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Contre Bové! Pour la recherche sur les OGM!

Les OGM et l'obscurantisme

De "Liberté j'écris ton nom" à "Liberté Chérie"

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Notre position : la recherche sur les OGM

par Édouard Fillias, le 21/10/03
Les Organismes Génétiquement Modifiés (OGM), sont l'objet d'un débat passionné dans l'opinion. Alors que l'Union Européenne décidera bientôt de la levée ou non du moratoire relatif à ces produits, (à commencer par le maïs BT-11), il est important pour l'association « Liberté, j'écris ton nom » de replacer ce débat houleux, où l'on aura surtout entendu des idéologues et des professionnels de l'agitation politique, dans une perspective humaniste, centrée sur la libre arbitre des êtres humains.

Notre position ne saurait être « pour » ou « contre » les OGM. Une telle position n'aurait d'ailleurs aucun sens, tant les variétés des modifications génétiques apportés à des végétaux, à des fins thérapeutiques ou alimentaires, sont susceptibles d'être nombreuses.

La France est le seul pays au monde où des campagnes de saccage des champs d'expérimentation sont organisées de façon systématique. Au cours de l'été 2003, dans une indifférence presque parfaite des médias et de l'opinion, vingt sept essais en champs, destinés à l'expérimentation, ont été détruits dans une complète illégalité par des groupes d'activistes usurpant le qualificatif d' « écologistes ». Soit près de la moitié des essais en cours mis en place en France en 2003. Ces censeurs autoproclamés du bon et du mauvais, inspirés par les actions de destruction initiées par José Bové en 1999, ne font aucune distinction entre leurs cibles. Ainsi, un champs de maïs transgénique de 4,1 hectares, à Clémensat (Puy-de-Dôme), destiné à la production d'une enzyme, la lipase gastrique, capable de lutter contre les troubles digestifs inhérents à la mucoviscidose, a-t-il été détruit dans la nuit du 15 au 16 août. Pour la deuxième année consécutive, douze mois de recherche et donc d'espoir pour les familles, ont été perdus. Ultime forfaiture, l'acte n'a pas été revendiqué (peut-être le poids d'une honte rétrospective ?).

La conférence des Citoyens sur le thème de « l'utilisation des OGM dans l'agriculture et l'alimentation », organisée pour initier le débat en juin 1998, avait pourtant préconisé un soutien sans réserves à la recherche sur les biotechnologies végétales, riches en perspectives. Les débouchés de telles recherchent portent aussi bien sur la synthèse de médicaments (insuline, hormone de croissance, riz à forte teneur en vitamine A) et la recherche de nouvelles thérapies (sur la mucoviscidose, entre autres), que sur l'amélioration de la technique agricole. Diminution de l'utilisation de pesticides et désherbants, plantation plus facile sur des sols arides, augmentation de la productivité (plus de 80 % pour le coton, comme l'a prouvé l'exemple indien), sont autant de bénéfices possibles apportés par cette nouvelle technique. Demain vaincre des maladies incurables aujourd'hui, vaincre la faim dans bon nombre de pays qui en souffrent encore, sont des espoirs non négligeables offerts par les OGM.

Pourtant le débat sur les OGM reste dominé par quelques « antis », jouant de craintes ancestrales pour apeurer l'opinion. Ils ne sont ni les premiers, ni certainement les derniers à agir de la sorte. En 1820, l'Académie de médecine de Lyon « démontrait » les dangers du chemin de fer : décollement de rétines (provoqué par le défilement rapide des images), accouchement avant terme (les secousses) et bronchites carabinées (dues au courant d'air). Contre-exemple frappant, celui de Marie Curie, qui ignore encore qu'en découvrant les secrets du radium, elle ouvre la voie à la thérapie contre le cancer. La France a une tradition ancienne de raison et de progrès : Louis Pasteur, Claude Bernard, Condorcet, Auguste Comte, Descartes, ont inspiré nos écoles d'ingénieurs et universités. La France a longtemps été dans le peloton de tête de la recherche. Il n'est donc pas conforme à sa tradition, comme certains cherchent pourtant à le faire croire, de préférer la frilosité à l'innovation. Génération après génération, les Français ont découvert et se sont adaptés à des techniques nouvelles, améliorant leur quotidien, renforçant leur santé : pourquoi, par un décret unilatéral de Greenpeace et de la Confédération Paysanne, ce mouvement devrait-il cesser aujourd'hui ?

