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par Arnaud Folch Source : Valeurs Actuelles RÉFORMES : Projet Raffarin d 'amnestie fiscale, offensive Sarkozy sur l'ISF, retour du débat sur les 35 heures : avec les beaux jours, les idées libérales reprennent des couleurs En attendant, à la rentrée, la tenue des 1ères Rencontres de la RéformePeut-on, comme vient de le faire François Hollande, parler de « fuite en avant libérale » du gouvernement? Assurément non. «Nous n'avons pas toujours été entendus », tempère Hervé Novelli, chef de file des Réformateurs de l'UMP (lire notre entretien page 13). «Notre pouvoir est d'influence, pas de décision », confirme Jean-Michel Fourgous, cofondateur, avec Olivier Dassault, de Génération Entreprise... Survenant après les deux lourdes dé-faites des régionales et des européennes, le "tournant social" du gouvernement Raffarin III – le premier ministre ci-tant douze fois le mot « social» contre deux fois le mot « réformes » dans son discours de politique générale – semblait même avoir définitivement enterré les espoirs de l'aile libérale de la majorité. Celle-ci étant alors accusée par beaucoup, y, compris au sommet de l'Etat, d'être responsable de la double débâcle électorale... Et puis, après un début d'été aussi "pourri" que la météo, le ciel s'est subitement éclairci, ces dernières semaines, pour les libéraux. Retour sur le devant de la scène du débat sur les 35 heures, d'abord, à la faveur des renégociations sur le temps de travail votées, depuis le début juillet, dans plusieurs entreprises (suivant l'exemple allemand). Cela a démontré la justesse de nos analyses », estime Hervé Novelli, qui avait dû se contenter, en mars dernier, de la création d'une mission d'information sur les 35 heures, faute d'avoir pu obtenir la commission d'enquête parlementaire qu'il réclamait... Journée à marquer d'une pierre blanche pour les libéraux, le 28 juillet aura été l'occasion d'une double annonce. La première, officielle, par Renaud Dutreil, le ministre de la Fonction publique, de supprimer« 8 000 à 10 000 postes » dans l'administration en 2005. «Je me bats contre l'attitude qui consiste (à dire) : plus il y a de fonctionnaires, plus l'État est efficace », s'est-il justifié dans le Parisien. Seconde "annonce" du jour, officieuse celle-là, mais révélée par les Echos: le projet "d'amnistie fiscale" du gouvernement qui devrait figurer dans la loi de finances 2005. Prévoyant une taxation libératoire comprise entre 10 et 20 % des capitaux rapatriés, cette "amnistie" pourrait rapporter jusqu'à un milliard d'euros. Certes moins avantageuse que celles proposées en Belgique (6 %) et en Italie (2,5 %), cette possible "amnistie fiscale" sonne d'autant plus comme une "divine surprise" pour les libéraux qu'après avoir été évoquée une première fois par Jean-Pierre Raffarin au mois de mai, elle semblait avoir été remisée aux oubliettes... Deux jours plus tard, enfin, c'est Nicolas Sarkozy, dans un entretien au Figaro, qui jette un nouveau pavé dans la mare. « L'ISF, déclare-t-il, est un frein au retour de capitaux.» Sous-entendu: s'il n'est pas minoré, ou carrément supprimé (comme en Italie), « l'ISF, selon l'UMP Philippe Marini, va minorer le rendement » de l'amnistie prévue. « Les talents et les capitaux vont là où l'impôt est le moins cher », ajoute Jean-Michel Fourgous, qui se réjouit d'autant plus des propos du ministre des Finances que l'ISF, rappelle-t-il, "coûte plus cher à collecter... qu'il ne rapporte à l'État !» Il n'empêche :s'ajoutant à la réforme du statut d'EDF, à la loi de décentralisation et aux précédentes déclarations de Sarkozy (le 12 juillet dans le Monde) souhaitant que l'« on exonère d'impôts et de charges les entreprises qui relocaliseront des emplois en France » dans certaines zones, cet "été libéral" (pourtant loin d'être caniculaire...) n'a pas manqué de faire bouillir la gauche : «cynique et dangereux», a commenté Hollande depuis le bord de sa piscine, « moralement inacceptable » a renchéri le fabiusien Didier Migaud... Gauche « morale » contre « affreux » libéraux (dixit Novelli) : un débat vicié en forme d'éternel recommencement, où la droite s'est trop souvent engluée depuis 1986 et les belles heures du « printemps libéral »... C'est précisément pour en sortir, tirer un trait, pour les anciens de Démocratie libérale, sur les médiocres 4 % d'Alain Madelin à la présidentielle, et transformer en réformes, à la rentrée, les essais de ces dernières semaines, que nombreux seront les élus libéraux à plancher aussi, en cet été décidément radieux, sur l'organisation, le 29 septembre à Paris, des Ires Rencontres de la réforme. « Elargir notre influence législative ne pourra se faire qu'à la condition d'élargir d'abord notre influence culturelle », affirme Novelli. D'où la participation, aux côtés des Réformateurs (soixante-dix députés) et de Génération Entreprise (cent députés, dont huit ministres), coorganisateurs de cette manifestation, d'une multitude de clubs libéraux issus de la société civile : Contribuables associés (lire notre encadré ci-contre), IFRAP (Institut français de recherche sur les administrations publiques), Liberté chérie, ALEPS (Association pour la liberté économique et le progrès social), Héritage et Progrès, etc. 1 500 amendements pour Génération entreprise Un étonnant et détonnant bras-sage. Ces associations, en effet, bien que proches de la majorité, ne sont affiliées à aucun parti. Les Réformateurs, qui devraient se transformer en courant, jouent, au contraire, la carte du rapport de force politique au sein de l'UMP Enfin Génération Entreprise, uniquement constituée d'anciens chefs d'entreprise ou cadres du secteur privé — et dont une trentaine de membres ont été invités à déjeuner par Chirac à l'Élysée — se veut avant tout, comme le dit Olivier Dassault, un « laboratoire d'idées » et une « plate-forme d'échanges entre le monde économique et politique ». Nous avons la culture du résultat, précise-t-il. Notre approche des problèmes économiques est réaliste, concrète, et non pas idéologique. » A l'actif de Génération Entreprise, créée en juin 2002: mille cinq cents amendements déposés, six cents examinés et deux cents adoptés. De quoi, avec les autres libéraux de la majorité, "aiguillonner" le gouvernement. En attendant, espèrent-ils, de se retrouver à la rentrée au coeur de la « nouvelle phase de l'action gouvernementale », annoncée le 27 juillet par le premier ministre. Si les promesses de l'été n'ont pas été oubliées d'ici là...
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