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Après la reculade sur le budget 2008, le gouvernement saura-t-il faire face aux syndicats non représentatifs sur le sujet des régimes spéciaux?

par Christophe Maillard, le 04/10/07

Il semble que le gouvernement soit déjà en train de reculer devant les pressions des syndicats. Cela se constate aisément à la lecture du projet de budget 2008.

Soyons clairs: les libéraux ne peuvent être que déçus par ce budget qui ressemble à tout sauf à une rupture. On espérait beaucoup mieux à l'heure où François Fillon dénonçait la situation de faillite de la France.

Le gouvernement prévoit un déficit de 41,7 milliards d’euros, c’est-à-dire supérieur au déficit de l’exercice 2007 (celui-ci étant estimé à 39 milliards d’euros). En 2007, la dette aura donc augmenté de 39 milliards et elle devrait encore augmenter de 41,7 milliards en 2008! Les discours alarmants sur la dette lors de la campagne présidentielle semblent déjà oubliés…

La France n’a pas présenté un budget à l’équilibre depuis 33 ans, comme le faisait remarquer fort justement François Fillon ces derniers jours. La spirale déficitaire continuera donc une 34ème année et devrait s’accélérer en 2008.

Le niveau « officiel » de la dette française en 2006 (1150 milliards d’euros) va donc s’élever à 1189 milliards d’euros fin 2007 et à 1231 milliards d'euros fin 2008. A cela, il convient d’ajouter la « dette officieuse » (dette de la SNCF, retraites des fonctionnaires etc.).

Les Français peuvent s’inquiéter pour ce qui est de la charge des intérêts à payer…

Il est important de rappeler que la seule manière de réduire la dette est d'avoir un budget excédentaire.

Et pour cela, il convient de réduire de manière drastique la dépense publique.


Nous ne critiquons évidemment pas la diminution de la fiscalité qui doit même être accélérée pour redonner aux Français des incitations productives. Nous sollicitons une diminution de la dépense publique supérieure à la diminution de la fiscalité, ces deux tendances devant par ailleurs être individuellement accélérées. C’est ce qui manque dans le budget présenté par le gouvernement.

Ce n’est pas la trop faible diminution du nombre de fonctionnaires en particulier et des dépenses de l’Etat en général qui permettra de parvenir à ce résultat.

Par ailleurs, la communication de nos hommes politiques est bien habile. Ils insistent sur le fait que le ratio déficit / PIB diminue.  Cela est vrai. Mais cela est lié au fait que le PIB croît plus vite que le déficit. En d'autres termes, les Français, par leur travail, parviennent à accroître la création de richesse plus rapidement que le gouvernement ne dégrade le déficit.

Le gouvernement ne devrait donc pas se féliciter de l’amélioration de ce ratio. La politique actuelle du gouvernement, notamment en terme de réduction de la dépense publique, est telle que le déficit se creuse. C’est seulement grâce aux Français et à leurs efforts que le ratio s’améliore. Ces efforts ne seront pas récompensés puisque la dette qu’ils devront supporter va s’accroître.

Nicolas Sarkozy nous parle de rupture, François Fillon dénonce un Etat en faillite. Malgré cela, les réformes structurelles ne sont pas menées. La peur des syndicats et de leurs manifestations est clairement derrière cette affaire et c'est bien dommage.

Le gouvernement, comme ses prédécesseurs, est tiraillé entre des syndicats menaçants et des libéraux qui exigent une accélération des réformes, ainsi qu'une orientation globale plus libérale. Comme souvent, les plus bruyants gagneront le combat. C'est pourquoi, il va falloir organiser la riposte face aux syndicats. Liberté Chérie s'y prépare activement, comme le rappelle Le Figaro dans un article publié la semaine dernière.

Le 18 octobre au matin, jour de la grève SNCF, nos militants seront donc dans les gares, et ce dans les principales villes de France. Le tract que nous distribuerons est déjà online. Nous vous incitons à le distribuer à vos familles, collègues et amis.

Si l'on souhaite que la réforme des régimes spéciaux ne soit pas à l'image du budget 2008, il convient de nous faire entendre.