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![]() Europe se lève a l'Est, l'
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En ce jeudi 29 janvier, la France doit endurer, sous les yeux ébahis de
l'Europe, une grève plus ou moins généralisée de sa Fonction Publique.
Ce type de situation devient répétitif et lassant et, au contraire de
ce que proclament les médias, il s'agit d'avantage d'une illustration
des effets pervers de la situation des syndicats dans notre pays plutôt
qu'un « malaise social ». Quels sont les maux dont souffre la France à l'égard de la place de ses syndicats ? Tout d'abord, paradoxe : les syndicats qui sont précisément des entités créées pour instaurer un dialogue entre les salariés et les employeurs souffrent d'un déficit de représentativité. Ce déficit de représentativité s'incarne dans la disproportion manifeste existant entre le proportion de salariés syndiqués et la proportion de salariés impliqués par leurs actions. En effet, seulement 8% des salariés ont adhéré en France à un syndicat, quand bien même le Code du Travail laisse à ces « partenaires sociaux » des pouvoirs très étendus, les normes qu'ils créent ayant valeur prépondérante, reléguant le contrat de travail au rang de source supplétive de cette branche du Droit. Notamment, ils négocient les conventions collectives, cogèrent les caisses de sécurité sociale… etc. N'en représentant que trop peu, ils impliquent pourtant tous les salariés dans leurs actions. Ce décalage rompt avec toutes les lois élémentaires de la logique en les dénuant totalement de leur raison d'être, c'est-à-dire la fonction de mandataire, et insinue fatalement des effets pervers. Comment peut-on laisser un pouvoir aussi grand à des entités ne représentant que si peu d'individus mais agissant au nom de tous ? Cette situation conduit à une autre incohérence, outre le déficit de représentativité, ces syndicats sont payés par l'agent des impôts. Par conséquent, vous ne voulez pas adhérer à un syndicat (seulement 8% des salariés ont désiré l'action de ce syndicat, à nouveau), vous voulez utiliser votre argent à bon escient, tant pis pour vous ! L'État s'est chargé à votre place de placer votre pécule durement gagné dans un lieu qui aura nécessairement toutes vos faveurs, étant donné qu'il a été choisi par Lui : les syndicats. Comment le « pays des Droits de l'Homme » a-t-il pu inventer pareille violation de la liberté et de la propriété que le financement obligatoire des syndicats par les impôts ? Non seulement il leur attribue, contre notre gré des pouvoirs manifestement exagérés à l'aune de leur taux de représentativité, mais en plus il contraint ses citoyens à les financer. Aussi, ce financement public souffre-t-il d'un autre vice, c'est son opacité. Les comptes des syndicats devraient nécessairement être rendus publics, transparents, limpides, tant que ces fonds sont publics ; ce serait du moins normal étant donné qu'il s'agit de notre argent. Mais la normalité ayant mauvaise fortune en ces tristes jours, il nous paraît utile de souligner ce point. Cette situation, en plus d'être immorale, conduit fatalement et rendre ces syndicats irresponsables du fait de leur trop-plein de privilèges. Cette irresponsabilité est la cause principale de la grève d'aujourd'hui, comme de toutes celles qui lacèrent notre actualité sociale, nos rassemblements sociaux, nos révoltes sociales, et nos ennuis sociaux. Il ne faut pas se tromper, le prétexte importe peu pourvu qu'on choisisse ses mots, l'adjonction du qualificatif social en épithète d'un quelconque mot le sacralise et rend la grève bénie du sceau du Saint-Diktat. Et ces syndicats, parés de la vertu que leur accorde leur irresponsabilité et sous le regard bienveillant des parrains qui nous gouvernent, se sentent ainsi pousser des ailes suffisamment larges pour se permettre des actions répétitives et d'envergure, sans gêne. Cependant, une action syndicale n'est pas une action normale. Il ne s'agit pas d'un propos constructif, d'un projet de construction, il s'agit de la grève. La grève est ainsi devenue, après la Tour Eiffel et la baguette de pain, un symbole certain de notre bon vieux pays. Au moindre mouvement ou frétillement du Gouvernement, un appel à la grève est lancé. Ce projet fût-il abandonné qu'on n'en a cure ! l' « action sociale » se voudra préventive... Bienvenue au royaume de l'exagération où après avoir vidé de toute cohérence et de toute légitimité les syndicats dans leur forme présente, on vide la grève de son poids revendicatif. Et bien que cette mue existât, puisque les gens ne sont pas idiots, elle est voilée par cette novlangue journalistique donnant artificiellement du poids et du contenu à cette agitation « sociale ». Nous n'attaquons pas ici le droit de grève, les libéraux en sont même les instigateurs depuis Émile Ollivier en 1864, nous ne faisons que constater les dérives auxquelles elles mènent. En outre, nous constatons que ce droit de grève a aussi perdu sa valeur. En effet, dès lors qu'il est accordé à des corps de métiers parmi lesquelles la concurrence ne joue plus, puisque protégés par l'État, comme les transports, le fait d'autoriser une grève est une violation de l'intérêt général qui est censé pétrir l'esprit de la fonction publique, ainsi que le principe de continuité du service public (l'une des trois lois de Rolland, absolument fondamentale en Droit administratif). Il ne s'agit donc plus seulement du droit de grève, mais de deux autres impératifs : la continuité du service public et le constat du fait qu'une entreprise monopolistique ne puisse faire grève sans paralyser la vie d'une cité, et avoir des répercussions inacceptables dans la vie des citoyens. Ceux qui s'offusquent donc devant une remise en cause de ce droit devraient logiquement, au même titre, s'offusquer de la violation de la continuité du service public ainsi que de l'immoralité de la grève d'un service en monopole forcé. Si le droit de grève est un droit précieux, son utilisation dans un contexte de monopole étatique est une incohérence. A cet égard, l'exigence d'un service minimum apparaît comme une nécessité impérieuse. Liberté Chérie en a fait depuis longtemps un cheval de bataille et aujourd'hui plus que jamais, alors que trop de gens vont souffrir inutilement de cette grève, les circonstances que nous avons développées devraient permettre de la reposer à nouveau avec acuité. Comme tous ces maux sont liés : Nous ne pouvons plus tolérer que la fonction publique monopolistique puisse disposer d'un droit de grève plein et entier, nous ne pouvons plus tolérer que des syndicats non-représentatifs et non mandataires exercent des pouvoirs aussi larges en Droit du travail, nous ne pouvons plus tolérer que ces syndicats soient financés par les fonds publics, et encore moins lorsque ce financement n'est pas transparent.
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