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![]() Contrôle fiscal. Le piège. Comment faire changer l'administration fiscale ?
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Michael Badnarik a une particularité bien sympathique : il cite, à l'occasion, Frédéric Bastiat dans ses discours. Il a, malheureusement, un handicap : un déficit de notoriété certain vis-à-vis de ses adversaires dans la campagne présidentielle américaine, George Bush et John Kerry. Monopolisant aujourd'hui l'attention des médias, les deux protagonistes-vedettes totaliseront le 2 novembre prochain environ 95% des suffrages des citoyens américains, système bipartite et modalités électorales obligent. Les « third-parties » se disputeront les quelques points « abandonnés » par les géants Démocrates et Républicains. Parmi les principaux outsiders, courrant pour l'honneur, l'anti-mondialiste indépendant Ralph Nader (bête noire des Démocrates depuis son relatif succès il y a quatre ans, peut-être en partie responsable de la défaite d'Al Gore), l'écologiste David Cobb, l'ultra-conservateur protectionniste Michael Peroutka et, last but not least, Michael Badnarik, dont c'est la première candidature à la Maison Blanche. L'admirateur de Bastiat porte les couleurs d'un parti authentiquement libéral, le Libertarian Party, fondé en 1971. Fort de six cents élus locaux (plus que tous les autres partis minoritaires réunis) et seul parti politique - en sus des deux « grands » - à être parvenu à présenter son candidat officiel dans tous les Etats lors des trois derniers scrutins présidentiels, le Parti Libertarien est aujourd'hui reconnu comme le plus important des « petits partis ». M.Badnarik ne sera pas président des Etats-Unis durant les quatre années à venir. C'est terriblement dommage car le programme qu'il s'applique à développer est des plus séduisants : la démonstration brillante que les principes libéraux peuvent être traduits en un projet politique crédible et cohérent. La « plate-forme nationale » du Parti Libertarien, que son candidat officiel a, en tous points, adoptée pour programme est l'application pure et simple de la philosophie libérale aux divers aspects de la vie politique, économique ou sociale. Liberté et responsabilité individuelles constituent le socle idéologique inébranlable du candidat Badnarik, sur lequel s'articulent tous les points de son projet, couvrant très largement le champ politique. Le respect inconditionnel des droits individuels est tout autant le moyen d'atteindre les objectifs défendus avec ardeur par le candidat libéral, qu'il est la finalité de son combat. Un gouvernement limité, respectueux du droit de chacun, dans une société libre composée d'individus responsables : telle est la vision politique du Parti Libertarien. La déclinaison concrète des principes de la philosophie libérale constitue un ensemble programmatique ambitieux appelant une longue série de réformes profondes. Liberté migratoire et abolition des quotas d'immigration, indépendance totale des établissements scolaires, élimination des aides publiques aux entreprises et de toute forme de subvention à l'industrie ou à l'agriculture, dépénalisation des drogues à commencer par la majijuana d'usage médical, application d'une politique écologique juste et efficace fondée sur les droits de propriété, baisse massive des prélèvements obligatoires et sévère rigueur budgétaire, droit - constitutionnel - de posséder une arme, déréglementation du marché du travail, non-intervention dans les affaires intérieures d'un pays étranger et désengagement, en conséquence, des troupes américaines en Irak, diminution drastique de l'aide sociale publique et incitation fiscale à la charité privée, suppression de toute barrière douanière, développement du libre-échange et fin des monopoles réels, c'est-à-dire bénéficiant de l'aide et de la protection publique ... De la privatisation du contrat de mariage - gay ou non ! - à la lutte contre les restrictions de liberté post 11-Septembre, la plate-forme aborde en détail toutes les positions essentielles qui intéressent le débat politique contemporain. Pour faire rimer libéralisme avec réalisme, chaque point est assorti d'une courte série de mesures transitoires urgentes visant à progresser rapidement vers l'objectif final s'il ne peut être atteint immédiatement. Au total, un vaste projet global au service d'une cause unique : la défense radicale de la liberté individuelle. M.Badnarik sait qu'il ne déménagera pas à la Maison Blanche dans quelques mois. Pourtant il mène activement campagne, ce qui est déjà une excellente chose en soi : la tribune qui lui est offerte pour quelques semaines encore est certes sans commune mesure avec celle de MM.Bush et Kerry mais c'est une opportunité que les libéraux du Parti Libertarien auraient bien tort de ne pas saisir. A trois titres, cette présence médiatique est salutaire pour l'avancée des idées qu'ils portent. Avant tout, elle permet la diffusion, auprès d'une société civile américaine trop familière du traditionnel duel idéologique opposant social-démocratie et conservatisme, des grands principes d'une politique libérale authentique et cohérente. Une large compréhension de ces grands principes est évidemment le prélude indispensable à l'acceptation des réformes et des évolutions politiques qu'ils pourront, et devront, inspirer à l'avenir. Ensuite, la campagne présidentielle est certainement un soutien précieux pour les centaines d'élus et de représentants locaux qui voient dans l'engagement national de leur candidat officiel un encouragement à poursuivre leurs efforts de terrain, au service de la même cause. La mise en lumière, au cours de la campagne, des propositions du Parti Libertarien est un atout pour les candidats de ce parti à toutes les élections futures, qui trouveront ainsi un auditoire plus averti et sans aucun doute plus ouvert à leur discours. Enfin, l'efficacité du combat électoral proprement dit, pourtant perdu d'avance sur le papier, n'est peut-être pas insignifiante. Les Démocrates ont été traumatisés par les conséquences, il y a quatre ans, de l'engouement d'une partie non négligeable des américains pour les idées de Ralph Nader, qui a probablement « détourné », à son profit, une partie de « leur » électorat naturel . Ils ont cette fois-ci tout mis en œuvre pour lui barrer la route et limiter son pouvoir de nuisance (résultat, il est à ce jour assuré d'être présent - on the ballot - dans la moitié des Etats seulement). Mais il ne fait aucun doute que le parti de John Kerry a dû tirer les leçons de cette défaite en adoptant, plus ou moins ouvertement, une partie des idées de M.Nader afin de ramener à la maison les électeurs « égarés » qui leur ont fait défaut en 2000. Un article récent du Washington Times relatait les craintes de l'équipe républicaine face à la menace similaire de désaffection d'une partie de « leur » électorat (minime peut-être mais toujours précieuse dans une élection qui s'annonce serrée) séduite par le candidat Badnarik. Ainsi n'est-il pas interdit d'espérer un certain pouvoir d'influence « forcée » des thèses du Parti Libertarien sur un George Bush jusqu'à présent bien plus libéral dans l'esprit de ses détracteurs que dans celui de sa politique, dans ses promesses que dans les réalisations de son mandat qui s'achève, marqué notamment par un déficit budgétaire record, des tentatives protectionnistes inquiétantes et des positions très conservatrices sur quelques grands thèmes de société. Ainsi, une élection perdue n'est pas nécessairement synonyme de défaite et une campagne électorale courageusement menée peut prendre la saveur d'une victoire si elle contribue à faire fructifier les idées de celui qui les porte. L'engagement de Michael Badnarik en faveur des droits individuels est de ces combats utiles qui feront - discrètement mais sûrement - gagner un petit bout de terrain politique aux idées libérales. Site consultable sur http://www.badnarik.org/
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