Libert� Ch�rie
Libert� Ch�rie
Action ! Idées Medias
Le « Non » irlandais
Rechercher :
Recherche avancée
La f�d�rationMon comit�Tous les comit�sMon compteForum

Point de vue: "oui" à la Constitution Européenne

"Il y a trop de lois liberticides dans ce pays!" - Intervention de Thierry Desjardins lors de l'AG

Point de vue: "non" à la Constitution européenne

Une bien médiocre constitution pour un projet si ambitieux !?

Projet pour une révolution

De la liberté politique chez Montesquieu, au rôle d'un gouvernement.

Référendum sur la Constitution Européenne

Réduire l'Etat à ses justes proportions : la Nouvelle Zélande

Compte-Rendus de l'université d'été 2005

La Liberté sur l’échiquier

Nicolas Sarkozy, un "libéral-jacobin"

Rejet de la Constitution Européenne: la crainte et l'espoir

Naissance et déclin des grandes puissances
par Paul Kennedy Présentation de l'éditeur : Ce livre a fait l'effet d'une bombe lors de sa parutio...

Alerte rouge sur l'Amérique : Retour sur le maccarthysme
de Florin Aftalion Présentation de l'éditeur: Le sénateur Mc Carthy fut, on le sait, l’ordonnateur...

Envoyer à un ami
Imprimer

Le « Non » irlandais

par Axel Reveillet, le 14/06/08
Le peuple irlandais vient de rejeter le traité à peine simplifié de constitution européenne avec près de 54% des voix contre. Ce traité de Lisbonne, adopté par le parlement français est presqu'identique à celui qui fut rejeté par le peuple en 2005. Il vise entre autres choses à unifier la politique étrangère des états membres et à donner au parlement européen le pouvoir de faire de véritables lois supranationales qui s'imposeraient à tous les états membres. José Manuel Barroso, président de la commission européenne invite toutefois les pays qui ne l'ont pas encore fait à poursuivre le processus de ratification du traité (dix huit sur vingt sept états ont ratifié le traité à ce jour), même si François Fillon estimait jeudi que le "non" irlandais enterrerait le traité. La commission doit se réunir la semaine prochaine pour décider des suites à donner.

Ce refus témoigne d'une chose. Non que l'UE soit invisible aux yeux de ses citoyens, l'Irlande lui devant d'ailleurs beaucoup en matière de retombées fiscales, mais que cette union est trop obscure pour les gens. En témoigne le traité même, qui fait plus de deux cent soixante-dix pages d'articles tous plus abscons les uns que les autres alors qu'une constitution doit faire vingt articles grand maximum de cinq lignes chacun et être compréhensible au citoyen lambda dès lors qu'il sait lire, et se borner à poser les institutions, leur composition et leurs pouvoirs. L'UE est en déroute technocratique depuis de nombreuses années. La plupart de ses citoyens s'y perdent, ne comprennent pas ce qu'il s'y passe ni quel y est leur intérêt. Plutôt que d'éclaircir la situation, ce traité jette un voile noir sur les institutions ; à tel point que nous sommes amenés à penser que les technocrates de Bruxelles le font exprès pour garantir leur fauteuil comme en témoigne monsieur Cohn-Bendit, co-président du groupe des verts au parlement européen, qui déclare que « les référendums nationaux constituent un instrument inadéquat pour décider des questions européennes » tout en affirmant qu'elle doit être « plus démocratique et plus soudée » (source : Le nouvel observateur). Nous serrions en droit d'attendre qu'il nous explique comment l'UE pourrait être plus démocratique si on prive le peuple de la dernière parcelle de souveraineté que constitue un référendum et comment elle pourrait être plus soudée si certains peuples, contrairement à d'autres, perdent plus qu'ils ne gagnent à cette union. Car c'est bien de cela qu'il s'agit. L'Europe se fait dans les bureaux des technocrates, sans les peuples. Elle se fait par des gens comme Daniel Cohn-Bendit ou comme Nicolas Sarkozy qui savent mieux que tout le monde ce qui est bon pour l'ensemble des citoyens européens et jugent donc bon de se passer de leur avis voir même d'aller contre leur avis dès lors qu'ils pensent ce qu'ils font juste. L'Europe devient un empire : elle rassemble des peuples qui n'ont rien en commun ni même forcément le souhait de vivre ensemble sous une autorité centrale dont le fonctionnement échappe à ceux qui ne sont pas nés dans ses coulisses. Les gens ne deviennent pas forcément anti-européens, sinon le score en Irlande aurait été bien plus important contre le traité et il y aurait eu des manifestations d'envergure, le taux de participation faible témoigne plutôt d'un mépris et d'une résignation face à l'UE. Les peuples savent qu'ils ne veulent pas de l'UE telle qu'elle se fait mais savent aussi qu'ils ne peuvent rien y changer car s'ils la refusent d'une façon, on la leur fera avaler d'une autre à un moment donner comme ça a été le cas en France.

La question n'est pas de savoir si l'Europe est utile ou non, si elle offre des avantages ou non ; la question est de savoir si les peuples en veulent ou non. Et s'ils ne veulent pas de cette Europe ; s'ils ne veulent pas de ce pouvoir toujours plus centralisé, qui transforme l'espoir formidable suscité par la zone paisible d'échange libre que l'Europe était originellement en ce super-État au fonctionnement obscur si lointain des préoccupations de la plupart des citoyens, alors il ne faut pas la leur imposer. On ne peut faire le bien des gens malgré eux : cela ne peut qu'occasionner des tensions latentes qui seront dévastatrices le jour où elles seront trop fortes pour être contenues. L'Europe ne peut se faire qu'avec le concours de ses peuples aspirant à un espace de liberté et de justice.

Le libéralisme authentique, ce n'est pas le pouvoir des trusts, ce n'est pas l'exploitation de l'homme par l'homme, ce n'est pas creuser les écarts sociaux. Le libéralisme, c'est avant tout le respect des libertés individuelles qui passe par le respect de la vie et de la propriété de chacun. Alors que le contrôle de l'action du gouvernement d'un pays, a fortiori en France, est inaccessible aux citoyens, occasionnant ainsi entorses sur entorses aux libertés élémentaires de chacun comme en témoignent les nombreux gaspillages de l'argent public (qui sort toujours de poches privées) ; comment pourrait-il en aller autrement en éloignant encore davantage des citoyens du pouvoir ? En ajoutant encore et encore des échelons de pouvoir (commune, intercommunalité, département, région, pays et maintenant l'Europe) avec l'alourdissement du joug fiscal que cela nécessite, comment les gens pourraient-ils se sentir "bien" en Europe ?

 L'Union Européenne, par le décalage qu'on y trouve et qui tend à se creuser entre ses "élites" et ses peuples, ne peut pas perdurer. Ce décalage est à la fois un décalage de visée (tous n'attendent pas la même chose de l'Union) mais aussi un décalage de vision (contrairement aux "élites", les peuples ne voient pas ce que leur apporte l'Union). Il faut donc recentrer nos efforts sur ce qui bénéficie à tous : une zone de circulation libre des personnes, des biens et des services, dans laquelle chaque peuple conserve l'intégralité de sa souveraineté sans s'engager à autre chose que ne pas perturber les activités que les citoyens ont choisis de pratiquer.