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Programme pour un président |
Discours de Laurent Muller, président de l'Association Européenne Cuba Libre, co-fondateur du Collectif Solidarité Cuba LIbre le samedi 24 avril 2004 au Trocadéro.Créé en mars 2003, le collectif "Solidarité Cuba Libre" regroupe plusieurs associations de droits de l'homme basées à Paris - dont certaines travaillant exclusivement sur Cuba - et de personnes physiques, toutes et tous indépendants des partis politiques. Sa création est la conséquence de l'exécution sommaire de 3 jeunes noirs qui tentèrent de quitter Cuba en détournant un ferry, sans effusion de sang, pour atteindre les côtes américaines. De même que chaque mardi, la liste des noms des 75 dissidents et de leurs peines de prison - jusqu'à 28 ans - sont lues à haute voix, avec le soutien des habitants du quartier. Laurent Muller, Association Européenne Cuba Libre Françoise Hostalier, ancien ministre, Action Droits de l'Homme William Navarette, Association pour la Troisième République Cubaine Marcela Rositer, Venezuela Futura Ce texte avait été préparé. Il n'a pas été lu, son auteur ayant préféré parler sans notes. Tous les thèmes ont été repris dans son discours. Mesdames, messieurs chers amis, Merci d'être venus nombreux pour cet événement « historique ». Je mets volontiers des guillemets à historique car vus les enjeux de cette manifestation et du combat pour la liberté à Cuba, nous devrions être au moins des milliers. Mais nous gardons espoirs. Il y a neuf ans, lorsque j'ai commencé ce combat nous étions à peine une demi douzaine et il y a un peu plus d'un an, mis à part quelques exceptions aucun homme politique ne s'intéressait ni de près ni de loin à ce qu'il se passait dans « l'île du Dr Castro ». Nous n'étions que quelques dizaines. Peu d'articles de presse, ou plutôt pas grand-chose. Aux articles politiquement flatteurs des années 60, 70 et 80 avait succédé un fonds réaliste décrivant la situation grave (et c'est un euphémisme) de l'île, occulté par des centaines d'articles et d'espaces publicitaires vantant qui le tourisme, qui les cigares, qui la musique cubaine. Comment pourrais je alors que ce mouvement prend de l'ampleur, ne pas me rappeler qu'il y a 4 années seulement, lorsque nous avions invité le groupe des plantados, un groupe d'anciens prisonniers ayant tous passé plus de 22 ans (jusqu'à 30ans pour un ancien compagnon de Castro, Mario, Chanes De Armas), aucun journalistes n'était présent. Seul Laurent Dominati, alors secrétaire général de DL nous avait tendu la main. La plupart des rédactions nous avaient fait savoir qu'à propos de Cuba, seul le passage du chanteur Compay Secundo les intéressait ! Heureusement avec le temps, les choses ont évolué et depuis 1 an le monde ne regarde plus Castro et son île avec les yeux de Chimène. Les 3 jeunes noirs exécutés après un procès sommaire et les 75 dissidents condamnés à des peines de prison démentielles réveillaient les consciences. Je ne peux que repenser à la phrase de Jack lang, (qui depuis quelques mois a aussi changé de bord), déclarant en mai 81 que « la France était passé de l'obscurité à la lumière », lui qui plus tard qualifiera le système d'éducation cubain « d'exemplaire, supérieur au système français ». La vague de répression faisait apparaître en pleine lumière la réalité du système cubain. Pourtant depuis 44 ans il sévissait et sans se cacher enfermait, torturait, exécutait et exilait sans relâche. Il y a un an, avec Françoise Hostalier, présidente de Actions Droit de l'Homme, William Navarette de l'Association pour la Troisième République Cubaine et beaucoup d'autres Français et Cubains, nous créions le collectif Solidarité Cuba Libre afin dans un premier temps de dénoncer les emprisonnements et les procès sommaires aboutissant à des peines de prison démentielles de dissidents. Nous lancions une campagne de parrainages par les députés de ces victimes du « printemps de Cuba » et nous commencions à organiser des rassemblements tous les mardis face à l'ambassade de Cuba. J'en profite pour vous appeler à nous soutenir et