Pour s'opposer à la recherche sur les OGM, certains se prévalent d'un très médiatique « principe de précaution ». Ils feignent d'ignorer que sans évaluation du risque, il ne saurait y avoir de précaution raisonnable. Il est nécessaire d'expérimenter, de rechercher, de découvrir, afin d'explorer les risques et de décider, ou non, des précautions à prendre. Sans cette phase initiale, il est vain de vouloir être précautionneux. Ou bien avouer, franchement, que l'on décide d'ignorer le développement des biotechnologies, par un choix qui ne pourrait être qu'irrationnel et non pas « sage », laissant la France loin derrière le front du progrès scientifique. L'exemple des gaz CFC, l'épisode de la vache folle ou de l'amiante, sont autant d'éléments qui prouvent, encore une fois, combien il est nécessaire de pousser loin l'expérimentation avant de décider, ou non, de l'usage d'une technique.

Ce choix de la « précaution » sur les recherches OGM ne doit pas être pris, au nom des Français, par des Attila des campagnes. Le gouvernement doit prendre ses responsabilités en la matière et assurer la protection des cultures expérimentales, nécessaires à la recherche. Au moins, sanctionner durement les coupables dont le crime est double : ils violent à la fois la propriété et le travail des chercheurs, du public et du privé, mais ils nuisent également à l'intérêt du pays tout entier, en le privant d'éléments de réflexion et de décision. De nombreuses personnalités se sont exprimés en ce sens, risquant leur image dans ce débat d'opinion « sensible ». Ainsi Bernard Kouchner a-t-il déclaré à l'occasion du saccage des plantes transgéniques de recherche expérimentale sur la mucoviscidose : « Les réactions obscurantistes qui sont suscitées à propos des OGM rappellent celles qui ont accueilli les grands progrès, comme les vaccins » (23 / 08 / 2001 - Le Monde). Guy Sorman a eu le courage de développer cette idée dans son ouvrage « le Progrès et ses ennemis » (Fayard, 2001). Même Jacques Chirac a déclaré « face à des besoins gigantesques, il serait contraire aux intérêts fondamentaux de l'humanité de s'interdire a priori d'adapter les caractéristiques de certaines espèces végétales, pour en rendre la production possible dans des régions arides ou des sols fragiles » (08 / 02 / 2001 - société Biovision, Lyon).

Une pétition a été lancée par un collectif de huit chercheurs (CNRS, INA, CIRAD, INRA, Biogemma, Université Paul Sabatier), le 3 septembre 2003, pour condamner les actes de destruction qui empêchent la progression du savoir, pour demander au gouvernement de prendre les mesures nécessaires pour permettre à la recherche végétale de remplir ses missions. Elle a déjà réuni 2100 scientifiques de tous horizons

A la suite de cette pétition et des inacceptables destructions de recherches contre la mucoviscidose, en vue du débat sur la levée du moratoire OGM en Europe, l'association « Liberté, j'écris ton nom », appelle à un rassemblement pacifique, le 2 novembre, sur le Champ de Mars, face à la porte de la Paix (près de l'Ecole militaire). Ce rassemblement aura un mot d'ordre simple : « Oui à la recherche sur les OGM, non à l'obscurantisme ».

Nous procéderons à la plantation en bacs de maïs transgéniques, et à la distribution de végétaux génétiquement modifiés aux participants. Ce sera la manifestation symbolique de notre attachement au progrès, à la raison, et donc, à la Liberté.