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Ségolène Royal, la démagogie de l'Etat nounou

par Guillaume Vuillemey, le 11/04/07
Analyse du programme électoral 2007 de Ségolène Royal :


Le 19 février dernier, Ségolène Royal fait face à 100 français qui l'interrogent sur son pacte présidentiel. C'est alors qu'elle révèle sa véritable ambition : à ses yeux, la France n'est qu'une vaste nurserie;  les Français, des nourrissons qu'il convient de couver, de materner pour leur assurer « sécurité » et « protection ».  Le programme de cette guérisseuse toute puissante est un catalogue de mesures interventionnistes, collectivistes, « redistributives », qui fait office de potion magique pour résoudre tous les problèmes de la France.


- Fiscalité :

Il s'agit de la grande inconnue du programme de Ségolène Royal. Aucune des 100 propositions n'aborde la question du financement des promesses électorales. Celui-ci s'avère néanmoins crucial quand on observe la multiplication des dépenses envisagées. Il nous serait impossible de reproduire ici la liste des créations d'aides, de hausses des revenus de transfert et des augmentations d'effectif de la fonction publique. La très grande majorité des 100 propositions du pacte apporte son lot d'engagements financiers. Eric Besson, ex-secrétaire à l'économie au Parti Socialiste, a récemment démissionné en invoquant les dépenses inconsidérées promises par la candidate de son parti et en mettant en valeur la fausseté complète du chiffrage avancé par l'état-major de Ségolène Royal. Mais il suffit de lire l'inventaire à la Prévert des mesures promises pour s'inquiéter quant à leur financement.

- Emploi :

Les « emplois-tremplins » sont la copie presque conforme des « emplois-jeunes » créés par le gouvernement de Lionel Jospin et supprimés en 2002. Il s'agit de financer des emplois – essentiellement dans la fonction publique ou dans le secteur associatif – par des allègements de charges pour les employeurs. C'est-à-dire que l'on utilise l'argent des caisses de la sécurité sociale (déjà fortement déficitaires) pour financer des emplois qui n'auraient pas été créés spontanément. Le financement public des emplois n'a jamais été une solution efficace au problème du chômage – auquel cas le chômage aurait été intégralement résorbé en France depuis des années. Le seul moyen pour parvenir au plein emploi en 5 ans est d'alléger considérablement le Code du travail afin de laisser chacun libre de signer les contrats qu'il souhaite avec qui il le souhaite. Cette fluidité retrouvée, la France pourra rejoindre très rapidement les pays qui ont réussi à obtenir un taux de chômage inférieur à 5%.

De même, l’augmentation du SMIC à 1500 euros mensuels est une mauvaise idée. Le  SMIC français est déjà très proche du salaire médian, dès lors l’augmenter aura deux conséquences majeures. Premièrement, cela rendra encore plus difficile l’entrée sur le marché du travail de ceux dont les compétences ne correspondent pas aux attentes des entreprises (en premier lieu les étudiants qui sortent des universités poubelles). Dès lors, dans les conditions actuelles, c’est le meilleur moyen d’augmenter dramatiquement le chômage et l’exclusion. Deuxièmement, cela désincitera fortement les travailleurs au SMIC de chercher à améliorer leurs compétences puisque leurs perspectives d’augmentation de salaire seront anéanties par l’écrasement du bas de la pyramide des salaires résultant de cette augmentation du SMIC.

Autre mesure démagogique proposée : la conférence nationale sur les salaires. Ce sera encore l’occasion pour le gouvernement de faire des ronds de jambe devant des syndicats non-représentatifs de leurs adhérents, et a fortiori des travailleurs de leurs adhérents.

Bref, Mme Royal est définitivement l’ennemie de l’emploi et particulièrement de l’emploi des moins qualifiés.

