyen ! C’est ce qu’il appelait le « respect ». Peut être que les bloqueurs devraient retourner en cours pour justement lire les plus célèbres écrits de Kant. Nous sommes en tout cas bien loin des idées des Lumières, de ce fabuleux héritage que nous devrions tous défendre.

 

Les Lumières, qui ont justement fait la gloire de notre pays, sont remplacées aujourd’hui dans les média par les bloqueurs : on ne voit plus qu’eux ! La parole est donnée à ceux qui bloquent, à ceux qui nuisent à autrui ! Il n’y a certes pas besoin d’être nombreux pour mener une action ayant un impact conséquent : regardez les quelques centaines d’étudiants qui sont allés bloquer les trains en gare de Lyon il y a quelques jours, ils ont fait la une de tous les média, non pas grâce à la qualité de leurs idées, mais grâce à leurs méthodes violentes!

 

Et c’est bien cela que retiennent les étrangers. Lisez la presse internationale, écoutez les étrangers : ils sont tous ahuris par ce qui se passe en France ! Ils ne comprennent pas que le pays soit sans cesse bloqué ! S’il y a bien une exception française, c’est celle liée au blocage ! Comment rester silencieux devant l’image que nous dégageons à l’international ? Comment ne pas s’élever contre ces situations de blocage à l’heure où tous les pays démocratiques se moquent bien malicieusement de notre pays ?

 

Et s’ils se moquent de notre pays, c’est aussi parce qu’ils ne comprennent pas qu’aucune réforme en France, de gauche comme de droite, ne puissent se faire sans l’aval de syndicats qui ne représentent que 8% des salariés Français ? Qui sont-ils pour exiger d’être consultés à la moindre volonté de réforme ? Qui sont-ils pour nous bloquer sans cesse ? Qui sont ils pour empêcher les plus précaires, ceux qui ont du mal à boucler leurs fins de mois, à se rendre à leur travail ? Qui sont-ils pour empêcher les étudiants les plus faibles, ceux qui ont le plus de mal à obtenir les diplômes qu’ils visent, d’aller étudier ? Qui sont-ils pour interférer ainsi dans nos vies ? Notre démocratie n’est-elle pas en train de sombrer dans une dictature syndicale ? Syndicats, manifestez librement, mais ne nous bloquez plus ! Laissez nous tranquilles ! Laissez nous vivre comme nous l’entendons ! C’est peut être une grande réforme des syndicats qui serait nécessaire en France quand on voit à quel point les syndicats se fichent éperdument des salariés, des étudiants, et notamment des plus faibles d’entre eux !

 

Il existe en France des travailleurs, des étudiants, des citoyens, des humanistes qui refusent ces méthodes, qui refusent de voir notre image ainsi ternie par quelques groupuscules extrémistes! Et c’est ce contre quoi nous nous battons !

 

Nous nous battons pour la libération des universités, pour le droit d’étudier, pour le droit de circuler, pour le droit de passer ses examens, pour la liberté de manifester dans le respect des libertés d’autrui, pour le respect de la liberté de chaque individu ! Liberté !



Ce texte a été le texte prononcé par Christophe Maillard le jour de notre manifestation du 2 avril 2006 contre le blocage des universités.