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![]() présomption fatale: les erreurs du socialisme, La
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En réponse au classement du mouvement Liberté Chérie parmi les partisans du "Non", dans les Echos des 13 et 14 mai 2005, en page 3, dans l'article de Cécile Cornudet intitulé "Le grand malaise des libéraux dans la campagne".Dans la France entière, les affiches du Parti Socialiste et de l'UMP incitent à l'unisson à voter Oui. Jamais le rôle des spécialistes de la communication n'aura autant compté dans une campagne : en effet, seule la charte graphique permet de différencier les héritiers de Jaurès et de Poincaré. Pour un camp, l'heure est à la défense des acquis sociaux. Pour l'autre, seule compte la consolidation de l'économie sociale de marché et du service public à la française. La différence est ténue. Les mots sont modelés pour convaincre une opinion de passage sur un débat sans cadres, sans références. Au fond, Hollande, Sarkozy, Chirac et Jospin sont entrés en campagne sous le seul étendard qui les réunissent vraiment : celui de la défense de la corporation professionnelle des hommes politiques français. En tant que représentants de profession, ils jouent leur survie avec ce scrutin. Si demain l'Europe se fait sans eux, comment pourraient-ils prétendre, un jour, gouverner l'Europe ? Comment pourraient-ils encore aspirer à gouverner la France ? L'Europe est le passage obligé de la nomenklatura, non par conviction, mais par ambition. Il s'agit donc de convaincre à tout prix les Français, ces indisciplinés indécis. Ces derniers sont perdus dans le dédale des nouvelles institutions. Ils sont sommés de se prononcer en trois lettres sur un traité de cent pages, bombardé à la hussarde dans leur boîte aux lettres. Mais heureusement, la sagesse des partisans du Oui, pressés d'imposer leur influence, leur indique le bon chemin : une Europe forcément "sociale". Le Oui, de gauche comme de droite, ne peut être que celui de la transposition du modèle Français à l'Union Européenne toute entière : l'ego est flatté, le chaland rassuré. Pour décrire la position des partisans du Non, il n'est pas nécessaire d'y consacrer un développement supplémentaire : leur position est la même que celle des partisans du Oui. La différence est de degré, pas de nature. Pour les tenants du Non, le projet européen est le fossoyeur des acquis sociaux. Affublé de tous les quolibets, ultra libéral, à la botte du patronat, vendu au capitalisme international ou anti-national, le traité est voué aux gémonies. Mais au fond, entre le Oui de raison des uns et le Non de passion des autres, la cause est entendue : défendre un modèle économique très encadré par l'Etat, où les dépenses de santé et d'éducation sont centralisées, les services publics pris en charge par la collectivité. Un modèle où l'impôt régule, au profit de l'Etat, les inégalités de revenu. Dans ce scénario bien connu, la principale mission du politique est de s'assurer de la juste répartition des richesses, au nom de la cohésion sociale. Nous autres, libéraux, refusons l'Europe que préconisent, en France, les partisans du Oui et les partisans du Non. Nous refusons l'Europe des Etats et de l'interventionnisme économique. Nous ne pouvons accepter l'Europe comme un niveau de contrainte supplémentaire. Pas plus que nous ne cautionnons l'idée d'une Europe puissance, ce blockhaus géopolitique dressé contre tous les périls réels ou supposés, du textile chinois aux fusées américaines. Cette Europe là ne pourrait qu'enfermer ses citoyens dans leurs peurs. A l'inverse, nous percevons l'Union Européenne comme une promesse de Liberté. Elle est une circonstance heureuse de l'Histoire. En cinquante années, la construction européenne s'est affirmée comme l'alliée la plus précieuse des libertés : liberté de circulation des biens et des personnes, liberté de commerce, contre-pouvoir aux abus des Etats grâce aux Cours de Justice et des Droits de l'Homme. L'Europe offre des choix nouveaux aux individus. Elle a su s'immiscer dans le huis clos entre les Etats et les Nations qui pénalise depuis des siècles la liberté de chaque citoyen. Dans notre pays, l'homme fort des réformes, c'est l'Union Européenne. Elle a initié l'abrogation progressive des monopoles d'Etat dans la téléphonie ou l'électricité, l'ouverture de l'économie à de nouveaux produits, le contrôle des finances publiques par un tiers indépendant, la Commission... Mais les défenseurs de l'Europe des individus, des réformes profondes qu'elle a entraîné et continuera d'entraîner en France, n'ont pas été invités au débat national sur le projet de Traité Constitutionnel. Peut-être étaient-ils indésirables aux yeux des partisans du Oui et du Non, installés dans un monologue en faveur de nouvelles prises en charge collective ? L'absence d'un débat raisonnable sur la Directive Services, dite "Bolkestein", pourtant validée initialement par la France, augurait d'un débat volé pour le Référendum. Dans cette tragi-comédie nationale, où s'opposent une Europe épouvantail ultra et thatchérienne en diable à une Europe apaisée, sociale, les libéraux français n'auront volontairement pas choisi de camps. Ils savent que l'Europe est une opportunité sans égale. Alors ils prendront leur décision, en leur âme et conscience, au regard de la lettre du traité. Ils n'auront pu s'impliquer dans un débat national, étrangers aux arguments de toutes les parties. Face à l'urne, à l'heure du choix, il n'y aura pas d'enthousiasme, comme pour beaucoup de Français. Edouard FILLIAS Porte-parole de Liberté Chérie
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