à venir quand vous le pouvez. Aujourd'hui, avec Liberté Chérie dont au nom du collectif, je remercie particulièrement Edouard Filias, Sabine Hérold et tous leurs amis comme Yves, Jocelyn et Hélène , nous commençons une nouvelle phase, celle de la mobilisation de nos concitoyens... Le monde politique, la presse connaissent désormais grâce au travail accompli dans les dernières années. Restent tous nos compatriotes qui partent chaque année en vacance à Cuba en ignorant tout de l'endroit ou ils mettent les pieds et surtout à quoi va servir leur argent. Je ne vous cache pas qu'un travail titanesque nous attend... Lorsque l'on met en perspective ce qu'il se passe à Cuba avec les incidents, les guerres sanglantes qui se produisent chaque jour dans le monde, on est en droit de minimiser et on a tout a fait le droit de considérer qu'aussi pénibles, injustes, tragiques, ignobles que soient ces 3 exécutions et ces condamnations des 75 dissidents, cela n'est rien en comparaison des 10 000 chinois exécutés chaque année ou des dizaines de milliers de Coréens qui meurent chaque année de famine ou dans des camps de travail. Néanmoins, le cas cubain a plusieurs spécificités qui rendent notre combat indispensable : 1) La longue complicité et la fausse image qu'il a su développer Jamais un dictateur qui a ruiné son pays, mis en esclavage son peuple, détruit une culture, exporté la guerre, utilisé des armes chimiques, trafiqué de la drogue à si grande échelle, trompé les investisseurs, menti, torturé, exécuté, ostracisé, exilé et éliminé jusqu'à ses amis les plus proches n'aura été aussi encensé. Malgré la réalité si terrible cet homme est apparu pendant longtemps comme un bienfaiteur. Et malgré les faits il y a toujours de nombreux idiots utiles qui sont prêts à encenser celui qui pourrait en quelques instants devenir leur bourreaux. En disant cela je pense aux innombrables intellectuels, artistes et hommes d'affaires qui après avoir encensé Castro ont été insultés, diffamés, ont vu leurs propriétés confisquées et se sont vu interdire de retourner à Cuba. Et je pense aussi à toutes les ONG promptes à dénoncer sélectivement les exactions de certains régimes mais gardant un silence total sur la situation cubaine. Il existe des exceptions, comme RSF ou l'Acat ou encore Amnesty, plus active depuis un an, mais qu'en est il de la FIDH, de SOS racisme ou encore du MRAP ? 2) La quantité de victimes Plus de 17 000 fusillés après des procès sommaires, des centaines de milliers de morts en essayant de fuir par tous les moyens le goulag tropical, des millions d'exilés, plus de 2,8 millions en comptant la seconde génération et aujourd'hui des milliers de prisonniers. Les estimations vont de 100 à 300 000 ! Et cela pour 11,5 millions d'habitants. En France pour 65 millions d'habitants nos prisons sont surpeuplées avec 65 000 prisonniers, jugés, eux , dans des conditions respectables : 1ère instance, appel, cassation, libre défense et contraction des avocats. Nous n'évoquerons pas les conditions de détention. Si en France celles-ci sont déplorables, imaginez à Cuba... De plus, Castro ne s'est pas limité à son île et en 45 ans bien des peuples ont eu à subir l'intervention qui des forces armées, qui des instructeurs politiques et autres « conseillers techniques ». Dans les années 80 on parlait de Cuba comme du pays le plus grand du monde, avec la capitale en Russie, l'économie en Suisse, le cimetière en Afrique, les camps d'entraînement en Amérique latine. Partout ou les castristes ont mis les pieds ils ont amené la guerre, la répression, l'assouvissement, rappelons nous de l'Angola ou de l'Ethiopie. Présents dans le Sinai lors de la guerre de Kippour ils étaient aussi en Irak lors de la première et la deuxième guerre du golfe. Dans les milieux exilés courent plus que des rumeurs sur les liens entre les deux régimes. 