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Affaire Allègre : le consensus sur le réchauffement climatique en question ?par Ronny Ktorza, le 23/10/06
C’est une véritable « fatwa » qui a été lancée contre Claude Allègre suite à ses propos sur le réchauffement climatique. En effet, l’ancien Ministre de l’Education Nationale a publié, le 21 Septembre, une chronique dans le journal « L’Express » dans lequel il fustige les tenants d’une « écologie de l’impuissance protestataire devenue un business très lucratif pour quelques uns ». Il prend comme exemple, le cas du Kilimandjaro déplumé, sans ses neiges. Immédiatement, les écologistes politiques ont entonné le refrain du réchauffement climatique provoqué par le « capitalisme sauvage ». Allègre a l’honnêteté de ne pas nier ledit réchauffement mais s’interroge sur ses causes réelles et ce, à l’appui d’arguments convaincants. Ainsi, explique-t-il que « la disparition des neiges au Kilimandjaro est souvent attribuée à des phénomènes locaux, et au premier chef à la désertification de l'Afrique de l'Est. ». Il rajoutera ensuite que « des chercheurs français ont montré que cette désertification était largement due à des mouvements tectoniques responsables de la remontée progressive du continent africain, modifiant la circulation météo. L'effet de serre n'a aucun rôle majeur là-dedans. ». Il montre également que s’il y a disparition des glaces à certains endroits du continent, en revanche, ailleurs, lesdites glaces se sont épaissies. Globalement, en Antarctique, le volume des glaces n’aurait donc pas bougé. La « rébellion » ne s’est pas faite attendre, avec en tête de file, un journaliste de Libération, Sylvestre Huet. Ce dernier point du doigt certaines erreurs sur les références citées par Allègre, contredisant (à juste titre) l’ancien Ministre de l’Education Nationale sur son analyse sur la situation en Antarctique. Toutefois, Huet sombre dans une profonde mauvaise foi quand il s’indigne du fait qu’Allègre s’interroge sur les causes du réchauffement climatique. En effet, l’ancien Ministre de l’Education Nationale doute que l’homme en soit à l’origine. Le journaliste de Libération lui rappelle alors « les milliers de pages présentant les analyses et les mesures de ses collègues dont la synthèse, réalisée par le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC), affirme qu’il est impossible d’expliquer l’évolution climatique depuis cinquante ans sans tenir compte de l’augmentation de l’effet de serre provoquée par les émissions anthropiques. ». Sylvestre Huet oublie ainsi deux points fondamentaux : 1°) Les méthodes du GIEC relèvent plus de la politique que de la démarche scientifique : Ainsi, John Zillman, délégué principal de l'Australie au
GIEC et par ailleurs enthousiaste sur les travaux du Groupe (ce qui ne le
classe donc pas dans la catégorie des « écologistes sceptiques »), a
publié, cette année, un texte intitulé, le GIEC vu de l’intérieur.
