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A l'appel des associations La France qui bosse ! Liberté, j'écris ton nom ou Ensemble responsables
Raffarin écrit aux Français pour "dire la vérité" sur les retraites
Des milliers de manifestants à Paris contre les grèves
Plusieurs milliers de personnes manifestent à Paris contre les grèves dans les transports
Chirac : le discours de la réforme
Le "peuple de droite" hue le service public
TF1 annonce notre contre-manifestation du 15 juin 2003!
15 juin 2003 : 3 ans déjà !
Les partisans de la réforme lancent leur contre-manifestation
Rassemblement "contre le blocage"
Des milliers de manifestants à Paris contre le blocage des transports et des facs
Des milliers de manifestants à Paris contre le blocage des transports et des facs
Demain le capitalisme
par henri Lepage
Résumé:
La crise que nous vivons n'est pas celle du capitalisme, mais celle de
l'...
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Grèves et manifestations, le grand retournement
le 20/06/03
par Gérard Gachet
Source : Valeurs Actuelles Jean-Pierre Raffarin a tenu son calendrier.La contestation s'essouffle et les partisans de la réforme des retraites se mobilisent. Reste à boucler le débat parlementaire.
Rivé à son portable, Guillaume s'époumone : « Mais si, venez ! C'est incroyable, on est des milliers ! Peut-être même des dizaines de milliers ! » Autour de lui, ils sont très nombreux à rameuter ainsi amis et relations, à tel point que les réseaux parisiens de téléphonie mobile seront saturés à deux reprises dans l'après-midi. Et le plus étonnant est que Guillaume n'exagère pas: la premièregrande manifestation destinée à sou-tenir la réforme des retraites et à protester contre les grèves incessantes connaît un succès inespéré.
En ce caniculaire dimanche 15 juin, ils ne sont, au départ, que quelques centaines rassemblés place du Châtelet, point de ralliement. Puis la foule enfle, déborde par l'avenue Victoria, investit la place de l'Hôtel-de-Ville. Les organisateurs sont débordés: pas de service d'ordre, une sonorisation in-suffisante pour diffuser consignes et slogans. A tel point que c'est la préfecture de police, pour écouler ce flot de manifestants toujours plus important, qui décide de fermer à la circulation automobile la rue de Rivoli, et de permettre au cortège, qui regroupe effectivement plusieurs dizaines de milliers de personnes, de défiler jusqu'à la place de la Concorde avant de se disperser dans le calme.
Même les médias, souvent mis en cause par les manifestants pour leur partialité, souligneront dans leurs éditions du soir ou du lendemain matin l'étonnant succès d'une initiative qui semblait au départ bien isolée.
Cette manifestation n'aura ressemblé à aucune autre, et surtout pas à celles qui battent le pavé depuis plusieurs semaines. Étudiants, petits patrons, profs non grévistes, commerçants, ce sont visiblement des néophytes qui la composent. Ils ont été informés par téléphone, par Internet, par le bouche à oreille; ils n'ont pas de banderoles, mais des petites pancartes hâtivement écrites à la main. Les mots d'ordre sentent bon l'improvisation : "Raffarin tiens bon", "Public, privé, égalité", "Blondel, Thibault, la réforme est dans la rue"... Les organisateurs sont tout aussi in-expérimentés : des associations comme Liberté, j'écris ton nom, La France qui bosse ou le Collectif pour la réforme des retraites n'ont que quelques semaines d'existence, et les noms de leurs jeunes responsables — Martin Tronquit, Sabine Herold, Jean Martinez ou Bénédicte Michon— sont encore inconnus du public. Nombre de ceux qui défilent déplorent d'ailleurs le silence et l'inaction de l'UMP, dont seuls deux élus, Pierre Lellouche et Bernard Carayon, sont remarqués. « A quoi ça sert d'avoir fait un grand parti, fulmine Julie, étudiante en droit, s'il est incapable de faire aussi en-tendre notre voix dans la rue? »
Quoi qu'il en soit, le succès de ce rassemblement est venu symbolique-ment clore une semaine qui aura sans doute été, pour la majorité, celle du grand retournement. Mardi 10 juin, Jean-Pierre Raffarin et François Fillon ouvraient à l'Assemblée nationale le débat sur la réforme des retraites, respectant ainsi scrupuleusement le calendrier qu'ils s'étaient fixé. Un résultat somme toute obtenu au prix de concessions mineures: le report à l'automne de la décentralisation du personnel non enseignant, la promesse que cette décentralisation ne concernerait pas les conseillers d'orientation et les médecins scolaires, et, en ce qui concerne les retraites, le maintien dans la fonction publique du calcul des pensions sur les six derniers mois d'activité (au lieu de trois ans dans le texte initial, et vingt-cinq ans dans le secteur privé).