3) Les conséquences de notre inaction et de la complicité française. Grâce à l'argent, grâce à votre argent, contribuables français, le régime cubain a tenu pendant les années difficiles qui ont suivi la disparition de l'Union Soviétique. Les investissements étrangers financés par la Coface, les ventes à crédit octroyés par les banques françaises, le tourisme et la musique dont nous avons été les plus vaillants promoteurs, nous Français, ont permis à Castro de tenir. La plupart d'entre nous se rappellent de ce voyage de Castro à Paris embrassé par Mme Mitterrand sur le perron de l'Elysée, cette embrassade de la honte et de l'infamie qui a déshonoré notre pays. Mais attention, il ne faudrait surtout pas oublier que si ce combat pour les libertés n'est ni de droite ni de gauche, les alliés du régime se trouvent aussi bien à gauche qu'à droite. Rappelez vous lors de ce voyage en France, si Mme Mitterrand le reçoit à l'Elysée, c'est Philippe Seguin qui lui ouvre les portes de l'Assemblée Nationale et à ce moment, aucun député ne sort, comme cela a été fait il y a peu à l'occasion de la venue du président chinois. Quelle honte ! Castro passant revue notre garde républicaine quel cauchemar cela a été pour tous les Cubains, les réfugiés vivant en France, tous ceux qui avaient notre pays à cœur, les amoureux de la France éternelle, la France, patrie des droits de l'homme et de la culture de la liberté. Je parlais d'inaction, il s'agissait plutôt de complicité active. Et la dernière législature, celle du gouvernement Jospin, a été tout proprement scandaleuse avec un groupe d'amitié France Cuba des plus puissants, avec tous nos ministres communistes et M Hue partant apporter leur appui au régime. Je trouve cela d'ailleurs un peu facile de monter dans le wagon de queue pour condamner alors qu'ils ont une responsabilité directe dans les événements actuels. Car, oui, si l'embrassade de l'Elysée a été une honte, les Cubains, les dissidents, les simples trafiquants et à Cuba, tous les habitants doivent trafiquer pour survivre car avec 10 Euros par mois, même à Cuba on ne vit pas, ce qui est encore plus infâme est que ce soient que des voitures Peugeot et Renault qui soient utilisé par le G2 la Stasi Cubaine, que les bus de transport de l'armée cubaine soient nos bus verts de la RATP et qu'en échange cette même RATP dont les syndicalistes sont les premiers à brandir le poing dès qu'on évoque le fait que vue le déficit de leur entreprise ils pourraient peut être passer le cap des 30 heures et prendre leur retraite un peu après 45 ans car autant les locomotives à charbon pouvaient être éreintantes, autant des machines automatisées et climatisées ne provoquent pas les mêmes efforts physiques, que ces mêmes syndicalistes organisent des voyages en masse et appuient inconditionnellement un régime esclavagiste, cela est aussi tout proprement inacceptable. Nous avons cité Mme Mitterrand et l'embrassade de la honte, les ministres communistes, le groupe d'amitié France Cuba qui rassemble des politiques de chaque combat; mais comment ne pas citer nos amis amateurs de cigares, Monsieur Santini, notre ami Marc Blondel qui déclare en toute bonne foi « Je n'ai pas les moyens avec mon modeste salaire de fumer des cigares, ce sont mes camarades cubains qui me les offrent ». Lorsque sans entrer dans le détail, on imagine comment fonctionne le syndicat unique de Cuba, une courroie de transmission du PC donc de Castro lui-même, on peut sans hésiter traiter M Blondel de complice, et de collabo ou encore de salaud corrompu. Je ne vais pas les citer tous, mais une fois n'est pas coutume... Que n'a-t-on pas entendu comme âneries répétées par nos étoiles : Mouna Hayoub, la millardaire libanaise qui organise des défilés de mode à la Havane et qui déclare que si elle était ruinée elle partirait à Cuba, ou encore, Roger Hanin (n'est il pas le beau frère de quelqu'un que nous avons déjà cité) et puis Wolinski, ah Oui Wolinski, président de Cuba Si France, organisation de solidarité avec la révolution cubaine, très active à la fête de l'Huma avec le syndicat du livre CGT, surtout les battaillons rhoneotypistes qui rêvent ouvertement du « grand soir » et du goulag en plus grand. Il y a aussi Pierre Richard ou encore Nathalie Carmone, la chanteuse qui avait repris la chanson à la gloire d'un autre assassin, Che Guevara. La liste