Le 10 avril, devant une cinquantaine d’auditeurs captivés, Serge Schweitzer a répondu à l’accusation d’immoralité souvent faite au libéralisme.
Il a dans un premier temps posé l’acuité de la question, telle que soulevée par certains médias et de façon plus remarquable par l’ancien président Chirac qui n’hésite pas à comparer libéralisme et communisme. Le professeur Schweitzer a répondu point par point aux trois grands griefs faits au libéralisme : « C’est la loi du plus fort », « C’est le règne de l’individualisme », « Les riches affament les pauvres ».


Concernant le premier point, il a démontré que dans une société libre ou chacun échange son travail contre celui d’un autre, il ne peut y avoir de perdant, car personne ne souhaite faire une action dont le résultat serait d’obtenir une situation pire qu’avant.
La légitimité de l'individualisme est incontestable, mais M. Schweitzer a expliqué que si chacun agit dans son intérêt dans une société de liberté, le résultat de cette action est bénéfique à tous. Par exemple un commerçant qui souhaite s’enrichir doit satisfaire son client. Ainsi c’est grâce à son « égoïsme » que le bien général est accompli.
Quant au troisième procès fait au libéralisme, M. Schweitzer a mis en lumière le fait indéniable que dans une société où les échanges sont libres, chacun trouve sa place et son utilité. Il n’y a pas de besoin qui ne trouve un offreur. L’argent, symbole de la richesse n’est en fait qu’un moyen d’échange, mais jugé à l’aune de l’utilité certains feront prévaloir le temps libre alors que d’autres préféreront le travail acharné.

Mais plus que de se faire uniquement l’avocat de la défense, M. Schweitzer a contre-attaqué en montrant que le libéralisme est infiniment moral car il repose sur le respect absolu de la nature de l’homme. C’est-à-dire sa liberté, sa propriété et sa responsabilité. Dès lors qu'y a-t-il de plus moral que d’être jugé selon le vrai service que l’on rend à autrui ? Qu'y a-t-il de plus moral que de bénéficier ou de perdre au vu du résultat de son action, c'est-à-dire son intelligence mise en mouvement ? Qu'y a-t-il de plus moral que de laisser chacun vivre selon son propre jugement, dans la mesure ou il ne nuit pas à la propriété d’autrui ?
Ensuite M Schweitzer n’a pu répondre qu’à quelques questions car il fallait quitter les lieux : il était 23h15.
Forte du succès de cette première conférence, Liberté Chérie Grenoble donnera une suite que nous attendons avec impatience.