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Les chantiers de la liberté

le 08/10/04

par Arnaud Folch

Source : Valeurs Actuelles

L'actualisation du barème de l'ISF sur l'inflation, proposée par le gouvernement, était réclamée par les libéraux. Le signe d'un retour en grâce ? Les Français sont de plus en plus sensibles aux idées libérales mais l'économiquement correct fait de la résistance...

Et si les Français étaient plus libéraux que leurs dirigeants ? Commandé par l'association Contribuables associés, un sondage BVA vient de révéler que 57 % d'entre eux estiment justifié que « les personnes payant l'impôt sur la fortune bénéficient d'une réduction de cet impôt en fonction de leur investissement dans la création d'entreprises et d'emplois ».

Symbole entre tous de l'idéologie "égalitariste" du début des années 1980, le"tabou" de l'ISF, que le gouvernement veut indexer sur l'inflation (lire page 18) n'en est donc plus un pour une majorité de Français. Une (r)évolution des esprits qui se vérifie à droite — 73 % de pour — mais aussi, et c'est nouveau, à gauche, dont 52 % des électeurs soutiennent désormais une telle réforme.

Révélé à l'occasion des 1ères Rencontres de la réforme, organisées le 29 septembre à la Maison de la chimie à Paris, à l'initiative des députés membres des Réformateurs et de Génération Entreprise, ce sondage tombe à pic pour les libéraux. « Les Français, explique le député UMP Jean-Michel Fourgous, cofondateur, avec Olivier Dassault, de Génération Entreprise, (lire notre entretien page 18), en ont assez des querelles doctrinales et idéologiques. Ils veulent que ça bouge ! »

Après l'été des libéraux" (Valeurs Actuelles du 6 août 2004), marquant leur retour dans le débat politique (35 heures, amnistie fiscale, réduction du nombre des fonctionnaires...), va-t-on assister, comme ils l'espèrent, à l'automne des réformes" ?

Six propositions concrètes ont été formulées à l'occasion de la grande ré-union de rentrée des libéraux (lire page 18) : renégociation des 35 heures, instauration d'un service minimumdans les transports publics, rééquilibrage, au profit du Parlement, des pouvoirs de l'État, réforme de la fiscalité, de la fonction publique et de l'ISE.

«Beaucoup d'entre nous souhaiteraient aller encore plus loin, affirme Hervé Novelli, chef de file des députés Réformateurs, mais pour être efficace il ne faut pas braquer l'opinion. La réforme doit être progressive et s'accompagner d'une pédagogie très forte. »

L'échec d'Alain Madelin à la présidentielle (3,9 %) a totalement changé la donne: à la tactique "madelinienne" du coup de pied dans la fourmilière a suc-cédé la stratégie des petits pas. Plus question de se situer "à la marge" : les "nouveaux libéraux", plus pragmatiques, veulent agir de l'intérieur. A l'UMP comme au gouvernement. « Notre action doit être tournée vers l'influence », résume Novelli—furieux contre les sifflets «contre- productifs » d'une partie de la salle à l'en-contre de Chirac.

Cette « culture du résultat », dans tous les sens du terme, prônée par Olivier Dassault et la centaine de parlementaires membres de Génération Entreprise, finira-t-elle par s'imposer face à la "culture étatique" ? La publication d'un récent rapport du Conseil des impôts consacré à "la concurrence fiscale et l'entreprise" (lire page 20) montre combien la tâche sera ardue, l'"économiquement correct" étant décidément, comme le dit Jean-Michel Fourgous, « omniprésent à tous les niveaux de la société». Dépendant de la toute-puissante Cour des comptes présidée par Philippe Séguin,le rapport défend dans ses grandes lignes la "justesse" des différents taux de fiscalité en France. Alors même que nos prélèvements sont parmi les plus élevés du monde...

De même, l'interprétation totale-ment erronée qu'ont fait certains médias du livre phénomène Bonjour paresse de Corinne Maier (lire page 22) confirme, s'il en était besoin, l'omnipotence de nos blocages idéologiques. Sous-titré De l'art et de la nécessité d'en faire le moins possible en entreprise, l'ouvrage, rédigé par une employée à temps partiel d'EDF, est devenu, pour la presse de gauche, lenouveau bréviaire antiboulot quand son "message" (délivré sous forme humoristique) entend dénoncer... exactement l'inverse.

Vous ne serez pas jugé sur la manière dont vous faites votre travail, mais sur votre capacité à vous conformer sagement au modèle qui est promu, écrit Corinne Maier. Une fois planqué, surtout évitez les changements. » Une peinture au vitriol du monde de l'entreprise publique qui n'est pas sans rappeler celui de la politique... En quelques semaines, 150 000 lecteurs se le sont arraché. Mieux encore qu'un sondage, un plébiscite...

Et si les Français étaient plus libéraux que leurs dirigeants ? Commandé par l'association Contribuables associés, un sondage BVA vient de révéler que 57 % d'entre eux estiment justifié que « Symbole entre tous de l'idéologie "égalitariste" du début des années 1980, le"tabou" de l'ISF, que le gouvernement veut indexer sur l'inflation n'en est donc plus un pour une majorité de Français. Une (r)évolution des esprits qui se vérifie à droite — 73 % de pour — mais aussi, et c'est nouveau, à gauche, dont 52 % des électeurs soutiennent désormais une telle réforme.Révélé à l'occasion des 1ères Rencontres de la réforme, organisées le 29 septembre à la Maison de la chimie à Paris, à l'initiative des députés membres des Réformateurs et de Génération Entreprise, ce sondage tombe à pic pour les libéraux. explique le député UMP Jean-Michel Fourgous, cofondateur, avec Olivier Dassault, de Génération Entreprise, Après l'été des libéraux" (Valeurs Actuelles marquant leur retour dans le débat politique (35 heures, amnistie fiscale, réduction du nombre des fonctionnaires...), va-t-on assister, comme ils l'espèrent, à l'automne des réformes" ? Six propositions concrètes ont été formulées à l'occasion de la grande ré-union de rentrée des libéraux renégociation des heures, instauration d'un service minimumdans les transports publics, rééquilibrage, au profit du Parlement, des pouvoirs de l'État, réforme de la fiscalité, de la fonction publique et de l'ISE.affirme Hervé No-elli, chef de file des députés Réformateurs, L'échec d'Alain Madelin à la présidentielle (3,9 %) a totalement changé la donne: à la tactique "madelinienne" du coup de pied dans la fourmilière a suc-cédé la stratégie des petits pas. Plus question de se situer "à la marge" : les "nouveaux libéraux", plus pragmatiques, veulent agir de l'intérieur. A l'UMP comme au gouvernement. "résume Novelli—furieux contre les sifflets"