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Alors que le 9 décembre 2005 le juge du Tribunal
correctionnel décide de relaxer 49 faucheurs volontaires de parcelles ensemencées
en OGM, nous étions indignes par cette décision allant a l’encontre d’une
justice se devant de respecter les droits individuels. Si le fauchage de ces
parcelles constituait une violation du droit fondamental de la propriété privée,
le juge allait reconnaitre l’état de nécessite (art. 122-7 du code pénal) de
cet acte violent, affranchissant les faucheurs de la responsabilité pénal. Véritable
révolution pour notre démocratie, ce droit accorder aux faucheurs allait
soulever d’importantes interrogations quant à l’avenir de nos libertés en
France. Cette décision était d’autant plus étonnante que la
culture du mais modifie vise par nos militants avait reçu l’approbation de la
commission européenne, faisant état de son innocuité et des faibles risques de dissémination
involontaire aux champs voisins. D’ailleurs il n’y a pas eu pour cette affaire
de dissémination involontaire sur le champ voisin, les faucheurs fondant leur défense
sur le risque potentiel d’un tel événement, justifiant a travers le principe de
précaution la nécessite de leur acte. C’est en réalité derrière cette affaire
un réel problème qui se pose concernant l’utilisation du principe de précaution
qui n’a pas fini de générer des situations de ce cas. En érigeant ce principe
au rang de principe constitutionnel depuis 2004, nos décideurs ont véritablement
ouvert une boite de Pandore, sonnant l’avènement d’une société basée sur la
peur, la recherche du tout sécuritaire accordant aux extrémistes de tous bords
une immense opportunité de bafouer les droits les plus fondamentaux au nom
d’une idéologie et d’intérêts particuliers. Mais si la culture de ce type d’OGM, qui avait reçu
l’approbation la commission du génie biomoléculaire ainsi qu’une autorisation a
un niveau européen, a été interdite par le juge correctionnel a travers la légitimation
de l’acte, nous devons nous interroger sur l’incongruité de cette décision. En fait le principe de précaution peut s’interpréter de
plusieurs manières. Ce qui est assez problématique pour un principe
constitutionnel dans la mesure où nous allons le voir il laisse la voie libre a
l’arbitraire des Hommes de l’Etat. Grossièrement, nous pouvons dire qu’il
existe une interprétation de type préventive qui entraine une série de mesures
de précaution a prendre, aussi bien de la part des entreprises qu’a travers des
réglementations étatistes. L’autre interprétation nous la qualifierons
d’abstentionniste, et c’est d’elle que répondent les extrémistes écologistes. La prévention est un acte humain et tout à fait compréhensible.
Nous voyons d’ailleurs les sociétés productrices de ce type de semences
s’organiser parfaitement pour lutter contre les risques inhérents a toute activité
innovatrice. C’est de cette manière qu’Outre Atlantique, En fait cela ouvre la porte aux défenseurs de ce principe
dans sa version abstentionniste. Si nous savons que toute innovation, et nous
dirions même toute action humaine, nécessite une prise de risque qui n’est pas
forcement estimable de manière objective, il est tout à fait concevable de se prévenir.
Mais pour les faucheurs il en est autrement. Leurs revendications est plus de
stopper cette culture, justement parce qu’il peut exister un risque, et cela même
si celui ci n’est pas fonde scientifiquement, principe de précaution
oblige ! Mais alors comment se fait-il qu’un juge garant de la
justice dans notre système puisse justifier un tel acte de violence a partir de
quelque chose non fonde ? Les partisans de la version abstentionniste de
ce principe répondent de la philosophie d’Hans Jonas, qui est le père du
principe de précaution. Dans un livre au discours alarmiste, Jonas nous peint
l’image d’un monde en décadence, ou l’impact des êtres humains est extrêmement
dangereux pour la préservation de la planète. Sa philosophie politique va alors
s’orienter sur une réflexion visant à stopper la destruction de la nature par
l’Homme. D’horreur en horreur, nous nous apercevons à la lecture de ce livre,
que l’Homme est un être irresponsable, irraisonnable et le plus grand prédateur
de son environnement. Cette image parasitaire amène Jonas a justifié
l’intervention de l’Etat comme un parent éducateur d’enfants terribles et le
conduit à élaborer une « heuristique
de la peur ». Cela signifie développer une rhétorique ayant pour but
de faire peur quant a l’avenir afin d’éduquer, de « raisonner » ces
pauvres hommes afin de mieux réglementer, mieux asservir. Il n’y a pas eu de dissémination involontaire dans notre
affaire. Cependant si tel fut le cas, doit-on rappeler qu’il existe dans notre
droit des instruments juridiques concernant la responsabilité civile ?
Plus qu’un acte nécessaire, le fauchage volontaire est un acte politique, un
acte politique contre les entreprises et toute forme de progrès scientifique.
Plus profondément, les OGM représentent un symbole de la mondialisation
capitaliste que ces groupuscules altermondialistes d’inspiration anticapitaliste
et néo-luddite pourfendent.
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