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Lundi de Pentecôte : Les administrations publiques jouent le jeu de la surenchère dans l'humiliation des citoyens/salariés du privé
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Liberté-Chérie dénonce la fausse journée de solidarité qui n'est encore qu'un impôt déguisé

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Lundi de Pentecôte : Les administrations publiques jouent le jeu de la surenchère dans l'humiliation des citoyens/salariés du privé

par Vincent Poncet, le 27/04/05
Une grande partie des organisations publiques ou para-publiques cédent déjà aux syndicats ou à la démagogie politicienne de leur dirigeant en se dérobant à la journée dite de solidarité envers les personnes agées. On voit à la SNCF qu'elle se transforme en une minute de travail supplémentaire par jour. Certaines collectivités donnent cette journée à leurs employés, d'autres disent qu'ils accepteront les absences. Les agents de la RATP font du chantage à la grêve pour ne pas y être soumis. Cette liste abjecte est longue, et révélatrice d'un écart qui se creuse toujours plus entre les salariés du privé et les agents du public.

La journée de solidarite de pentecote avait été denoncée par Liberte-Chérie. Pour la simple raison, que cette journée est en fait un impôt deguisé qui devait encore compliquer la gestion des entreprises.
Pour le salarié, travailler plus pour gagner autant, c'est une perte.
Pour l'entreprise, elle aura une journée de travail supplémentaire, sans augmentation des salaires qu'elle devra payer, mais elle devra payer une taxe correspondant grosso modo au supplément de chiffre d'affaire quelle aurait pu faire durant cette journee. Bien entendu toutes les entreprises ne réaliseront pas forcément ce chiffre d'affaire supplémentaire et donc ce sera pour leur poche. Ainsi pour l'entreprise, au mieux elle ne gagnera rien, au pire, elle devra payer encore plus d'impôt et dans tous les cas, elle devra remplir de nouveaux formulaires et se conformer a de nouveux réglements.
Pour l'Etat, enfin, lui il a tout a y gagner, vu qu'il instaure en fait un nouvel impôt que les citoyens ne semblent pas percevoir comme tel.

Resultat, au global, on intensifie le role de percepteur de l'entreprise qui devra prélever un nouvel impôt sur ses salaries qui s'ajoutera a la multitude existante (cotisation retraite, maladie, veuvage, CSG, CRDS, assurance accident du travail, contribution aux caisses d'allocations familiales, etc...). Ce qui bien entendu lui prendra des ressources qui lui seront autant en moins pour faire du travail productif.
Quand on comprend que tous ces impôts prélevés par l'entreprise sont bien pris sur le salaire des employés, on peut se demander pourquoi l'Etat ne les gère pas lui même en les prélevant lors des impôts direct sur le revenu.
La reponse est élémentaire, mon cher contribuable. Si l'Etat prélevait directement tous ces impôts, les citoyens contribuables se rendraient mieux, voire trop, compte du niveau d'impôt qu'ils ont à subir. Rappelons que si la part de l'Etat dans le PIB est de 55%, cela veux bien dire que chaque contribuable paye en moyenne 55% d' impôts.
Il est donc dans l'intéret de l'Etat de prélever un maximum tout en en faisant passer le plus possible par des voies indirectes.

Venons en enfin à cette grande mascarade ayant lieu en ce moment à la SNCF, la RATP et dans les collectivités locales. A la SNCF, les syndicats des agents ont reussi à obtenir de transformer cette journée travaillée en un quota de 1 a 2 minutes par jour. Dans quelle entreprise, une augmentation du temps de travail de 1 minute permet de faire quoi que ce soit ? Quelle entreprise gère ses plannings à la minute près ? Vu les grêves et les retards de train, je serais tente de dire : surtout pas la SNCF.
Ce sera encore plus évident dans les autres administrations publiques, vu qu'il n'y aura pas ce subterfuge de la minute supplémentaire. Au moins, reconnaissons leur l'honneteté de leur démarche : ils profitent des autres citoyens et ils ne s'en cachent pas. Concrètrement, ces administrations publiques devront payer les 0.3% de masse salariale sans avoir aucun gain de productivité. Et vu qu'il s'agit d'administrations publiques, cette journée de solidarité sera payé par les contribuables, qui, de part leur status de salarié du privé, n'échapperont pas a cette journée de travail supplémentaire. Ainsi, ils paieront deux fois cette journée de solidarité. Pendant que d'autres en profiteront. La voilà la fracture sociale toujours plus grande dont souffrent les citoyens ce pays, la fracture entre ceux qui ont les privilèges et ceux qui doivent travailler pour payer les privilèges.
En d'autres temps, les exploités ont renversés le régime qui finalement ne les exploitait pas autant que celui d'aujourd'hui. Le temps arrivera sans doute...

Sources :
(AP) Jour férié: les salariés de la SNCF travailleront "une à deux minutes" de plus par jour
(AP) Des syndicats demandent à la RATP d'offrir le lundi de Pentecôte férié à ses salariés
(Le Monde) Lundi de Pentecôte : la fronde s'étend aux collectivités locales
(Nouvel Obs) Lundi de Pentecôte : la fronde s'organise