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Le 24 Juillet 2006, un temps mort a été décidé par les six principaux acteurs du cycle de Doha (UE, USA, Inde, Australie, Japon, Brésil) suite aux blocages dont sont responsables les USA et l’Union Européenne sur l’agriculture. En effet,
d’un côté, les USA (par la voix de Susan Schwab, la représentante étatsunienne
au commerce) accusent l’Union Européenne de ne pas suffisamment ouvrir son
marché agricole protégé par des droits de douane prohibitifs et, de l’autre,
l’Union reproche aux Etats-Unis d’accorder trop d’aides à leurs producteurs
nationaux (reproche assez « culotté » quand on sait que 40% du budget
communautaire est consacré à Comme l’explique Jean-Pierre Lehmann du très libre-échangiste groupe d’Evian, cette suspension comporte des risques sérieux et induit un regain de protectionnisme assez inquiétant. On peut également porter un regard très négatif sur l’OMC dont le « mandat » depuis 10 ans a été un échec cuisant. Non seulement, depuis 1995, la route vers la libéralisation des échanges s’est arrêtée mais, en plus, l’OMC tend à devenir une tribune protectionniste où tous les Chefs d’Etat du monde viennent y défendre la « non-marchandisation » de certains biens. N’a-t-on pas vu, par exemple, Roland Blum y prôner l’existence d’un statut spécial pour le cinéma ? Et que dire de son Directeur actuel, l’« ultra-libéral » du Parti Socialiste, Pascal Lamy bien connu pour sa défense de la libéralisation des échanges ? Son objectif n’est-il pas de réguler la mondialisation ? Ne prône-t-il pas une intervention de la puissance publique dans des domaines où l’Etat est défaillant (infrastructures transfrontalières, recherche, voire politique industrielle) ? Ne souhaite-t-il pas le maintien de la tradition européenne de discrimination positive. Pas mal pour un libre-échangiste ! Outre le bilan désastreux de cette institution « inter-étatique ultra-libérale » (contradiction dans les termes ?), on pourra également s’inquiéter du sort de l’agriculture des pays en voie de développement qui vont énormément pâtir de l’échec du cycle de Doha. En effet, les spécialistes s’accordent à dire que, dans un premier temps et pour se développer efficacement, les pays en développement doivent avoir accès aux marchés européens, ce qui n’est évidemment pas le cas pour le moment. Ils sont victimes d’une concurrence déloyale alors que de nombreux Chefs d’Etat africains (Abdoulaye Wade en tête) seraient prêts à renoncer aux aides financières européennes et étatsuniennes si les deux Grands acceptent d’ouvrir leurs marchés agricoles Autres victimes : les contribuables
européens (qui financent Cet ensemble de choses montre à quel point une réforme agricole aurait été souhaitable en Europe mais aussi aux Etats-Unis où Georges Bush, peu après son élection, avait offert des subventions « royales » aux agriculteurs nationaux. Hélas, les pays en voie de développement n’ont pas constitué un lobby suffisamment puissant pour contrer l’hégémonie agricole liberticide des deux Grands. Aux dépens des producteurs des pays pauvres.
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