Certes, la discussion parlementaire s'annonce comme un véritable marathon, l'opposition socialo-communiste ayant déposé près de 10000 amendements, et le gouvernement ne souhaitant pas faire usage du 49-3. Mais le ministre des Affaires sociales a déclaré avec une pointe d'ironie qu'il avait « tout l'été devant lui le président de l'UMP, Alain Juppé, affirmant même que la ré-forme « devrait pouvoir être votée avant le 14 juillet ». Un texte que le premier ministre a décidé d'expliquer et de défendre en écrivant personnellement aux vingt-six millions de foyers français, ce qui a naturellement déclenché la colère de la gauche.
Mais une crainte pouvait légitime-ment se faire jour: que ces longues semaines ponctuées par les journées d'action, les grèves, les embouteillages, lesdéfilés syndicaux et les menaces sur les examens aient émoussé la volonté ré-formatrice du gouvernement, qui y regarderait à deux fois avant de mettre en chantier une autre réforme sociale d'importance. Or deux annonces faites le même jour, le jeudi 12 juin, venaient dissiper cette inquiétude.
Mettre en place un service minimum
C'est d'abord Jean-Pierre Raffarin qui, devant les petits patrons de la CGPME réunis en journée nationale à Paris, réaffirmait son intention de mettre sur pied, en particulier dans les trans-ports publics et à la Poste, un service minimum en cas de grève. « Vous connaissez les engagements du gouvernement, vous avez entendu mes ministres, a-t-il déclaré. Je veille à ce que le climat social dans notre pays reste le meilleur possible, mais je confirme les engagements. » En ce qui concerne Air France, la SNCF et la RATP, cette réforme a d'ores et déjà été confiée à Dominique Bussereau, secrétaire d'État aux Transports.
Mais c'est le discours prononcé ce même jeudi par Jacques Chirac qui a le plus frappé l'opinion. S'exprimant àToulouse devant le 37e congrès de la Mutualité française, le chef de l'Etat a annoncé l'ouverture d'un nouveau grand chantier: celui de l'assurance maladie(lire page 29 l'article de David Victoroff). Tout en proclamant que sur le dossier des retraites «il ne saurait y avoir ni vainqueur ni vaincu» car « c'est la nation ras-semblée qui gagnera », le président de la République a fixé pour la réforme de la "Sécu" un délai, douze mois, et un objectif: « Instituer une nouvelle architecture de responsabilités engageant tous les acteurs, assurés sociaux, professionnels et établissements de santé, assurance maladie et opérateurs de la couverture maladie complémentaire. Une réforme qui, il le sait, comporte davantage encore de risques sociaux et politiques que celle des retraites.
Jacques Chirac et le gouvernement peuvent toutefois estimer que le moment est au contraire venu d'appuyer sur l'accélérateur du changement. La contestation syndicale s'essouffle, comme devait encore le montrer la nouvelle journée d'action du jeudi 19 juin; l'opposition politique est incapable d'incarner une alternance crédible, comme l'ont prouvé les divergences au sein du parti socialiste et les critiques acerbes de la gauche moderne envers François Hollande ; en-fin, et surtout, le "peuple de droite" s'impatiente de voir mises en ceuvre les réformes pour lesquelles il a donné une majorité à Jacques Chirac à la présidentielle et à l'UMP aux législatives, comme l'a révélé avec éclat la manifestation du dimanche 15 juin.
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