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![]() Pourquoi la propriété ?
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La France n'est pas les Etats-Unis et les Français ne sont décidemment pas les Américains. Les élections, aux résultats sans doute définitifs, semblent venir une fois encore de le démontrer. Les Français, parmi tous les pays du monde, sont parmi ceux qui avaient exprimé le plus massivement (près de trois Français sur quatre) leur préférence envers le candidat John Kerry. Hier, les Américains ont voté. Et, preuve supplémentaire du mépris bien connu que nos cousins d'Amérique vouent au reste du monde en général et à la France en particulier, ils n'ont tenu compte ni de notre opinion ni de nos mises en garde éclairées. Ces malheureux ont voté massivement et ont élu l'ignare George W. Bush. Incompréhensible. Que n'ont-ils pas suivi nos sages recommandations ? Il est de notoriété publique chez nous que celui qu'ils viennent de réélire est d'une intelligence toute limitée. Le pauvre homme n'a, paraît-il, jamais atteint les sommets intellectuels auxquels John Kerry, homme raffiné, semble pouvoir prétendre et a dû se contenter de deux diplômes d'université à la mesure de ses capacités. Yale et Harvard. Tout le monde n'a pas, c'est vrai, la chance d'être issu de notre prestigieuse ENA !... Si les Américains ne l'ont pas élu pour la hauteur de sa pensée, c'est donc probablement parce qu'ils estiment qu'ils seront plus en sécurité si George W. Bush reste à la Maison-Blanche quatre ans de plus. Et qu'avec eux, le monde sera plus en sécurité. Ce n'est de toute évidence pas l'avis de la France, qui le répète depuis près de deux ans et qui en veut pour preuve irréfutable les difficultés irakiennes d'aujourd'hui. Divergence de vue fondamentale entre les partisans d'une guerre dirigée contre des régimes pro-terroristes et criminels et ses opposants, second camp auquel une majorité de Français appartient. Différence de courage aussi : entre des peuples et des gouvernements qui reculent devant la menace en pliant et un peuple qui soutient son gouvernement parce qu'il croit en la justice de son action internationale, qu'elles qu'en soient la difficulté et les douloureuses conséquences actuelles. L'Amérique n'est pas l'Espagne. Sécurité, soit, mais comment avoir pu réélire un président au bilan économique si désastreux aux yeux de nos experts nationaux ? Loin d'être un modèle libéral et un exemple du genre, la politique économique de George W. Bush n'a pas entraîné la catastrophe économique que l'on se plaît à décrire depuis notre paradis économique français. Certes le déficit s'est gravement creusé sous sa présidence mais comment John Kerry et son programme social hypertrophié auraient-ils pu prétendre le ramener à l'équilibre avec plus de succès ? Et ces cris d'épouvante français devant le déficit américain n'ont-ils pas un petit air ridicule quand ils sont poussés par ceux qui ne s'offusquent nullement que la France fête cette année son trentième anniversaire ( !) de déficit budgétaire ? Trois Français sur quatre souhaitaient le départ de Bush. Chez nos élites intellectuelles et politiques, le choix était encore plus marqué et en dehors de quelques voix isolées, comme apeurées, l'immense majorité clamait haut et fort son désir de voir George W. Bush disparaître. Ces positions officielles médiatiques auront un impact négatif sur les relations franco-américaines. Comment croire que les rapports officiels entre nos deux pays ne pâtiront pas du soutien que « nous » avons ostensiblement affiché pour le candidat battu ? Plus que jamais, la France s'enracine dans ce club très fermé de ceux qui, aux yeux des Etats-Unis, forment la « vieille Europe ». Nous pouvons nous en moquer. Nous devrions probablement nous en inquiéter. L'anti-américanisme, fruit de la désinformation, risque fort de sortir grand vainqueur de ces élections de ce côté-ci de l'Atlantique. Il n'en n'avait pourtant nul besoin… Ceux qui conspuent la politique de George W. Bush auront la parole quatre ans de plus. Nous n'aurons pas d'autre choix que les écouter nous décrire un pays dangereux sur le plan international, hégémonique, un enfer social à l'économie déclinante dirigé par un fou de Dieu benêt. Ces mensonges renforceront l'image négative des Etats-Unis que partagent beaucoup de Français et risquent fort de creuser un peu plus le fossé idéologique qui sépare « l'opinion publique française » et la société américaine. Les Français ont « voté » contre celui qui a été élu par les Américains. Tant pis pour nous. Tant mieux pour eux.
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