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Conférence-débat de Liberté Chérie : Logique du libéralisme (compte rendu)par Alexis Pilotelle, le 25/09/06
CONFERENCE-DEBAT LIBERTE CHERIE Le 05 septembre 2006 au café « Bastille » « Logique du libéralisme » par Jacques de Guenin Introduction : Pour Jacques de Guenin, il n'existe à proprement parler que deux philosophies de l'homme en société : le libéralisme et le socialisme. Toutes les autres philosophies politiques dérivent peu ou prou de l'une et de l'autre. Le libéralisme s'intéresse à l'individu. Le socialisme, au contraire, s'intéresse à la collectivité. Les résultats obtenus par les deux méthodes en politique sont fondamentalement différents. Jacques de Guenin note que la pensée des grands auteurs libéraux est d'une grande cohérence au travers des siècles. Les concepts libéraux, de la morale à l'économie, en passant par la philosophie de la vie en société, se déduisent les uns des autres par une logique implacable. Il n'en va pas de même pour la pensée socialiste. Mais la logique ne suffit pas pour convaincre les gens. Ce qui les entraîne ce sont les considérations morales. C'est pourquoi, dans son exposé, Jacques de Guenin a surtout développé la première partie de son livre qui est consacrée à la morale du libéralisme. I. Les Fondements de la morale libérale.: 1) La liberté individuelle : Le libéral ne recherche pas sa petite liberté égoïste au détriment de celle des autres. Il recherche la liberté de chacun, la liberté de l'autre. Contrairement au procès que l'on fait souvent au libéralisme, la morale libérale est donc une morale altruiste : elle enseigne le respect de la liberté de l'autre, ce qui entraîne la non violence. 2) La responsabilité individuelle : Jacques de Guenin insiste sur le lien fort qui existe entre la liberté et la responsabilité, l’un ne pouvant aller sans l’autre. 3) La recherche du bonheur : pour soutenir sa vie, l'homme dispose de facultés merveilleuses, dont un cerveau développé qui lui permet de concevoir des objectifs et de lancer des actions pour les atteindre. Ces actions s'obtiennent au prix d'un effort. Son cerveau lui permet aussi de mémoriser le résultat de ces actions, de les analyser, et de tirer des conclusions sur la façon de les améliorer. Il s'agit là d'une faculté décisive qui s'appelle la raison. L'homme obtiendra des résultats d'autant meilleurs qu'il fera plus d'efforts et utilisera mieux sa raison et il obtiendra des résultats meilleurs que les indolents ou ceux qui agissent sans réfléchir. 4) La propriété : John Locke a montré qu'il existe au moins une forme de propriété dont on ne peut contester la légitimité : la propriété de soi.. Il découle de cette notion que l'homme est nécessairement propriétaire de son travail, mais aussi des fruits de ce travail, et par extension des objets, dont le sol, auquel il a mêlé son travail et qui n'appartenaient jusque là à personne. La propriété est une école de moralité. Une illustration en est le respect plus grand apporté à son bien propre qu’au bien public (on jette un mégot par terre dans la rue et non chez soi). II. La vie en société : Jacques de Guenin projette les différents chapitres de son livre concernant la vie en société : l'échange, l'association, l'entreprise, le principe de subsidiarité, l’État, les droits de l’homme, la justice / le droit / la loi, la solidarité. Il propose aux auditeurs d'en choisir deux. Le public choisit le principe de subsidiarité et la solidarité. 1) Principe de subsidiarité : Il s’agit de ne pas enlever aux individus les fonctions dont ils sont capables de s’acquitter de leur propre initiative, ni d'enlever aux groupements d'individus des fonctions dont ces groupements peuvent s'acquitter, pour les donner à des groupements d'ordre supérieur. La Suisse est un excellent exemple de ce principe. En revanche son application au niveau de Bruxelles, pourtant prévue dans le traité de Maastricht, est loin de donner satisfaction. 2) Solidarité : Pour le libéral, la solidarité est une vertu individuelle qui s'exerce directement ou au moyen de libres associations qui s'assignent des objectifs concrets et s'efforcent de les réaliser. Pour les socialistes, la solidarité consiste à faire redistribuer par l'Etat de l'argent pris à d'autres. Cela n'a évidemment aucune valeur morale mais donne bonne conscience. Pourquoi venir en aide directement à son prochain, lorsqu'on a déjà payé l'Etat pour le faire? En pratique, l'Etat tue la compassion. Mais cette fausse solidarité permet de faire mousser les hommes au pouvoir.
