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Politique internationale : que reprochons-nous à Jacques Chirac ?

le 02/05/05
Jacques Chirac a toujours affirmé, depuis son arrivée à l'Elysée en 1995 et plus encore depuis le début de la cohabitation en 1997, que la politique étrangère relevait du " domaine réservé " du président de la République.

C'est donc un peu le bilan personnel de Jacques Chirac que nous faisons quand nous analysons la politique étrangère menée par la France ces dix dernières années. Trois aspects caractérisent ce triste bilan :

- Une attitude complaisante envers quelques-uns des grands dictateurs de ce monde.

- Un goût particulièrement prononcé pour les thèses " altermondialistes ".

- Une vision archaïque du monde et des relations internationales.


Jacques Chirac et les dictatures

Les relations entretenues entre Jacques Chirac et les dirigeants peu recommandables de certaines nations peu démocratiques sont une honte pour la France. Quelques exemples :

Afrique:

Dénonçant l'interventionnisme et l'impérialisme d'autres pays, le chef de l'Etat, grand donneur de leçons, a allègrement poursuivi les rapports ambigus qu'entretient la France avec de nombreux dictateurs africains. Pour ne citer que le dernier disparu, Eyadema, dictateur togolais en place depuis près de 40 ans a eu droit au qualificatif d'" ami personnel " de Jacques Chirac dans le communiqué de l'Elysée regrettant sa mort...

Moyen-Orient:

Est-il anodin que l'ancien terroriste Arafat ait choisi la France pour finir ses jours, comme tant d'autres personnalités politiques au sombre passé ?

Russie:

Jacques Chirac préfère la compagnie d'un ex patron du KGB à celle du président des Etats-Unis. Choisis ton camp, camarade...

Chine:

D'une valse accordée par Bernadette, dans son château corrézien, à Jiang Zemin (1999) à la vente d'armes à la Chine de Hu Jintao, il n'y a qu'un pas (de danse) que Jacques Chirac est tout prêt à franchir. Les tibétains et taïwanais nous en seront certainement reconnaissants !

Etc...

Jacques Chirac et la mondialisation

ATTAC pouvait-elle rêver meilleur ambassadeur que le chef de l'Etat en personne ? Quand Jacques Chirac propose à Davos (2005) l'instauration d'une "taxe mondiale" pour lutter contre la pauvreté, il se fait le porte-voix des antimondialistes du monde entier. Preuve qu'il ne s'agissait pas d'un simple effet d'annonce, il propose des mesures concrètes (taxation des billets d'avion par exemple).

Toutes ces riches idées lui ont probablement été rapportées par les délégations de l'Elysée ou du gouvernement envoyées amicalement à Porto-Alegre ou au Forum Social Européen de Paris (2004), d'ailleurs grassement financé par l'argent du contribuable français...

Jacques Chirac ne manque jamais une occasion de fustiger la " mondialisation ultralibérale " qui serait, d'après lui, la source de bien des maux du tiers-monde et d'une grosse partie de nos propres problèmes économiques (chômage, délocalisations...). Il en appelle sans cesse à la "régulation" ou à "l'humanisation" de cette mondialisation qu'il n'aime pas. En fait "d'humanisation", c'est de subventions, de protection, de barrières douanières, de contrôles, d'interventions publiques et d'entraves au libre-échange qu'il veut parler...

Jacques Chirac et le reste du monde...

Si Jacques Chirac est d'une honteuse complaisance envers certaines dictatures de la planète, il entretient des rapports difficiles avec la " plus grande démocratie du monde "...

Le chef de l'Etat cache de moins en moins son ambition d'ériger une puissance capable de s'opposer aux Etats-Unis. Conscient que la France ne pourra jamais jouer ce rôle, il compte sur l'Europe pour incarner ce nouveau bloc. Il rêve d'une " Europe-puissance " qui diffuserait son modèle (qui ne peut être que "social", en réponse sûrement au "modèle libéral américain"). Sa position de chef de file des opposants à la libération de l'Irak a probablement renforcé cette ambition.

Jacques Chirac continue d'appréhender les relations internationales sur un mode conflictuel : de grands blocs (Etats-Unis, Chine, Inde, Amérique du Sud, Europe...) opposeraient leurs modèles de développement et leurs intérêts économiques forcément antagonistes. Il est un homme politique parfait qui ne réfléchit qu'en termes " collectifs ". Jacques Chirac n'a aucune confiance dans le libre-échange pour apporter la prospérité, harmoniser naturellement les niveaux de vie et apaiser les tensions.


En conclusion:

En 10 ans d'action internationale, Jacques Chirac a dessiné une position qui met la France dans une situation délicate : celle d'un pays en perte de vitesse qui tente désespérément de retrouver une influence perdue. Bien conscient que la liberté individuelle, l'intransigeance démocratique ou le libre-échange sont des principes ardemment défendus par d'autres que lui, Jacques Chirac a choisi de se lancer dans d'autres " combats ", de défendre d'autres idées. Des idées dont la France pourrait revendiquer le leadership. Or, quand toutes les bonnes idées sont " prises ", il ne reste que les mauvaises...