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L’édifice du système de retraites par répartition s’affaisse lentement mais
sûrement sous son propre poids. Le constat est connu : le nombre d’actifs
diminue et le nombre de retraités augmente, d’autant plus que la génération du baby-boom
part en retraite. Le système devient insoutenable. Ce qui est moins connu en
revanche, c’est que le problème de son financement n’est pas accidentel. Il est largement le
sous-produit des incitations perverses intrinsèques au système lui-même. D’une part, la répartition obligatoire a largement détruit une des méthodes
par lesquelles on prenait soin des anciens : la solidarité familiale. Les
adultes actifs s’occupaient de leurs enfants et ceux-ci renvoyaient l’ascenseur
une fois leurs parents inactifs. Le ressort du mécanisme était un des plus
fiables qui soient : les liens affectifs. La répartition adoptée, plus
besoin de compter autant sur des enfants, plus besoin d’investir autant en eux,
moins de raison d’en faire ! En retour, plus besoin pour les enfants de
s’occuper de leurs parents à l’avenir. La famille s’est affaiblie face à la
concurrence déloyale de Big Brother. La démographie en étant affectée, il y a
relativement moins d’enfants pour soutenir une population dont l’espérance de
vie a par ailleurs augmentée. Le changement démographique rendant insoutenable
la répartition est en partie dû au système lui-même. D’autre part, la redistribution obligatoire des actifs vers les retraités
détruit le mécanisme par lequel la richesse sur laquelle les anciens pourraient
compter est créée. Dès lors que chacun croit pouvoir réellement profiter du
système pour sa retraite, il n’y a plus d’incitation à épargner pour ses vieux
jours. Et même si on ne compte pas dessus, le fait est que sa capacité
d’épargner est entravée. Lorsqu’un SMIC se voit amputer d’environ 30% par les
cotisations retraites (en tenant compte des charges patronales), il ne reste
pas grand chose pour préparer soi-même l’avenir en accédant à la propriété, en
achetant des assurances-vies ou en plaçant son argent dans des fonds de
pension. Par conséquent, les cotisations retraites –et la taxation en général-
diminuent le taux d’épargne dans l’économie, d’autant plus les recettes des
cotisations ne donnent lieu à aucun investissement. Contrairement à ce que de
nombreux commentateurs sous influence keynésienne prétendent, ce n’est pas la
consommation mais l’épargne qui fait la croissance. En effet, ce sont
essentiellement les investissements correspondants qui permettent d’augmenter
la productivité de l’appareil productif au cours du temps et l’ensemble des
revenus avec. La croissance et les pensions de retraite ont d’ailleurs augmenté
de manière spectaculaire au Chili après que l’épargne ait été partiellement
libérée en 1981 grâce à la possibilité offerte et saisie par 90% des chiliens
de sortir du système de répartition. En comparaison avec une société de libertés où tout un chacun peut garder
le fruit de son travail et l’épargner, une société sous l’emprise du système de
retraites par répartition voit donc sa capacité à pourvoir aux besoins des
retraités diminuer. Les défenseurs du système actuel ont des objections. Libéraliser les
retraites revient à exposer les travailleurs aux aléas des marchés financiers
sur lesquels les fonds de pension opèrent. S’il est vrai que les variations de
cours peuvent être spectaculaires à court terme, il devrait cependant être
clair que le rendement à long terme de placements financiers est d’autant plus
important qu’une épargne abondante alimente une croissance ainsi accrue. De
plus, les risques supportés en gardant le système actuel doivent certainement
être pris en compte. Dans ce cadre, il sera nécessaire de refaire
périodiquement les réformes habituelles : diminution des retraites des
anciens, hausse des cotisations des jeunes et augmentation de l’âge légal de la
retraite. L’aboutissement de cette guerre civile institutionnalisée entre
jeunes et vieux est sans aucun doute l’explosion du système. Enfin, le passage à la capitalisation éliminerait la redistribution
protégeant les personnes aux revenus les plus faibles. Il faut bien comprendre
pourtant que le système actuel tend plutôt à favoriser des gens aisés. Les
ouvriers commencent généralement à travailler plus tôt et à mourir plus jeunes.
Autrement dit, ils cotisent souvent plus longtemps que les autres et profitent
moins longtemps du système. L’effet redistributif fonctionne donc largement en
sens inverse et serait supprimé avec la fin du système. De plus, ce sont
précisément les moins aisés qui ont le moins de possibilités de financer leurs
vieux jours en dehors du système en devenant propriétaire de leur logement, en
épargnant dans des dispositifs d’assurance vie ou de fonds de pension. Ce sont
donc justement les moins aisés qui sont les plus exposés au risque de d’effondrement
du système de répartition. Libérer les Français du système étatique de répartition des retraites aurait donc comme effet d’augmenter rapidement le capital de tous les Français, d’accroître la croissance et de les rendre plus responsables vis-à-vis de leur propre vie et de celle des membres de leurs familles et de leur communauté. Enfin, restituer aux travailleurs les fruits de leur travail, dans un pays où plus de la moitié de leurs revenus est confisquée et gérée par l’Etat à leur place, n’est pas seulement une exigence économique, c'est avant tout une exigence morale. NDLR : voir la proposition "réforme du système de retraite" de Liberté Chérie : http://www.liberte-cherie.com/a2456-Retraite.html
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