Jacques de Guenin propose à nouveau de traiter deux sujets parmi les thèmes suivants : Théorie économique, libre échange / marché / prix, entreprise / concurrence, chômage / plein emploi, investissement / épargne / bourse / délocalisation, monnaie, retraites, choix publics Le public choisit la monnaie et les choix publics. 1) Monnaie : Globalement les libéraux jugent que la monnaie est un sujet trop important pour être confié aux États. Ces derniers se rendent toujours coupables d'inflation pour ne pas avoir à augmenter les impôts pour couvrir leurs dépenses. Or l'inflation est un vol. Les solutions libérales prônées sont : l’indépendance de la monnaie vis-à-vis des Etats (exemples : la Banque Centrale Européenne, la Banque Fédérale Américaine), la création de caisses d’émission, l’étalon-or, la liberté d’émission par les banques 2) Choix publics : La théorie des Choix Publics explique que derrière l'écran des institutions, il y a des hommes et des femmes comme les autres. Ces personnes ne sont ni pires ni meilleures que les autres. Elles agissent conformément à leurs intérêts au sens large, que ces intérêts soient sordides ou édifiants. Mais dès qu'elles ont un quantum de pouvoir, elles veulent l'accroître et elles en abusent. Elles échangent des promesses contre des votes sur le marché politique. Pour un groupe de pression qui bénéficie de l'argent public, les effets sont assez significatifs pour inciter ses membres à soutenir l'homme politique qui lui assure cet avantage. En revanche, le financement de cette dépense supplémentaire va être noyé dans la masse des impôts, et il ne sera ni visible, ni très sensible, au niveau du contribuable individuel. L'Etat moderne est ainsi devenu une immense machine à transfuser de l'argent de l'un à l'autre. Comme disait Bastiat : " L'État, c'est la grande fiction à travers laquelle tout le monde s'efforce de vivre aux dépens de tout le monde". Jacques de Guenin ouvre ensuite le débat.
Principales questions posées : L'intervention de l'État est-elle inéluctable ? Pas forcément, il faut diffuser les idées au sein de la société afin de réveiller les consciences et de développer chez les individus l’esprit critique. Les idées socialistes sont-elles ancrées dans les consciences ? L’exemple de l’éducation nationale n’est-il pas au centre du problème ? Jacques de Guenin insiste ici sur le rôle fondamental des associations pouvant « contrer » le monopole de l’éducation, telle SOS éducation. Il y a certainement un problème de fond dans l’éducation nationale, largement acquis à la philosophie socialiste, cultivant la haine du profit et une grande méfiance par rapport à tout ce qui touche à la recherche des intérêts privés. Ici l’ostracisme qui règne entre les collègues joue un rôle fondamental puisqu’il rejette toute tentative de remise en question interne. Ce rapport est évident pour le protestantisme. Jacques de Guenin développe un peu la partie de son livre traitant de ce sujet en montrant que le lien avec le catholicisme, s’il est tout aussi vrai, est plus subtil. L’exemple du pape Jean-Paul II et de son intervention en Amérique du sud visant à réduire l'influence du mouvement alter mondialiste chrétien qui se développait, est donné afin de montrer le lien fondamental qui peut exister entre l’éthique chrétienne et libérale. N’y a-t-il pas une difficulté pour le libéralisme à se donner de la substance, au-delà de la logique pure qui semble insuffisante à première vue, par rapport au marxisme? Jacques de Guenin ne partage pas cette idée d’une forte cohérence logique socialo/communiste, insistant notamment sur les grandes différences qu’il y a eu entre les différents systèmes communistes, de La Havane à Pyongyang. L’action individuelle est-elle suffisante pour le changement de ce système, acquit actuellement à la pensée socialiste ? L’ensemble des participants ne s’accorde pas sur ce point. Pour les uns l’action directe de type politique semble indispensable et seule capable de modifier la donne tandis que pour les autres l’action dans la société civile est au moins aussi efficace. Ce dernier point est appuyé par la manière dont les idées libérales se sont répandues au sein de la société au XVIIIème, l’action politique n’ayant été qu’une réaction à l’évolution des mœurs civile. Pourquoi la fin du siècle dernier, et le début du nouveau, ont-ils fait le choix du socialisme ? Il y a eu un véritable blocage des idées au XIXème siècle, marqué principalement par les divers foyers communistes présents un peu partout à la suite de la seconde guerre mondiale. De Gaulle est ici mis en cause comme ayant préparé le terrain du socialisme en nommant des ministres communistes et en acceptant le plan Langevin-Wallon. Jacques de Guenin l'admet tout en montrant que le général a dû compromettre avec les communistes pour désarmer les milices communistes, son Hezbollah de l'époque. Fin de la conférence à 21h.
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