est longue mais je ne voudrais surtout pas que l'on pense que seuls des gens proches du PC, des compagnons de route du PC collaborent. Et si l'on peut être sûr d'une chose, et je vais me répéter, c'est qu'autant le combat pour les droits de l'homme et les liberté rassemble des personnes de droite et de gauche, et beaucoup de gauche, autant les partisans du régime se comptent aussi dans les 2 camps. Car aujourd'hui qui continue à avoir des liens étroits avec l'ambassade ? C'est monsieur Santini le créateur du groupe de parlementaires d'amateurs de cigares, c'est monsieur le Président du sénat qui finance avec ses fonds, ou plutôt ceux du sénat, l'association Cuba Coopération qui l'invite à Cuba et organise des soirées au palais du Luxembourg, c'est enfin M Eric Raoult, vice président de l'Assemblée Nationale qui reçoit un des plus terribles bouchers castristes, le ministre de l'intérieur Ramiro Valdes, grand épurateur des années 60 et qui déclare, c'était le 11 novembre dernier : « Il ne saurait y avoir de différence aujourd'hui entre les communistes et les gaullistes. Nous avons un ennemi commun : l'impérialisme américain » ! Ces paroles et ces actes seraient propres à nous faire hausser les épaules ou sourire par leur ridicule et leur mauvaise foi s'ils étaient sans conséquences. Hélas, ces conséquences sont graves et la France, par ses intellectuels a une énorme responsabilité dans le drame cubain. Dès 1960, ce sont Jean Paul Sartre et Simone de Beauvoir qui lancent les mythes castristes de l'éducation, de la santé et du sous développement, qui vont être diffusés comme paroles bibliques, comme vérités historiques et répétés jusqu'à satiété sans la moindre vérification. Aujourd'hui ce sont nos investisseurs qui même si ils sont moins actifs qui portent cette responsabilité collective d'avoir aidé un régime totalitaire aux abois à survivre au moment où il était ruiné et isolé. A cause d'eux, le régime a tenu. Non seulement il a tenu en renforçant son arsenal répressif mais pendant toute cette période il a marqué des points. Et ce ne sont pas nos amis Vénézuéliens qui me contrediront. Alors que Castro avait dû cesser ses activités terroristes en Amérique latine après la disparition de l'Union Soviétique il a pu grâce à ces bouffées d'oxygène que représentait cette coopération internationale développer ne stratégie moins violente et spectaculaire mais toute aussi sournoise et placer ses pions un peu partout en Amérique latine. Derrière la mise en place d'une dictature au Vénézuéla il y a Castro car sans l'aide de Castro il n'y a pas de Chavez, il n'y a pas de mise en place de structures de surveillance de la population comme les « comités bolivariens », il n'y a pas de réseaux internationaux pour les terroristes colombiens, basques, palestiniens. Il n'y a pas de Mugabé, il n'y a pas de déstabilisation croissante de toute l'Amérique Latine qui risque dans les prochaines années, et à l'initiative de Castro de sombrer à nouveau dans de graves conflits. Et aujourd'hui qui part au Vénézuéla appuyer Chavez, devinez ??? Mme Mitterrand, José Bové, Jean-Pierre Chevènnement et toute l'équipe du Monde diplomatique ! Etonnant, non ? Pour ces raisons faire tomber Castro est tout d'abord notre devoir de démocrates mais surtout de Français. C'est aussi une urgence. Car ce système de non droit continue chaque jour à faire des victimes, à avilir et réprimer les Cubains , à aider de nouvelles dictatures à se mettre en place, à armer les ennemis de la liberté... Comment y arriver. Par deux moyens, le premier est d'accentuer les pressions internationales, d'isoler et de dénoncer les crimes, de casser cette image de bon dictateur. Le second est d'aider les combattants de la liberté, les dissidents prisonniers ou non et leurs familles. Etre dissident à Cuba, c'est être un héros, un résistant, un combattant de la liberté, un combattant qui risque sa vie, sa santé, son intégrité physique et morale, car à Cuba se déclarer hostile au totalitarisme équivaut à offrir sa vie à sa patrie et à la cause de la liberté. L'histoire violente de la politique cubaine a été