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![]() Histoire des idées politiques dans l'Antiquité et au Moyen Age L'arbitraire fiscal ou comment sortir de la crise |
La France est connue pour être le théâtre de crises « sociales » récurrentes dans les transports publics. Les grèves s’y succèdent depuis des années et perturbent régulièrement les déplacements des Français. En prenant l’habitude d’utiliser les personnes dépendantes des transports en commun comme moyens pour parvenir à leurs fins politiques, les syndicats ont exaspéré les Français au point de les faire largement adhérer à l’idée d’un service minimum. Nicolas Sarkozy a dès lors repris cette proposition populaire dans son programme et nos députés mettent actuellement la touche finale au projet. Or en imposant un service minimum dans les transports par la force de la loi, on essaie de traiter la conséquence visible du problème – les blocages – mais pas le problème lui-même : le monopole. Le monopole induit de nombreux effets pervers. Le plus visible d’entre eux est certes le blocage pendant les jours de grève, mais il suffit d’utiliser quotidiennement les transports en commun pour constater un agacement généralisé du public au moindre problème : La SNCF et la RATP sont fort justement critiquées pour le manque d’information vis-à-vis de leurs clients en cas de panne, de grève ou de retard. Le service offert par ces entreprises publiques est souvent bien médiocre par rapport aux prix pratiqués. La SNCF et la RATP, bénéficiant de privilèges accordés par l’Etat, n’ont d’ailleurs pas pour obsession la satisfaction des voyageurs, considérés comme des « usagers » et non comme des « clients ». En effet, lorsqu’un producteur de services est en situation de monopole, il tire naturellement profit de ce statut. Et le monopole profite toujours au producteur au détriment des consommateurs, qu’il soit public ou privé. Comme l’écrivait George Stigler1 : « Le seul véritable saint protecteur du consommateur n'est certainement pas le bureaucrate, mais la concurrence ». Or l’intervention de l’Etat permet justement de protéger certaines entreprises de la concurrence par la loi. C’est un fait peu connu, y compris chez nos élus, mais un décret-loi de 1934 interdit à toute société d’autocars de concurrencer la SNCF sur ses lignes régulières sans son autorisation. C’est ce qui explique l’absence de lignes de cars entre les grandes villes françaises, phénomène singulier en Europe. En situation de concurrence, le service minimum devient alors caduc : Si le personnel d’une des entreprises transportant des voyageurs entre Paris et Lyon est en grève, ceux-ci peuvent choisir un autre prestataire en fonction de leurs besoins propres (train, autocar ou autre). Constatons d’ailleurs que le nombre de grèves au sein d’Air France a diminué de manière très significative depuis l’ouverture du marché aérien et qu’aucun client ne se plaint de pouvoir sélectionner d’autres prestataires moins coûteux ou présentant une offre plus adaptée. Face aux perturbations récurrentes des transports publics depuis des décennies, il n’est pas possible de se contenter d’une loi instaurant un « service minimum », bien théorique au demeurant. Cette loi parviendra peut-être à limiter les blocages les jours de grève mais elle ne répondra pas aux attentes des clients : qualité de service et diversité de l’offre. A l’heure où le fret ferroviaire est libéralisé, on se demande pourquoi le tabou du transport de voyageurs n’est toujours pas levé. Sur le plan de la méthode, un responsable politique aurait bien plus intérêt à défendre la concurrence dans les transports en commun que le service minimum, à condition de mettre en avant les bons arguments : Inutile dans l’immédiat de demander la privatisation de la SNCF (de toute façon impossible à cause de sa situation financière), car seule importe l’ouverture du marché aux autres compagnies de trains ou d’autocars. Les clients décideront alors de ce qui leur convient, pas les élus ni les syndicats. Ensuite, la dette de la SNCF s’en porterait d’autant mieux qu’on ne pourrait plus justifier l’existence de lignes ferroviaires déficitaires au nom du sacro-saint « service public » : L’autocar permet une bien meilleure desserte des zones reculées, à moindre coût tout en restant rentable. Ce faisant, on ne touche pas non plus à la notion de « droit de grève », ce qui devrait éviter d’indisposer les syndicats. Enfin, sur un plan purement éthique, autoriser la libre concurrence dans les transports en commun revient tout simplement à rendre aux Français leur liberté de choix sur ce marché. On attend des élus qu’ils défendent cette liberté au lieu de chercher à corriger à la marge les effets pervers des monopoles qu’ils ont eux-mêmes créés. Car répondre aux attentes de chacun, n’est-ce pas ça le « service public » ? 1 Prix Nobel d’économie en 1982 pour ses travaux sur l'organisation industrielle et ses théories sur l'économie de marché
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