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Demain le capitalisme |
Trente mille emplois créés par-ci, cent cinquante mille créés par-là, certes quelques milliers d'autres délocalisés en Asie, mais toujours un taux de chômage qui oscille bon an mal an entre 4 et 5,5% depuis plus de vingt années ; les USA prospèrent quand les économies européennes affichent toujours plus de 9% de chômeurs (officiellement) et la France 10% au moins (officiellement), alors qu'elle n'a pas l'excuse d'une réunification !Certes, ces emplois sont pour certains des ‘'petits boulots'', et nombre de sans-emploi français sont mieux lotis que certains travailleurs américains, lorsqu'on tient compte des innombrables versements sociaux. Du moins au départ, car il s'avère que les petits boulots se transforment à terme, pour la plupart de ceux qui ont acquis une expérience professionnelle et le goût de la mobilité, en vrais emplois, solides, qui permettent de faire carrière…comme on disait sous Pompidou ! Quoi qu'il en soit, les USA – avec des prélèvements obligatoires réduits – démontrent à ceux qui en douteraient encore qu'une grande liberté d'entreprendre (et de réussir) crée richesse et emplois au profit du plus grand nombre, chez eux, mais aussi sur une bonne partie de la planète. Ils nous indiquent au travers des statistiques économiques irréfutables, saison après saison, le long, très long chemin qu'il nous reste à parcourir dans la voie de la réforme. Abandon des privilèges et autres avantages faussement acquis, éducation des jeunes aux notions entrepreneuriales, apprentissage de l'anglais, véritable réforme de la Sécurité Sociale et mise en concurrence avec le secteur privé, etc…vaste est le programme, nombreux sont les sujets. La réforme profonde de la protection sociale, la baisse des impôts et charges tant attendue par les entreprenants doivent être engagées d'une façon significative. Et sans attendre. C'est le seul scénario pour sortir l'économie française de sa torpeur chronique. A force de temporiser, il y a risque majeur de laisser passer une fois encore le train de la reprise économique, même si les coûts de l'énergie et de l'euro entravent le processus. C'est toujours contraint que je secteur privé français a suivi le rythme imposé par l'internationalisation de l'économie et du développement des échanges commerciaux. Selon la Direction Générale des Impôts, la France compte 2 880 776 contribuables ‘'indépendants'', industriels, commerçants, artisans, agriculteurs, professionnels libéraux. On ne peut s'empêcher de rapprocher ce chiffre de celui des sans emplois (2 700 000 environ). Et aussitôt d'en conclure que si l'Etat omniprésent et omnipotent, par un tour de passe-passe magique, permettait à tous ces entreprenants – moteurs de notre douce France – d'embaucher chacun, tantôt un vendeur, tantôt un apprenti, tantôt une femme de ménage, tantôt une secrétaire, tantôt un collaborateur, tantôt une réceptionniste, nous assisterions ainsi avec la réduction de moitié du chômage, à la quasi-disparition des problèmes posés à notre société, c'est à dire le financement de la solidarité et des retraites, l'insécurité, la morosité ambiante et la crise d'identité, la faiblesse des investissements, le divorce politique notamment. Peut-on raisonnablement penser que libérer les initiatives conduirait à s'écarter des critères de gouvernance européens et de la fameuse barre de 3% des déficits publics ? Au contraire, les caisses de l'Etat se gonfleraient alors d'énormes recettes fiscales nouvelles, le boum de la consommation ferait décoller le taux de croissance. Au diable l'accroissement du déficit commercial généré par une rentrée massive de produits étrangers, les ‘'clignotants'' resteraient durablement au vert. Concrètement ce tour de passe-passe ne pourrait-il être la chute brutale des prélèvements obligatoires ? Ne peut-on pas supprimer purement et simplement la moitié des taxes, droits, cotisations et impôts qui stérilisent les initiatives. La France est dit-on un pays riche. Peut-être, mais beaucoup de nos concitoyens le sont de moins en moins, alors qu'ils souhaiteraient l'être de plus en plus, en travaillant, et souvent sans compter les heures, ni chercher à s'expatrier ! L'impôt tue l'impôt, c'est connu, donc l'économie et le moral des français. Raisonnement simpliste ? Pas sûr ! Et il est certain en revanche que chacun des 2 880 776 indépendants et les milliers d'autres qui ambitionnent de les rejoindre – 30% de nos concitoyens disent les sondeurs - le tiennent régulièrement, en s'étonnant que sa logique n'entraîne pas l'adhésion immédiate de nos gouvernants et prétendants. Docteur Bernard Broustine Liberté Chérie Auvergne
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