intégrée par tous ces hommes et il s'en trouve peu pour privilégier la lutte armée. Aujourd'hui leurs armes sont les livres, les cassettes, les photos de Ghandi, de Martin Luther King ou du Pape car ils sont tous d'accord pour dire plus jamais cela plus jamais de violence politique, plus de guérilla, plus de bains de sang. Ce qu'ils veulent c'est la liberté et la prospérité et non l'idéologie de mort que leur impose Fidel Castro. Ils savent que les Droits de l'Homme sont leur référence absolue, leur point commun, leur leit-motiv et que la violence appelle la violence. Mais ils veulent aussi la justice et que les criminels qui ont confisqués le pouvoir sans aucune légitimité démocratique soient jugés et châtiés en pleine lumière, aux yeux de toutes la planète. Car si le régime est dirigé par un groupe de criminels, c'est un homme seul qui a imposé sa propre volonté. Beaucoup de gens se demandent comment le régime tient. Toute l'explication repose sur un mot, un seul mot : la TERREUR. Et les principaux inspirateurs de Castro sont Hitler, Mussolini, Lénine et Staline, Franco et Ceaucescu. Sa force, son génie maléfique est d'avoir su capitaliser sur un siècle entier de totalitarismes. Castro s'inspire aussi bien du national socialisme allemand, des fascisme italien et espagnols que du stalinisme. Tous les crimes commis à Cuba le sont sur son ordre express, de toutes les exécutions judiciaires aux assassinats. Et en disant cela je me dois de mentionner le prochain triste anniversaire du massacre du remorqueur 13 de marzo (13 mars). Il y aura bientôt 10 ans, le 13 juillet, un remorqueur quittait la baie de La Havane pour les Etats-Unis avec à son bord quelques 70 personnes. Arraisonné par les gardes côtes il était délibérément coulé. 41 personnes dont une demi douzaine d'enfants devaient mourir. Des crimes comme celui-ci je pourrais en citer des dizaines mais un exemple, un seul exemple prouve le cynisme maléfique et criminel de cet homme et la duplicité des idiots utiles. Vous avez tous entendu parler de l'histoire du petit Elian Gonzalez, cet enfant parti de Cuba sur un radeau avec sa mère et d'autres boat people. Tous étaient morts et seul Elian avait miraculeusement survécu. Repêché par des marins américains, il avait été confié à un de ses oncles établis à Miami. Castro avait utilisé le père et manipulé la presse internationale. Les Castro avait déchaîné « le peuple combattant », organisant des manifestations « spontanées du peuple en colère » et dénoncé la sauvagerie des « mafieux exilés d'origine cubaine -car un exilé anticastriste ne peut être reconnu comme Cubain- qui empêchaient un enfant de retrouver son père ». J'en profite pour rappeler à tous ceux qui ont oublié cette histoire que le père d'Elian est aujourd'hui député, élu démocratiquement à la sauce cubaine. Un mois auparavant, un autre enfant et sa mère qui avaient eux aussi tenté de quitter Cuba pour rejoindre le mari et père avaient été arraisonnés par les gardes côtes cubains. L'enfant et la mère sont morts. L'ami de la mère qui était aussi du voyage est le seul survivant et a témoigné de l'assassinat de la mère et de son fils noyés devant les gardes côtes. Sous le choc, l'homme a été enfermé pendant des mois dans un hôpital psychiatrique. Après 45 ans de totalitarisme, la tâche à accomplir à Cuba afin de rétablir les libertés va être difficile. Et il va être difficile de faire disparaître l'auréole que s'est construite Castro afin de justifier son maintien au pouvoir pendant une si longue période avec une poigne d'acier et une propagande ahurissante et abrutissante. Il nous va falloir casser cette image de superhéros bon généreux et le faire tomber de son piedestal. Comme tous les tyrans, Fidel castro est un incapable qui génère le sang, les larmes et la ruine pour son peuple mais aussi un lâche qui n'a jamais osé se présenter à des élections démocratiques, qui fuit le débat et ne connait pour toute réponse aux accusations que l'insulte et le mensonge. C'est aussi un grand lâche et nous avons eu le plaisir, ici à paris, en février2003 de l'obliger à quitter l'hôtel