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Non au protectionnisme ! Oui à la concurrence ! Oui à la baisse des prix !

par Carlo Viti, le 25/05/05
Suite à l'entrée de la Chine dans l'OMC et l'ouverture de nos marchés aux importations de produits chinois s'est ouvert un vaste débat dans les pays comme la France, l'Espagne et l'Italie où l'industrie textile représente encore une part importante du PIB.

La position des libéraux sur ce thème est très claire : la concurrence internationale permet la diminution des prix et une augmentation du pouvoir d'achat. Les pertes d'emploi dans un secteur donné seront compensées par des hausses de consommation dans d'autres secteurs qui entraîneront in fine une croissance de l'emploi.

Sur le moyen terme cet équilibre est certainement possible, mais sur le court terme il faut reconnaitre qu'une partie de la population européenne sera significativement touchée par cette ouverture.

Les libéraux que nous sommes doivent avoir le courage d'assumer ce point sous la peine de perdre leur crédibilité vis-à-vis de nos concitoyens.

Cette position que nous assumons est en effet la seule qui satisfasse l'éthique, dans le sens où seulement l'ouverture au commerce international peut donner à tous les hommes et femmes de notre planète les mêmes chances de se construire un avenir meilleur, un espoir de bonheur.

Si on croit à l'égalité des droits des hommes quelque soit le couleur de leur peau, leur religion, leur sexe et leur origine, alors pourquoi devrait on accepter de soutenir avec un "impôt" sur nos revenus l'ouvrier lyonnais (ou plus souvent roumain, tunisien ou mauriciens)?

Pourquoi ne pas permettre à de nombreux paysans indiens ou chinois de sortir d'une condition de pauvreté extrême pour commencer le long chemin vers le bien être. En quoi la position des protectionnistes est-elle éthiquement préférable à la notre? Pourquoi assume-t-on toujours une position défensive sur ces problèmes alors que l'on devrait attaquer les argumentations protectionnistes?
L'exemple du coton est encore plus flagrant dans ce sens. Les pays cotonniers européens (Grèce et Espagne) reçoivent des aides de 2,48$ par kg; les américains 1,98$ par kg. Or le prix du coton sur le marché international est de moins d'un dollar!

En conséquence, les aides européennes et américaines aux producteurs de coton ont mis en forte crise la production malienne.

Si on se rappelle qu'au Mali l'espoir de vie est de 41 ans et que le PIB 2003 par habitant est de 262 dollars (282 en 2002), les défenseurs du protectionnisme devraient être considérés comme des anti-Robin des Bois et non pas comme les défenseurs des plus démunis.

Il faut que les libéraux commencent à crier haut et fort que la seule position éthique défendable est la nôtre et que toute position contraire à la libre circulation des marchandises et des services est aussi contraire à l'égalité des droits des hommes quelque soit leur origine.