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Réchauffement climatique: bouillonnement médiatique

par Ronny Ktorza, le 18/11/06

L'affaire a fait du bruit dans les médias et la communauté scientifique : en septembre 2006, Claude Allègre, physicien et ancien ministre de l'Education nationale, signait une chronique dans laquelle il mettait en doute les causes du réchauffement climatique. La réponse, par exemple du quotidien Libération, est cinglante. Notre invité Sylvestre Huet y réfute tous les arguments avancés par l'ancien ministre.

Ronny Ktorza, sur Liberté-chérie, renvoie dos à dos les deux protagonistes : "Toutefois, Huet sombre dans une profonde mauvaise foi quand il s'indigne du fait qu'Allègre s'interroge sur les causes du réchauffement climatique". Il rappelle que trois scientifiques ont remis en doute les conclusions du Groupe Intergouvernemental d'experts sur l'Evolution du Climat (GIEC), sur lesquelles s'appuie Sylvestre Huet. "Les méthodes du GIEC relèvent plus de la politique que de la démarche scientifique."

La controverse n'est pas nouvelle et surgit dans les médias alors que sur les écrans se joue Une vérité qui dérange, un film qui met en scène Al Gore. L'ancien candidat à la présidence des Etats-Unis veut démontrer l'existence de ce phénomène à travers des images spectaculaires.

Habituellement, ces sujets sont plutôt l'apanage des médias. D'ailleurs, leur rôle dans le relais de l'information scientifique dans ce domaine est longuement décrié sur le Net. Pour certains, ils ne s'intéressent qu'aux messages dissidents : "Ainsi, on apprend que si 100 % des publications scientifiques sur le sujet considèrent que le phénomène est établi, 53 % des articles de presse reprend la thèse du doute et admet qu'il y a controverse entre les chercheurs, justifiant du même coup la non ratification par les USA du protocole de Kyoto".

Ce scientifique renchérit sur Agoravox : "Les avertissements répétés de la communauté scientifique sur l'extrême gravité du réchauffement climatique ne sont jusqu'à présent parvenus jusqu'à l'opinion publique que sous une forme atténuée et déformée par les médias et les lobbies pétroliers".

Pour d'autres, c'est l'inverse. Dans une longue note, les Cafés géographiques étudient le regard des médias sur le réchauffement climatique. L'article relève qu'il n'y a "aucun spécialiste du changement climatique dans les médias généralistes" et que "les personnalités interrogées - les spécialistes ès changement climatique - sont toujours les mêmes".

Résultat : "on répète à l'envie que le réchauffement actuel est un changement car il est anthropique (l'homme acteur et non plus simplement spectateur) et qu'il est lié aux émissions de gaz à effet de serre ; il a déjà commencé et de nombreux aléas en témoignent. Par conséquent, les politiques doivent mettre en œuvre des solutions. Les autres discours sont rarissimes." L'article ne précise toutefois pas quels seraient ces "autres discours".

Sur le Net, les deux théories s'affrontent aussi par blogs de scientifiques interposés. Climat sceptique annonce d'emblée la couleur. "Malgré le bombardement permanent de nouvelles alarmistes présentées comme autant d'évidences scientifiques, il n'existe aujourd'hui aucun consensus chez les experts du climat." Et précisant n'être mû par aucun intérêt financier ou industriel, le site propose de découvrir "la face cachée" du réchauffement, à travers de nombreuses contributions.

Quant à Robert Vivian, glaciologue, il prend à contre-pied la théorie selon laquelle la fonte des glaces serait une preuve du réchauffement climatique. En face, la résistance s'organise. Par exemple, Vincent Noël, chercheur au CNRS, expose sur son blog ses arguments, sous le titre "Toujours plus de preuves du réchauffement climatique".

Ici, divers scientifiques proposent "de fournir le contexte scientifique souvent absent dans les médias" et traduisent de nombreux articles en anglais. La fondation Nicolas-Hulot propose elle aussi de nombreuses explications.

Côté institutions, si le réchauffement n'est pas mis en doute, les incertitudes sur la concomitance d'événements météorologiques extrêmes ne sont pas niées. Ce blog à l'initiative du Conseil économique et social et des académies propose même de soumettre au débat citoyen ces questions, auxquelles répondent de nombreux experts.

Un débat tranché par le Competitive Enterprise Institute, basé aux Etats-Unis, dans cette vidéo édifiante : "Les glaciers croissent et ne diminuent pas (...) Le CO2 est ce que nous expirons, et ce que les plantes absorbent. Ils l'appellent pollution. Nous l'appelons la vie".