Concorde Lafayette par la porte de service au lieu d'affronter la douzaine de ses opposants qui demandaient la liberté à Cuba et qui l'attendaient dans le hall. Nous ne souhaitons pas que la situation dégénère à Cuba. Mais nous ne pouvons oubier ces images d'un saddam Hussein pitoyable, ce tyran qui lui aussi avait été impitoyable, implorant les GI de ne pas le tuer, acceptant de se faire triturer les cheveux, de se faire inspecter les dents comme on le fait à un animal domestique. Personnellement je ne souhaite pas la mort violentede Castro. Je souhaite son procès devant une juridiction impartiale. Je souhaite un procès de Nuremberg cubain, je souhaite une inculpation pour vol, meurtres en série et exécutions sommaires, tortures ayant entrainné la mort et le handicap, déportations, trafic de drogue etc Mais ce que je souhaite plus que tout, c'est que ce mensonge, qu'est la sordide réalité du castrisme soit révélée au grand jour, que son image éveille dans l'inconscient collectif la mêmerépulsion que tous les autres tyrans, les Hitler et les Mussolini, ses maîtres à penser, les Saddam Hussein, les Stalin, les Polpot et Kim Il Sung. Oui, je souhaite que la statue du commandant s'effondre, cette statue symbolique, car l'exploitation du culte de la personnalité à Cuba est tellement sophistiquée que Castro n'a pas besoin de statue. La télévévision, d'état, la radio, d'état, la presse d'état, les organisations non gouvernementales et les associations, d'état, les écoles, d'état, les murs, d'état sont autant de supports pour son image qu'il n'a pas besoin de statue et qu'il a compris que ce serait un argument de taille pour démontrer que s'il n'y a pas de statue, il n'y a pas de culte de la personnalité. Enfin, avant de terminer, je voudrais revenir sur 4 points indispensables à ceux qui veulent comprendre la situation. 1) Cuba à l'arrivée de Castro est un pays riche, suffisemment riche pour qu'il y ait 4 chaines de télévisio et une expérimentale en couleur. Castro a ruiné son pays par un modèle économique qui n'a jamais fonctionné nulle part 2) A son arrivée, le taux d'alphabétisation est de plus de 78%. Le mythe de l'éducation gratuite pour tous n'est qu'un mythe. Dans un pays ou la presse indépendante du parti est interdite, ou même l'Eglise n'a pas eu pendant très longtemps le droit de produire des bulletins paroissiaux, vous pouvez imaginer la qualité de l'éducation 3) Si dans un pays comme la France, la Sécurité pour tous est extrêmemnt difficile à gérer, imaginez ce que cela doit être dans un pays ou il n'y a plus aucun moyen. Depuis toujours la santé a été un instrument de propgande. Aujourd'hui Castro exporte des médecins. 4) Il n'y a pas d'embargo...La propagande depuis la disparition del'URSS et de ses subsides responsabilise les Etats Unis pour un supposé blocus et responsabilise les Américains de tous les échecs du régime. Il n'y a que des sanctions commerciales limitées et surtout une interdiction pour les citoyens des Etats Unis de se rendre dans l'île pour y faire du tourisme. Je pourrais parler longtemps de ce sujet, qui est un des éléments centraux de la justification de la dictature, mais quel est cet embargo, quel est ce blocus qui permet à Cuba d'échanger avec le monde entier, qui permet à plus de 2 millions de touristes de toutes les nationalités de visiter l'île chaque année, et surtout qui depuis quelques années fait des Etats Unis le premier founisseur en aliments et en aide humanitaire de Cuba? Je vais maintenant terminer mon intervention en évoquant l'importance du travail que nous accomplissons ici, en France en faveur de la liberté de Cuba. Il s'agit d'un travail non seulement de solidarité avec des victimes d'un régime totalitaire, mais aussi d'un engagement général en faveur des libertés, de la démocratie. Ce qu'il se passe à Cuba nous est déjà arrivé et pourrait à nouveau se produire en cas de crise grave. J'ai cité tout à l'heure différrents pays où a sévi Fidel Castro, mais je voudrais revenir sur le cas du Vénézuéla, dont plusieurs ressortissants sont ici présents avec nous non seulement aujourd'hui au