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Sabine Hérold, la relève libérale
La Jeanne d'Arc des libéraux
Trois questions à Sabine Hérold, porte-parole de l'association "Liberté, j'écris ton nom !"
Sabine Hérold promue Jeanne d'Arc des libéraux
Le débardeur de Sabine Hérold
De Cancun à Cancon, nos villages à l'heure de la mondialisation
De "Liberté j'écris ton nom" à "Liberté Chérie"
Discours de Christophe Maillard le 27 octobre à Lyon
Une interview d'Edouard Fillias sur le mouvement "Liberté Chérie"
Université d'été des anti-grèves, du 5 au 7 septembre à l'Aber Wrac'h
Sabine Herold, libéralisme, j'écris ton nom
Association Liberté Chérie : réflexion sur la modernisation de la politique
Liberté et le Droit, La
de Bruno Leoni
Présentation de l'éditeur:
D’abord publié en anglais aux Etats-Unis en 1961, son maî...
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Libéraux, la jeune garde est en marche !
le 25/10/03
par Sébastien Le Fol
Source : Le Figaro Magazine Quatre mois après le succès de leur manifestation de soutien à la réforme des retraites, les jeunes libéraux de l'association Liberté, j'écris ton nom publient un manifeste (1). "Le Figaro Magazine" en présente des extraits, qui retracent la genèse du mouvement, exposent ses idées et dévoilent ses objectifs. Enquête sur cette génération qui bouscule I'UMP.
Pour leur manifestation du 15 juin dernier contre les grèves, ils espéraient quelques centaines de personnes. Il en vint près de 100 000. Eux qui n'étaient encore au printemps que des étudiants anonymes pas-sent aujourd'hui à « Tout le monde en parle » et à « Merci pour l'info », font la une des journaux anglo-saxons et sont courtisés par l'UMP. Sabine Herold, 22 ans, surnommée la « Jeanne d'Arc des libéraux », et Edouard Fillias, 24 ans, les animateurs de l'association Liberté, j'écris ton nom, connaissent une gloire aussi précoce qu'embarrassante. A 20 ans et des poussières, ils doivent en effet achever leurs études (Sabine Herold vient d'entamer sa deuxième année de HEC et Edouard Fillias, sa troisième) tout en présidant aux destinées d'un mouvement qui compte désormais 3 000 adhérents et 10 comités locaux dans toute la France. Deux ans après sa création par Edouard Fillias, Liberté, j'écris ton nom arrive à un stade crucial de sa croissance. Quel débouché concret ses animateurs vont-ils offrir au succès médiatique du 15 juin ? Vont-ils muer en parti politique, en courant de l'UMP ou bien en Attac libéral ? Tel est le dilemme auquel sont confrontés ces jeunes.
- Notre ligne est élaborée sans filet, confie Edouard Fillias. Un comité de rédaction constitué de cinq personnes organise les positions du mouvement au fur et à mesure. Nous voulons devenir une force de proposition, une sorte de référent libéral en France.
- Problème : comment rendre populaires les idées libérales dans un pays qui y paraît à première vue allergique ?
- Les Français ont une idée fausse du i libéralisme, explique le philosophe Alain Laurent, éditeur du livre Liberté, liberté chérie aux Belles Lettres. Celui-ci a été trop souvent réduit à sa dimension économique. Or, le marché n'est qu'un moyen. Les jeunes de l'association l'ont compris en mettant l'accent sur la liberté individuelle. Leur combat est avant tout moral.
Les animateurs de Liberté, j'écris ton nom savent que pour remporter la bataille des urnes il leur faudra d'abord gagner celle des idées. Pour diffuser les leurs, ils privilégient internet. Chaque adhérent est invité à définir sa « conception personnelle » de la liberté dans un article publié ensuite sur le site officiel de l'association (2). Outre des articles sur les penseurs libéraux (Tocqueville et Hayek, notamment), on peut également y trouver des chroniques régulières sur l'actualité nationale et internationale (l'association a pris position en faveur de l'intervention anglo-américaine en Irak), mais aussi un forum de discussion et des liens avec des sites libéraux du monde entier (voir encadré p.31).
Les adhérents actifs de Liberté, j'écris ton nom ont, pour la plupart, entre 20 et 30 ans. Beaucoup sortent de Sciences-Po ou de HEC, mais on trouve également des jeunes actifs et des retraités.
On distingue parmi eux trois types d'engagement : intellectuel, instinctif et politique. Maxime Rollin, 26 ans, interne en médecine à Nancy, incarne plutôt la première tendance. Il a découvert le libéralisme en lisant Bastiat et Pascal Salin.
- J'étais à la recherche d'un engagement politique qui ne passe pas par le militantisme, raconte-t-il. Le système des partis traditionnels m'inspire la plus grande méfiance.
Nathalie Brohan, 31 ans, née à Bom bay et adoptée par une famille de Bretons, se rangerait dans la deuxième catégorie. Cette employée d'un cabinet de fiscalistes est devenue libérale au contact du monde du travail.
- Je ne suis pas diplômée, dit-elle, mais je compte déjà plusieurs expériences professionnelles à mon actif. Or, je me sens bloquée dans mon évolution personnelle par la rigidité du système français. Lorsque je travaillais dans une entreprise publique et qu'il m'arrivait de déborder de l'horaire officiel pour boucler une affaire, les syndicats me tombaient dessus. J'aimerais que le travail soit vraiment reconnu en France.
Troisième et dernière famille, la poli-tique. Un certain nombre de membres de Liberté chérie sont des déçus de la droite. Edouard Fillias, le premier, un ancien du RPR. Laurence Petit aussi a milité au RPR.
Elle s'est portée candidate comme suppléante aux législatives de 2002 dans le XVIème arrondissement de Paris. Cette trentenaire, docteur en biologie moléculaire, se plaint de l'« absence de débat interne » dans les partis. Selon elle, «les militants ne sont jamais mis en position de donner leur avis ».
Au sein de Liberté, j'écris ton nom, on pratique la démocratie directe. Toutes les tendances du libéralisme s'expriment. Et elles peuvent être parfois diamétralement opposées. Sur les questions de société, par exemple, le mouvement serait bien en peine d'afficher des positions qui fassent l'unanimité en son sein. Certains des adhérents sont ainsi favorables à la dépénalisation des drogues douces. Le Pacs, quant à lui, suscite plusieurs réactions : il y a les pour, les contre, et ceux qui souhaiteraient le remplacer par un mariage civil universel.
«Nous ne sommes pas des idéologues mais des praticiens », assurait Sabine Herold lors de l'Université du mouvement en septembre à Landéda (Finistère).
Mais ce pragmatisme ne risque-t-il pas de devenir un handicap à l'avenir ? La démocratie interne version Verts a surtout montré son inefficacité politique.
Jusqu'où les jeunes libéraux s'engageront-ils ? Ils ont beau vouloir se tenir à l'écart du jeu politicien, à un moment ils seront peut-être contraints de s'y mêler. Sabine Herold a déjà rencontré Jean-Pierre Raffarin.
Mais l'avenir de leur mouvement ne dépend pas seulement de questions politiques. Ses cadres sont encore étudiants. Dans quelques mois ou quelques années, ils entreront dans la vie active. Leur enthousiasme sera-t-il alors intact ?
(1) Liberté, liberté chérie, de Sabine Herold et Edouard Fillias, Les Belles Lettres, 256 p., 14
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