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Pourquoi une voie libérale fait-elle cruellement défaut ? Le rôle de Liberté Chérie dans le paysage politique.
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Assemblée Générale 2005 de Liberté Chérie : tous les textes.

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La couleur de la liberté, aujourd'hui en France comme hier en Ukraine, sera le Orange !

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Pourquoi une voie libérale fait-elle cruellement défaut ? Le rôle de Liberté Chérie dans le paysage politique.

le 20/03/05
Résumé de l'intervention d'Edouard Fillias, Président de Liberté Chérie, le 27 février 2005 à l'assemblée générale de l'association

Liberté Chérie est un mouvement d'action. Nos comités, nos adhérents, militent pour diffuser auprès de l'opinion les positions libérales. Nous concevons les arguments et les campagnes qui donnent du souffle à nos idées. Nous demandons, dans la rue, sur les plateaux, dans les colonnes des journaux, une société plus juste, plus libre, moins dépendante du joug de l'Etat.
Nous avons bien œuvré cette année en faveur de cet objectif. Il faut remercier les équipes militantes, les comités locaux, les responsables de notre mouvement, qui sont les artisans de ce développement. C'est leur volonté, leur détermination, qui a fait la différence. C'est leur capacité à s'organiser avec rigueur, à se désigner des objectifs, qui nous a permis d'avancer.

Dans les circonstances critiques que connaît le pays, marquées par les affaires politiques, les blocages sociaux à répétition, l'improbable croissance et le fort chômage, dans le contexte de ce « déclin français », douloureusement stigmatisé par les observateurs, nous sommes un mouvement chargé d'espoir. Liberté Chérie est une graine du changement, parmi d'autres à venir, toujours plus nombreuses. Elle prépare la transition vers une autre France. Une France qui laisse une place authentique au choix individuel en matière de santé, d'éducation, de retraites. Une France qui libère l'entrepreneur et donne du travail aux chômeurs. Une France qui remettrait l'Etat au service de ses contribuables, et non l'inverse.

Liberté Chérie, en s'interrogeant sur les blocages de notre société, avec parfois la naïveté de la jeunesse qui caractérise notre mouvement, contribue à l'amélioration de la situation que nous connaissons. En désignant les troubles, en s'interrogeant sur leurs causes, nous marquons des points, des sympathies dans l'opinion. Nous préparons le changement.

Dans l'opinion, notre voix rencontre un écho. Nous ne sommes pas isolés. Ils sont nombreux ceux qui nous soutiennent, ceux qui nous suivent. Des journalistes, intellectuels, hommes d'entreprises, mais aussi quelques rares hommes politiques, comptent parmi nos compagnons de route. Nous n'avons pas laissé orpheline l'assemblée de 80 000 personnes réunies, place de la Concorde, le 15 juin 2003, sur notre message de résistance aux blocages. Nous avons construit pour elle une organisation capable de porter sa voix.

Aujourd'hui, nous souhaitons ardemment des réformes. Nous attendons de la classe politique, du gouvernement, qu'ils les mettent en œuvre. Nous attendons probablement pour rien. En effet, depuis 1995, rien n'indique que le Président soit animé d'une volonté de réformer le « projet » de la société française. Ce projet reste inspirée par l'après-guerre et la reconstruction, puis par le socialisme. Il reste désespérément jacobin. Rien n'indique que les gouvernements du Président, de Juppé à Raffarin, aient même songé à préparer le passage d'une société fondée sur la décision collective, animée et mue par l'Etat et ses corps décentralisés, à une société fondée sur le libre arbitre individuel et l'autonomie de la société civile. Les réformes mises en œuvre sont au pire des mensonges faits à la mauvaise conscience de la classe politique, au mieux des petits pas inconséquents.

On les brocarde sous de grands noms, pour plaire à l'opinion réformatrice : réforme de l'Education, des retraites. Mais derrière les déclarations, les textes de loi se contentent d'ajuster simplement, jamais de revoir la philosophie de systèmes collectifs en perdition.

Pour réformer la France, il faut de nouveaux hommes politiques. Ces nouveaux hommes politiques seront non seulement forts de leurs mandats, mais surtout de leurs convictions. Ils seront animés par des certitudes plus que par des tactiques politiques. Ils seront d'abord élus sur des principes et une vision, qu'ils tâcheront ensuite de transmettre dans les faits. Ainsi ils sauront résister à l'administration, à leurs collègues réticents à l'ampleur des changements, à l'air du temps et la pression de la rue. Eloignés des effets de cour et de communication, ils conduiront une politique claire et transparente. Ils ne se contenteront pas de réformer, mais bien de transformer l'organisation de la société française. Ils la guideront d'une société administrée vers une société de liberté.

Ces hommes neufs ne serviront à rien si, entre-temps, le barycentre de la vie politique française ne s'est pas déplacé sur l'axe qui va de l'Etatisme au libéralisme. C'est pourquoi le combat de Liberté Chérie est utile, dès aujourd'hui, à ces leaders de demain. Elle prépare les esprits, les mentalités, à une alternative. Elle donne à l'opinion les arguments et les outils pour choisir d'autres options.

Liberté Chérie existe depuis quatre années. Elle s'est révélée au grand public depuis un peu moins de deux ans. Jusqu'à présent elle fut une voix, forte et claire, pour défendre des réformes libérales en France. Mais pour ne pas se payer de mots, Liberté Chérie ne doit pas attendre que se révèlent d'eux-mêmes les réformateurs qui accompliront ses revendications. Cela ne se produira pas. Elle ne doit pas non plus attendre ces réformes de la part des hommes en place, trop madrés, datés, éloignés de la rupture avec le système qui les a fait. Certes, la presse désigne parfois des héritiers, des hommes forts en qui il faut espérer sans coup férir. On aurait de suivre aveuglément ces héros du moment : ce sont des hommes politiques professionnels depuis plus de trois décennies, sans convictions précises, sinon celle que l'Etat est la réponse aux maux du pays et qu'ils doivent diriger l'Etat. Comment peut-on faire confiance aux produits du système pour transformer le système ?

C'est pourquoi, dès maintenant, Liberté Chérie, la voix libérale, doit aussi devenir une voie politique. Un chemin pour les idées, pour les arguments, et pour les hommes qui demain réformeront le pays. Une voie intellectuelle et militante pour fabriquer les instruments du changement.