Trocadéro, mais aussi le mardi à l'ambassade. Ils ont compris que Sans Castro il ne peut pas y avoir de dictature populo-communiste au Vénézuéla, que sans Castro, il n'y a plus de narco guerilla en Colombie, sans Castro il n'y a plus de risques majeurs de déstabilisation de tout le continent sud américain, de l'Amérique centrale et des Caraibes. Castro a poussé et pousse au conflit. Le rêve de créer, comme disait un autre assassin mythifié par Castro, Che Guevara, de créer “un deux, trois Vietnam” n'a jamais été abandonné et pourraient très bien se reproduire, créant une onde de choc qui affaibirait non seulement les Etats Unis puisque ce sont le Etats Unis qui sont les premiers visés mais aussi tout le monde libre. Il nous faut donc continuer à informer nos compatriotes afin qu'ils cessent de remplir les caisses de castro. Mais nous ne devons jamais perdre des yeux nos objectifs concrets à court terme, qui concernent directement l'aide aux résistants. Car il faut joindre aux pressions internationales l'aide vitale aux résistants et aux dissidents de l'intérieur de l'île. Harcelés, humiliés, rançonnés, emprisonnés, des milliers de Cubains sont chaque jour victimes directes de ce régime pour exprimer leur mécontentement face à la dégradation continuelle des conditions de vie, face au manque de réaction de la dictature de trouver des solutions à leurs problèmes économiques, sociaux et politiques. Nous devons les aider. Nous devons envoyer de l argent, des livres sur la démocratie, organiser des voyages afin de les aider à effectuer le plus rapidement et le plus effectivement possible la conquête d'un pouvoir devenu démocratique. L'histoire, et surtout l'actualité des dernières années avec l'effondrement du bloc de l'Est, les interventions en Haïti, en Ethiopie ou en Irak nous démontre que la démocratie peut se décréter mais que dans les faits elle ne s'improvise pas. Il faut donc préparer les acteurs de la liberté à agir à la lumière de nos expériences afin d'éviter les obstacles qui ne manqueront pas de se dresser devant eux, à commencer par la tentative de se perpétuer au pouvoir et de développer très rapidement un système de clientélisme et de corruption ralentissant la croissance et concentrant les pouvoirs économiques et politiques entre les mains de personnes souvent peu scrupuleuses et indifférents à la Res Publica, à la « chose publique », à la liberté et à la prospérité de leurs compatriotes. Les bases existent et la société civile est en train de se reconstruire. Il existe aujourd'hui à Cuba des centaines d'organisations souvent éphémères, souvent minuscules qui participent à ce mouvement. Les bibliothécaires, journalistes, médecins, syndicalistes, avocats, paysans indépendants travaillent dans ce sens et nous devons absolument les aider à croître, à mûrir, à apprendre, à vaincre la censure car si il existe un embargo américain, il existe surtout un blocus de l'information. Aujourd'hui, à Cuba la dissidence est autrement plus nombreuse et active qu'à n'importe quel moment dans les pays de l'Est. Elle est le véritable espoir de ce pays et doit être encouragée. Enfin, je voudrais terminer en remerciant à nouveau toute l'équipe de Liberté Chérie pour cette initiative de rassemblement et pour cette collecte que nous lançons aujourd'hui auprès des Français afin d'aider directement les opposants, les dissidents, les prisonniers et leurs familles, pour cette initiative de demander à nos compatriotes de devenir les acteurs de ce combat pour la liberté, contre le terrorisme, le fanatisme, et la dictature. Merci encore à tous d'être venus. Je vous donne rendez vous mardi prochain devant l'ambassade de Cuba, à 18 heures, à l'angle des rues de Presles et de la Fédération, dans le XVème arrondissement. Ce combat continue et il durera jusqu'à ce que sordide personnage soit tombé et qu'il se soit retrouvé à sa place à La Haye devant le tribunal pénal international à répondre de ses crimes, suivant ainsi d'autres misérables dictateurs comme Milosevic ou Saddam. Viva Cuba Libre, Vive la France !
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