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par Y. B. Source : Le Monde LE MÉGAPHONE était aphone et le micro ne fonctionnait que par à-coups. Mais qu'importe : pancartes et slogans suffisaient à la compréhension du message. Quelques centaines de personnes se sont rassemblées dimanche 25 mai après-midi sur le parvis de l'Hôtel de Ville, à Paris, «pour la réforme des retraites et contre le blocage syndical ».Convoquée surtout via Internet, par l'association Liberté j'écris ton nom et le Collectif pour la réforme des retraites, au sein duquel se retrouvent des structures de la mouvance libérale souvent proche d'Alain Madelin, à l'instar de l'Association de développement économique local (ADEL), cette manifestation se voulait le porte-voix de « la majorité silencieuse qui en a marre des grèves et de la racaille syndicale », comme l'expliquait l'un des participants. Il était environ 15 h 30 lorsque, par petitsgroupes, les premiers manifestants ont dé-ployé des banderoles. Les mots d'ordre ne laissaient aucun doute sur la tonalité de cette démonstration. «Répartition égale spoliation », brandissait un participant, tandis que d'autres s'en prenaient aux «privilèges éhontés de la fonction publique » ou exigeaient: «Fonctionnaires, libérez les otages ». Enfin, plus loin, un autre arborait une pancarte «Stoppons la dictature syndicale ». Un homme plus âgé proposait de « cristalliser un peu la situation et d'organiser une grande manifestation comme le 30 mai 7968 ». STIGMATISER LES FONCTIONNAIRES Organisé pour défendre le projet de loi présenté par François Fillon, ce rassemblement a été boudé par les élus de l'UMP : après s'être annoncé, Claude Goasguen s'était finalementfait excusé ; l'association la Droite libre, membre associé du parti, qui s'était jointe à l'appel, a fini par décliner. Le mouvement s'est surtout appliqué à stigmatiser fonctionnaires et syndicats, taxés par Sabine Hérold, dirigeante de Liberté j'écris ton nom, de «terroristes de l'action sociale ». «Où est la majorité responsable ? », s'est interrogé Gonzague Basset-Chercot, coordonnateur de la même association, indigné de ce que «chaque année notre pays soit victime d'une marée noire, en fait une marée rouge syndicale qui déferle son fiel et son conservatisme archaïque ». Soucieux de ne pas en rester là, les participants se sont promis de rester vigilants et de recommencer dans les meilleurs délais. En espérant toutefois être plus nombreux.
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