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Fidel Castro était l'ennemi de la Liberté d'expression
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Fidel Castro était l'ennemi de la Liberté d'expression

par Christophe Maillard, le 01/08/06

Suite à l'abandon de Fidel Castro de ses responsabilités "gouvernementales" ou plutôt "dictatoriales", nous nous permettons de republier un de nos articles qui montre à quel point l'information est contrôlée à Cuba par le régime militaire en place. La Liberté d'expression est souvent l'ennemi premier des dictatures et Fidel Castro en avait bien conscience. En ce jour historique où Cuba se débarasse de son bourreau, nous avons jugé utile de rappeler certaines ignominies perpétrées par cet homme.

Si les possibilités d'accès à Internet se multiplient dans la plupart des pays, ce n'est pas le cas à Cuba. Le régime castriste prend en effet toutes les mesures nécessaires pour empêcher les Cubains d'accéder à l'information ou de divulguer de l'information sur Internet.

Le régime castriste est en effet une dictature en ce sens qu'il ne permet aucune liberté d'expression. La seule presse qui soit autorisée à Cuba est la presse officielle, intégralement contrôlée par le gouvernement. Tous les articles ne transitant pas par la presse officielle sont considérés comme dangereux pour l'intégrité de l'Etat et peuvent amener leurs auteurs à être condamnés à de sévères peines de prison. C'est ainsi qu'en 2003 (alors que l'opinion et la presse internationales étaient tournées vers l'Irak) une vague de répression sans précédent a éclaté sur l'île. Des journalistes indépendants se sont vus condamnés à des peines allant de huit à vingt-huit ans de prison ferme pour s'être exprimés contre l'actuel système en place à Cuba.


D'une manière générale, le système est incroyablement pervers et organisé pour empêcher toute forme de liberté d'expression de se développer. Il existe en effet de faux journalistes qui s'immiscent au sein de la presse clandestine et qui vont même jusqu'à écrire des articles libéraux pour n'éveiller aucun soupçon mais qui ensuite dénoncent les journalistes dissidents. De même, à Cuba il faut se méfier de ses voisins qui peuvent être des indics gouvernementaux comme en a témoigné Raul Rivero, journaliste cubain condamné à vingt ans de prison pour avoir critiqué le régime dans ses écrits.

Dans ce contexte, on comprend mieux pourquoi Internet pose un problème à Fidel Castro. Internet est un média beaucoup plus difficile à contrôler : comment contrôler la divulgation de témoignages de part le monde sur la situation réelle à Cuba ? Comment empêcher les Cubains d'accéder à une information et à des points de vues différents de ceux divulgués par la presse officielle ? Comment empêcher les Cubains de s'organiser en réseau d'opposants au régime via Internet ? Internet, élixir de liberté d'expression, est un poison pour la dictature cubaine.

C'est ainsi que Castro a décidé de mener une véritable lutte contre le développement d'Internet via une politique ultra répressive. Il faut en effet savoir que posséder un ordinateur à Cuba est un acte délictueux. Le matériel informatique n'est vendu que dans des magasins contrôlés par l'Etat et les ventes ne sont possibles que sur autorisation gouvernementale. Les sanctions en cas de détention non autorisée de matériel informatique, fax ou photocopieurs sont suffisamment dissuasives pour que peu de Cubains se risquent à braver la loi. Ainsi Castro parvient à refermer la fenêtre de liberté et d'espoir que constituait Internet et qui s'ouvrait sur le peuple cubain.

C'est pour cela que nous devons dénoncer le plus vigoureusement possible le régime castriste. Nous nous devons de nous élever contre Castro au nom de la liberté d'expression ainsi qu'au nom des journalistes dissidents actuellement enfermés dans les prisons cubaines et dont le seul crime est d'avoir exprimé leur opinion. Ces journalistes prônent le changement de régime à Cuba par des moyens pacifiques ; or Internet est justement un des vecteurs possibles de ce changement pacifique de régime. Castro a raison d'avoir peur d'Internet et les libéraux ont le devoir d'encourager son développement.

Un des axes essentiels de notre action doit être celui de l'information et de la communication autour du thème de la situation répressive à Cuba. Il faut sensibiliser l'opinion à la dictature cubaine de manière à ce que les occidentaux s'impliquent dans l'action. Trop longtemps les médias ont occulté le sujet, ce qui explique le peu de connaissances que les occidentaux en ont. Certains gouvernements français ont même été jusqu'à recevoir Fidel Castro avec tous les honneurs que pourrait attendre un chef d'Etat de pays démocratique. Le Monde Diplomatique a été jusqu'à saluer la résistance cubaine à la mondialisation libérale. Comment peut-on saluer un régime où les journalistes sont envoyés en prison ? Comment peut-on saluer un pays où les journalistes n'ont pas d'autres moyens que d'envoyer leurs articles en Floride pour qu'ils soient ensuite publiés sur des sites hébergés aux Etats-Unis ou qu'ils soient lus sur des antennes de radios cubaines installées en Floride et que l'on peut capter de Cuba ? Comment peut-on saluer un pays où la loi 88, votée en 1999, appelée également loi du bâillon, punit de quinze ans de prison quiconque « transmet des informations à l'ennemi (1) » ? Dans « l'ennemi », il faut comprendre tout le système occidental et tous les opposants au régime castriste. Comment peut-on saluer un régime qui empêche l'accès à Internet et qui interdit toute vente de matériel informatique aux particuliers? Comment peut-on saluer un régime qui fusille des ressortissants tentant de s'enfuir vers les Etats-Unis ? Il semble par ailleurs que les Cubains qui essaient de fuir Cuba préfèrent, eux, la mondialisation libérale à la résistance cubaine à cette mondialisation dont le Monde Diplomatique se fait écho. Il est certainement plus facile de tenir de tels propos lorsque l'on vit à plusieurs milliers de kilomètres et que l'on n'a jamais été victime du système.

Il est donc temps de s'élever contre le silence dont bénéficie le système castriste, silence accepté par les politiques et par les médias. Nous n'avons pas le luxe du silence à offrir à Fidel Castro.

(1) L'express du 04/05/2000