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Grèves SNCF : Le Service Public tourné en dérision
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Le Service Public tourné en dérision

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Grèves SNCF : Le Service Public tourné en dérision

par Jacques de Guenin, le 03/11/06

La SNCF se prépare de nouveau à une journée d'inaction nationale le 8 novembre, avec le fourre tout habituel de revendications risibles : l'avenir du fret, l'emploi, les salaires.

Oui, l'avenir du fret est bien est un problème grave à la SNCF, et l'organisation du travail un bon sujet. Année après année les industriels se sont lassés du manque de fiabilité et des délais des trains de marchandise, dus aux rigidités des conditions de travail et aux grèves à répétition. Toutes choses dont les syndicats sont les seuls responsables. Heureusement que le fret est en train d'être bientôt ouvert à la concurrence.

Oui, l'emploi est bien un problème grave à la SNCF, mais pas dans le sens où l'entend la CGT. Promouvoir le service public, cela veut dire aussi rechercher la productivité maximum de façon à fournir le meilleur service tout en économisant l'argent du peuple. Or les effectifs de la SNCF sont encore aujourd'hui très largement excédentaires, comme on s'en convaincra en lisant les deux articles :
Les effectifs de la SNCF
La productivité à la SNCF

Non, les cheminots ne sont ni sous-payés ni surmenés. On n'a aucune peine à en recruter, et il suffit de les observer au travail pour constater qu'ils ne sont pas surmenés.

Les syndicats torpillent le service public. Ils prennent le public en otage pour faire avancer leurs revendications corporatistes et pour se donner une raison d'être. Chacune des grèves est une véritable galère pour des dizaines de milliers de braves gens qui cherchent par tous les moyens à se rendre au travail malgré cette carence de service public : gares surpeuplées; informations arbitraires et souvent fausses sur les panneaux d'affichage; trains aux horaires aléatoires pris d'assaut par des foules plus importantes que la contenance du train, couloirs des wagons complètement remplis de personnes debout, changement inopinés de trains en cours de trajet, voyageurs étrangers et vielles dames complètement désemparés, femmes enceintes écrasées par la foule, travailleuses attendues chez elles par les enfants seuls à la maison, rendez vous manqués, nuits passées à l'hôtel, etc. Comment peut-on être assez cynique pour appeler cela la défense du service public?

Mais les syndicats ont des circonstances atténuantes : leur direction, avec la lâche complicité de l'Etat, laisse croire que la SNCF fait des bénéfices. Or il s'agit d'une escroquerie intellectuelle à côté de laquelle la falsification des comptes d'Enron fait pâle figure. On est arrivé à ce résultat
- en découpant à l'intérieur des chemins de fer français un sous ensemble baptisé SNCF dont les dépenses sont du même ordre que les recettes et en rejetant sur le "Réseau Ferré de France", dont personne ne regarde les comptes, les plus grosses sources de perte.
- en faisant entrer dans les "recettes" les subventions considérables de l'Etat et des régions. En réalité, les chemins de fer en France coûtent chaque année environ 13 milliards d'Euro au contribuable. Vous avez bien lu : 13 milliards, c'est à dire autant que le déficit de la Sécurité Sociale. Pour plus de précision, Voir Société Nationale de Catastrophes Financières

La véritable raison de cette grève est de tester Anne-Marie Idrac, la nouvelle présidente, qui vient d'être nommée en remplacement de Louis Gallois. Elle vient de la RATP, une entreprise publique qui fait chaque année un déficit de 2 milliards d'Euros, couvert par des subventions, et dont l'endettement atteint 4 milliards d'Euros. Les retraites de ses employés ne sont pas provisionnées et ne sont même pas mentionnées dans les charges hors bilan, alors qu'elles représentent une dette supplémentaire de 18 milliards d'Euros. Les salariés font moins de 30 heures de travail par semaine, les retraites se prennent en moyenne à 53,5 ans etc. Et bien que fit Mme Idrac à son arrivée? Elle augmenta les effectifs de 10% alors que le nombre de voyageurs n'augmentait pas, et elle introduisit un 13ème mois ainsi que d'autres mesures "sociales" qui n'ont fait qu'accroître le déficit. Il n'est donc pas étonnant que les cheminots aient envie de la tester et si possible de lui arracher le même genre d'avantages. Elle a d'ailleurs déjà déclaré dans un entretien au journal interne de la SNCF, qu'elle "n'acceptera pas que les cheminots soient stigmatisés comme privilégiés". Et pourtant ils le sont, pour les horaires, les conditions de travail, les salaires, et les retraites. On peut donc s'attendre au pire si les usagers ne se défendent pas.