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Droit au logement opposable : l’hystérie démagogique
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Droit au logement opposable : l’hystérie démagogique

par Pierre Schweitzer, le 08/01/07
On n’entend plus parler que de çà : le droit au logement opposable. L’association Les Enfants de Don Quichotte s’est montrée particulièrement primaire et irresponsable dans ses propositions. Depuis c’est une véritable hystérie démagogique qui s’est déclenchée dans le tout petit monde des politiques : chacun travaille son air le plus indigné à la télévision, les communicants jouent les contorsionnistes en tentant de récupérer le problème sans en donner l’impression… C’en est même inquiétant de voir comment en période électorale il suffit de mettre un problème sur la table de façon originale pour donner un coup de pied dans la fourmilière ! Dominique de Villepin a hélas pris en main le problème. Nous voilà donc bientôt dotés d’un droit au logement opposable, c'est-à-dire que chacun pourra exiger un logement et poursuivre l’Etat à défaut.

Les conséquences seront bientôt évidentes : qui donc fera l’effort de se battre pour s’en sortir honnêtement alors que le logement, tout comme l’éducation, la santé, devient un droit ? Tout comme pour les assurances chômages, tout le monde pourra se déculpabiliser de tricher, puisqu’il s’agira de l’Etat. Ségolène Royal (échappée de l’île aux enfants) propose également que l’Etat serve de caution pour les loyers impayés. Qui donc fera l’effort de payer son loyer si non seulement il est quasiment inexpulsable, mais qu’en plus l’Etat assure derrière lui ? Toujours plus démagogique : réquisitionner de force les immeubles inoccupés de sociétés financières. Ces sociétés qui gèrent votre argent sans doute un peu mieux que l’Etat sont peut-être aptes à juger comment utiliser leur patrimoine… Mais être une société financière c’est forcément mal vu au pays du marxisme survivant, donc on réquisitionne un point c’est tout.

Ce nième droit opposable est révélateur d’une mentalité qui pourrit la France, celle du tout Etat. Nous préférons la solidarité publique à la charité privée. Pourtant c’est le contraire du lien social : l’impôt prélevé par la force et redistribué de façon injuste et industrielle tue la beauté du partage et du don. Les gens ne veulent plus donner leur temps ou leur argent pour leur prochain puisque l’Etat prend la moitié de leur argent pour le faire ! C'est l'Etat le responsable de la perte du lien social. Et l'Etat, c'est toute cette caste de privilégiés qui prennent notre argent pour mal gérer tous nos problèmes. Rassurez-vous les ministres, eux, se logent royalement (jusqu’à 800 mètres carrés pour M. Gaymard et 600 pour M. Coppé qui n’a toujours pas déménagé).

Il n’y a pas une solution unique et prête à l’usage pour régler le problème du logement. Mais quelques pistes semblent évidentes. Imaginons d’abord une restitution du salaire complet, celui qui correspond réellement au salaire du travail, avant que l'Etat y prélève jusqu'à 45% d'un impôt à la source qui ne dit pas son nom : les charges sociales, et tout ça pour leur payer une assurance maladie en déroute qui rembourse de moins en moins et une retraite qu'ils ne verront jamais puisqu'elle sera en faillite d'ici quelques années.  Ce serait autant d’argent en plus pour tout le monde : ceux qui en ont besoin pour se loger, ou devenir propriétaires, ou encore pour ceux qui sont prêts à donner pour aider les mal logés. Imaginons ensuite un assouplissement des règles régissant l’immobilier locatif : il serait alors très simple de trouver un logement, et les propriétaires ne seraient pas terrorisés à l’idée de louer à quelqu’un d’autre qu’à un fonctionnaire. Enfin il faut de toute urgence retrouver l’abondance d’emplois, comme dans tous les pays libéraux (Royaume-Uni, Etats-Unis, Irlande, Nouvelle-Zélande, etc.). Le pire problème des sans-abris encore capables de travailler c’est de trouver un emploi dans l’immédiat, sans les lourdeurs administratives. Pour cela il faut totalement libérer le marché du travail pour que chacun trouve un emploi qui lui corresponde. Dans la cas des SDF un enchaînement de petits boulots c’est l’assurance de pouvoir retrouver un jour un logement et une vie décente, digne. L’assistanat enferme les plus fragiles dans la honte et la rancœur, alors que le travail et l’esprit d’entreprise les rendent dignes et capables de surmonter les difficultés que la vie peut réserver. Il faut en finir avec la folie du tout Etat qui ruine la France.