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Echec des négociations de l’OMC : les consommateurs sont les grands perdants

par Jacques Peter, le 31/07/08

Les dernières négociations sur la libéralisation du commerce mondial dans le cadre du Doha Round ont donc échoué. Plusieurs grands pays n’ont pas voulu renoncer à la protection de leur agriculture ou de leur industrie. Que penser de cet échec ?

Il y a trois manières de concevoir le commerce mondial. La première est le protectionnisme, système dans lequel chaque pays s’efforce de protéger ses producteurs derrière des barrières douanières ou de les favoriser par des subventions. Le commerce est alors limité puisque chaque pays pratique de même. La concurrence est réduite et les consommateurs ne profitent pas de la compétitivité. Ce système a été pratiqué dans les années 30 avec les conséquences que l’on connaît.

Le deuxième système, dans lequel nous vivons, est celui d’un commerce encadré par les Etats. On vise une plus grande liberté, mais dans le cadres d’accords bilatéraux ou multilatéraux (GATT puis OMC) dans lesquels les concessions doivent être réciproques. C’est un progrès par rapport au protectionnisme, mais on continue à privilégier le producteur par rapport au consommateur. S’il y avait eu un accord à Genève, nous aurions pu saluer un pas dans le bon sens.

Le troisième système est celui que préconisent les libéraux : la liberté du commerce. Il s’appuie sur le constat que le commerce libre profite aux deux parties. Inutile de " réguler ", d’exiger des contreparties, de rédiger des traités énormes. Il suffit d’affirmer le principe de la liberté et de l’appliquer, même unilatéralement. Les gagnants de ce système sont les consommateurs, c’est à dire tout le monde, puisqu’ils profitent de la concurrence des producteurs du monde entier. Ces derniers sont obligés d’être compétitifs. Les Etats n’ont plus à se mêler du commerce. Leur rôle est de créer chez eux un environnement fiscal et réglementaire favorable aux producteurs afin qu’ils ne soient pas gênés dans la concurrence mondiale face aux producteurs des autres pays.