On en citera un court passage : « Il y a eu une pression
anormalement intense pour parvenir à un consensus, alors même que de nombreux
participants individuels répugnaient clairement à signer quoi que ce soit dans
ce langage du "consensus". Ces pressions sont devenues extrêmes dans
les dernières nuits de réunion, quand le temps pour parvenir à un consensus
était compté, quand les délégations étaient épuisées et quand les individus en
désaccord étaient sujets à une pression considérable de leurs pairs afin
d’accepter et d’éviter la honte d’être considérés comme ceux ayant empêché le
GIEC de réussir un rapport consensuel. Ces pressions ont conduit à une remise
en question croissante sur le bien-fondé du concept de "science par
consensus" ». Pour résumer, la dictature de la majorité sur une
minorité résistante n’existe pas seulement en démocratie mais également dans
certaines organisations, scientifiques, le GIEC ayant, par ailleurs, le culot
de se revendiquer de la méthode et de l’éthique scientifiques. Devant de telles
méthodes, trois chercheurs de renom ont préféré démissionner ou, du moins,
s’éloigner du GIEC : - le premier, Chris Lansea s’est indigné, par le biais d’une lettre ouverte à la communauté scientifique, du manquement au devoir de réserve dont s’est rendu coupable un membre du GIEC, Kevin Trenberth, qui a fait connaître indirectement à la presse, ses travaux concernant le lien qu’il juge indiscutable entre réchauffement climatique et gravité des cyclones, alors que cette assertion est contredite par les faits et par la majorité des experts. La confusion qui en a résulté a agacé Lansea qui a préféré démissionner, regrettant l’existence d’un processus dont il considère « qu'il est motivé par des objectifs préconçus et qu'il est scientifiquement non fondé ». - le second, Richard Lidzen, a également démissionné avec fracas, regrettant la manière dont le GIEC a résumé un chapitre d’un rapport, lequel chapitre était consacré aux processus physiques du climat et à leur modélisation. Dans son contenu réel, le chapitre montre l'extrême pauvreté des modèles en ce qui concerne la prise en compte de la vapeur d'eau et des nuages. Voici le résumé des décideurs : « Les connaissances relatives à l'évolution du climat et leur incorporation dans les modèles climatiques se sont améliorées, notamment en ce qui concerne la vapeur d'eau, la dynamique des glaces de mer et le transport thermique océanique ». Lidzen en tire les conclusions suivantes : « Le processus engagé par le GIEC relève de la politique et non pas de la science », « Le problème le plus épineux [dans le rapport du GIEC] est qu'il est présenté comme un consensus impliquant des centaines, peut-être des milliers de scientifiques... mais aucun d'entre eux ne s'est vu demander s'il acceptait quoi que ce soit dans l'ensemble du rapport, hormis deux ou trois pages sur lesquelles il travaillait », « quand des fonctionnaires chargés des relevés météo en Nouvelle-Zélande ou en Tanzanie se voient désignés comme 'des scientifiques du climat de renommée internationale', il n'est pas étonnant qu'ils en viennent à soutenir le processus ». - enfin, le dernier, John Christy, n’a pas démissionné mais a émis quelques réserves sur les méthodes du GIEC : « Pourquoi, par exemple, une page entière est-elle consacrée à des graphiques d'évolution des températures de surface montrant un réchauffement considérable, avec une demi-page supplémentaire de commentaires, alors que les changements dans l'ensemble de l'atmosphère, autrement plus important pour la physique des gaz à effet de serre, n'occupe que sept phrases ? », « Bien que j'ai eu plaisir à travailler avec le GIEC, j'ai trouvé que la plupart des auteurs majeurs approuvaient clairement le Protocole de Kyoto. Plusieurs d'entre eux m'ont clairement dit que le rapport devait apporter toutes les preuves nécessaires pour que les gouvernants adoptent le traité (...) Du sommet à la base de l'organisation du GIEC, il existait un préjugé évident chez une majorité d'auteurs en faveur de certaines politiques spécifiques. S'il l'on avait fait un sondage, je dirais qu'au moins 80% des auteurs principaux soutenaient le protocole de Kyoto. Vu cette situation, il n'est pas très difficile de repérer des sections du rapport qui s'éloignent de l'objectivité scientifique risquant de nuire à la vue selon laquelle les changements climatiques dangereux sont une certitude, tel que le projettent les modèles » 2°) Il n’y a pas de consensus sur la question des causes du réchauffement climatique : Ainsi, une pétition a été lancée par l’Institut de Science et de Médecine de l’Oregon (laquelle pétition a été signée par plus de 20.000 personnes dont des centaines de climatologues). On citera également la récente lettre ouverte rédigée par 60 climatologues de premier plan, lettre destinée au gouvernement canadien pour protester contre l’inanité du Protocole de Kyoto. En France, on trouve également quelques sceptiques comme le glaciologue et Professeur des Universités, Robert Vivian, qui remet en cause le mythe de la prochaine disparition des glaciers. La réponse de Sylvestre Huet que de nombreux journalistes jugent « cinglante » oublie certains éléments qui le gênent. Il accuse Allègre de malhonnêteté intellectuelle. Il tombe malheureusement dans les mêmes travers.
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