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Le gouvernement recule sur la question du divorce simplifié

par Axel Reveillet, le 30/06/08
La ministre de la justice : Rachida Dati, avait lancé une commission en Janvier dernier afin de réfléchir à la possibilité d'autoriser à rompre un mariage par consentement mutuel devant un notaire. Le divorce ne peut, aujourd'hui, n'être prononcé que par un tribunal. Madame Dati avait cité les exemples de la Suède, du Danemark et du Portugal où cette procédure de divorce simplifié a été mise en place sans heurt.

Toutefois, sous la pression des avocats menaçant de faire grève, les divorces constituant en effet le fond de commerce de bon nombre d'entr'eux, Nicolas Sarkozy a une fois de plus reculé quoi qu'il ait annoncé que cette proposition n'avait toujours été qu'une idée et non un projet. (Source : Les Echos)

Le pouvoir politique a une fois de plus plié, sous la pression économique de quelques uns qui, plutôt que de chercher à suivre la demande des citoyens, cherchent encore et toujours à modeler la demande à leur offre. Cette affaire témoigne bien d'une dérive grave de notre pays : les lobbys économiques et juridiques qui sont au service de quelques uns ont de plus en plus de pouvoir sur les orientations politiques de la France, c'est à dire sur ce qui nous engage tous ! Nous voyons biens encore une fois que le président de la république et le gouvernement sont plein de bonnes intentions, mais ils les perdent dès qu'il s'agit de remettre en question le confort de certains intérêts plus puissants que d'autre. Ainsi les avocats, que personne n'a intérêt à se mettre à dos, ont pu faire pression contre la liberté des citoyens pour préserver leurs emplois plutôt que chercher à réformer une offre qui n'aurait plus eu de demande.

Alors que les magistrats se plaignent, à juste titre d'ailleurs, de l'engorgement des tribunaux, voilà que l'état décide de conserver une disposition qui, en plus d'être parfaitement injuste car elle constitue une ingérence du législateur et la justice dans la vie privée, consiste en une charge de travail inutile pour l'appareil judiciaire. Et cela est d'autan plus choquant qu'aucune justification, même de mauvaise foi, ne vient expliquer cet abandon d'une possible progression des libertés ; il n'y a que la pression d'un groupe d'avocats.

Les affaires économiques sont du domaine privé alors que la politique est du domaine public, cette séparation est des plus morales et des plus justes. Or la politique est une affaire humaine et tout ce qui est humain est corruptible. Les libéraux rappellent donc la nécessité, afin d'éviter les tractations obscures, de réduire le pouvoir de l'état pour le rendre aux citoyens. Le mariage est un acte strictement privé qui engage uniquement les époux ; il doit donc être conclu librement sans intervention étatique et rompu tout aussi librement selon les termes du contrat l'établissant. Le mariage est un acte privé avant tout, sa forme juridique devrait être laissé à la seule discrétion de ceux qu'il engage comme pour tout contrat, de même que les modalités de sa rupture ; une décision de justice serait alors requise seulement en cas de conflit.