- Logement :

Le logement pèse de plus en plus lourd dans le budget des ménages français, c’est un fait indéniable. Pour répondre à se problème, il y a deux solutions possibles. La première est de supprimer les interventions étatiques qui créent la rareté artificielle sur ce marché, comme les déclarations de constructibilité des terres, la sur-protection des locataires et la sur-représentation de personnes au dessus du salaire moyen dans les logements sociaux. Ségolène Royal a choisit la seconde, celle qui consiste à ne pas toucher aux causes du problème, mais d’y surajouter de nouvelles interventions étatiques. Elle propose donc d’augmenter les allocations logement pour limiter à 25% du revenu le poids du loyer, de créer plus de 120 000 logements sociaux par an, de créer un service public de la caution, de sanctionner financièrement les communes qui ne remplissent pas leur quota de logements sociaux. Et enfin, la mesure démagogique par excellence : « Préempter les logements vides spéculatifs ».  Alors que cette notion n’a aucun sens. Quelle entreprise laisserait des logements vacants dans un but « spéculatif » ? Toute immobilisation de capital est une perte sèche pour une entreprise. Celles qui le font sont celles qui sont mal gérées, et qui devront donc rapidement prendre des mesures correctives si elles veulent survivre.

Notons cependant une bonne mesure en ce qui concerne l’accession au logement. Mme Royal propose, en effet, l’accession à la propriété du logement social  au bout de 15 ans de loyer payé. Voilà enfin une forme d’aide qui n’enferme pas dans l’assistanat perpétuel. Néanmoins, comme la moyenne des salaires chez les occupants de logements sociaux n’est pas différente de celle de l'ensemble de la population, il y a actuellement toute une partie des bénéficiaires de logements sociaux qui ne devrait pas avoir le droit de vivre de la redistribution. Cette mesure profitera donc avant tout aux plus riches des habitants des logements sociaux, c'est-à-dire par exemple à certains hauts fonctionnaires ou fils de ministres.

- Education :

Totalement cohérente dans sa philosophie d’un Etat-nounou, Ségolène Royal réaffirme le principe de la carte scolaire, niant ainsi la liberté des parents de refuser un établissement poubelle quand ils ont le malheur d’en avoir un près de chez eux. Selon la candidate socialiste, l’Etat est mieux placé que les parents pour savoir ce qui est bon pour leurs enfants…

Après la « conférence nationale » sur les salaires, voici les « états généraux » de l’enseignement. On ne sait pas en quoi cela consiste, mais on est déjà certain que cela coûtera très cher et confortera les pouvoirs des syndicats de professeurs au détriment des élèves.

- Mondialisation :

Ségolène Royal est loin d’être une partisane du libre-échange entre les individus du monde entier. Néanmoins, c’est une grande mondialiste. Elle souhaite, en effet, la création d’une organisation mondiale de l’environnement et d’une PAC mondiale. Il s'agit d'une étape supplémentaire vers un gouvernement mondial.

Néanmoins, nous pouvons être rassurés puisqu'il ne s'agit que de promesses électorales. Celles concernant des sujets hors des responsabilités du gouvernement n'ont généralement aucun poids puisqu'elles nécessitent l'accord de tous les pays partenaires.

- Europe :

L’Europe de Mme Royal se doit d’être « sociale ». En plus d'un Etat « protecteur », elle souhaite donc une Europe « protectrice, y compris en matière de services publics ». Les Français ne devront pas compter sur elle pour ouvrir les différents marchés aux mains des monopoles étatico-syndicaux, comme La Poste, la SNCF, EDF, etc… Ils auront donc tout loisir de continuer à subir les blocages des syndicats illégitimes.


En Bref :

Le programme de Ségolène Royal est un mélange fourre-tout de démagogie socialiste et d’une vision exacerbée de l'« Etat nounou ». L’assistanat et l’interventionnisme généralisés qu'elle prône sont le plus sûr moyen d'accélérer la ruine de la France.

Le parti socialiste français est le dernier parti socialiste occidental a ne pas s'être réformé, à cause de son refus d'abandonner définitivement l'idéologie marxiste qui a conduit à la misère tant de personnes dans le monde au cours du dernier siècle. Il serait enfin temps d'accepter l’économie de marché, seul système permettant d’augmenter le niveau de vie de tous, et notamment celui des plus faibles.