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Liberté Chérie Etudiant dénonce les revendications des syndicats étudiant !

par Matthieu Audibert, le 12/09/06
En ce 12 septembre 2006, les groupuscules syndicaux étudiants et lycéens appellent à des mobilisations « pour sauver l’éducation nationale », réclament un « plan d’urgence pour l’éducation », exigent un pôle public de l'énergie et refusent la fusion GDF Suez ! Dans ce méli-mélo de revendications, un certain nombre de questions ne manqueront pas de se poser.

Est-ce la fonction d’un syndicat étudiant ou lycéen que de militer pour ou contre une fusion de deux entreprises ? Ne sont-ils pas censés défendre les intérêts des lycéens et des étudiants ? Demandez aux étudiants si leurs préoccupations concernent ou non la fusion Suez / GDF et vous vous rendrez compte que les syndicats étudiants ne se passionnent pas par les réels problèmes des individus qu’ils sont censés représenter.

Par ailleurs, plutôt que de toujours réclamer plus de moyens sans en expliquer l’utilité, pourquoi les syndicats étudiant ne s’intéressent-ils pas à l‘état de déliquescence du Mammouth ?

Pourquoi les syndicats étudiants entreprennent-ils un aussi lourd travail de désinformation ? Pourquoi font-ils semblant d’ignorer les chiffres concernant le budget de l’Education Nationale ?

Nous rappelons de ce point de vue que le budget de ce minstère est passé, en 25 ans, de 6,5% à 7,2% du PIB (produit intérieur brut). « Entre 1975 et 1999, note l’économiste Jacques Bichot, la dépense d’éducation par élève, en francs constants, est passée dans le premier degré de 14200 à 26500 francs, et dans le second degré de 28900 à 48600 francs. » L’essentiel de cet argent est englouti dans les salaires des agents. La population enseignante, en effet, ne cesse de croître : on compte aujourd’hui 22 % de professeurs en plus qu’il n’y en avait en 1986 ! Et les syndicats osent dénoncer quelques malheureuses suppressions de poste ! C’est le monde à l’envers ! Voire de la propagande…
 
Parallèlement, le nombre moyen d’enfants par classe dans le primaire public a diminué de 30 élèves par classe en 1960 à 22 élèves en 1984, et reste constant depuis. Dans le privé, on est passé de 32 élèves par classe en 1960 à 24 en 1999. Encore une preuve de la désinformation dont nous sommes aujourd’hui victimes !

Le constat est donc sans appel : plus de profs et moins d’élèves. Il n’y a pas d’erreur possible : les syndicats font de la propagande politique et se désintéressent des réalités du système.

Liberté Chérie Etudiant se permet d’ailleurs de pousser la réflexion au delà du « y’a pas assez de moyens » des syndicats étudiants. En effet, comment se fait-il, alors qu’il y a de plus en plus de professeurs et de moins en moins d’étudiants, qu’en début de sixième, 15 % des élèves soient en grande difficulté, 3 % aient des lacunes quasi générales dans tous les domaines de la lecture, 5 à 6 % soient dans une situation débouchant sur l’illettrisme ?

Si on compare la France à d’autres pays, on ne peut qu’observer une cruelle désillusion : une étude PISA de l’OCDE, parue en 2003, mettait les élèves français âgés de quinze ans au 17e rang des pays développés en mathématiques, au 13e rang en sciences et au 14e rang en littérature. Derrière la Finlande, le Liechtenstein, la Belgique… et derniers en langues étrangères...

Quelles sont les origines de ce fiasco?

Il n’y a pas à chercher bien loin : comment gérer de manière centralisée un monstre qui compte 1,3 million d’agents, et un budget de 113 milliards d’euros ?

Liberté Chérie Etudiant milite pour la suppression de la carte scolaire, seule à même de restaurer une certaine concurrence entre les établissements qui se battront alors pour apporter le meilleur service possible aux élèves. Le corollaire de la suppression de la carte scolaire (qu’il n’est pas question d’assouplir mais bien de supprimer) est bien évidemment l’autonomie des établissements scolaires car la concurrence ne serait que peau de chagrin dans un système où les établissements n’auraient pas la possibilité de se démarquer les uns des autres et d’innover. D’un système au service des agents et des syndicats, nous souhaitons un système qui se batte pour servir au mieux les élèves. Notons que la carte scolaire accentue les inégalités puisqu’il y a ceux qui ont la possibilité de la contourner (notamment les enfants de professeurs, d’hommes politiques etc.) et ceux qui ne l’ont pas…

Il est également à noter que le système actuel de financement de l’éducation subventionne l’établissement et ses employés indépendamment de la qualité de son éducation et de l’adaptation des établissements aux attentes des parents et des élèves. Ce système déresponsabilise donc tous les acteurs de l’éducation. Or cette absence de responsabilité annihile toute remise en cause du corps professoral et administratif des établissements. C’est pour cela que Liberté Chérie Etudiant milite pour le principe du chèque éducation : l’Etat, au lieu de donner l’argent directement aux établissements, doit donner un chèque aux élèves ou aux parents d’élèves qui pourront le remettre à l’établissement de leur choix. Bien entendu ce chèque ne doit pouvoir être endossé que par un établissement scolaire. Ainsi, les collèges, lycées ou universités qui ne répondraient pas du tout aux attentes du marché se verraient privés de financement et fermeraient leur porte alors que les établissements répondant aux attentes du marché se développeraient et serviraient d’exemple à ceux qui collent moins bien aux besoins des élèves.

Enfin, il faut revenir sur l’absurdité du Collège Unique qui est une véritable tentative pour enfermer les élèves dans un moule. Le Collège Unique n’est rien d’autre que le corollaire du mythe égalitariste. Néanmoins la culture de ce mythe se fait par la négation de la notion d’individu et engendre donc un système dans lequel chaque élève ne trouve pas la place qui lui convient pour s’épanouir.

La décentralisation et la mise en concurrence des moyens pédagogiques permettront de responsabiliser chaque établissement scolaire, de rendre le choix de l’école aux familles : d’inciter les familles à assumer une plus grande part de responsabilités dans l’éducation de leurs enfants.

Mais nous sommes là bien loin des revendications des syndicats étudiants qui en sont actuellement à la lutte contre la fusion de deux entreprises qui n’ont rien à voir avec le monde éducatif…

Matthieu Audibert


Source :
Contribuables Associés : Le couteux désastre de l'éducation nationale ( 08/09/3006)

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