par Arnaud Folch
Source : Valeurs Actuelles
L'actualisation du barème de
l'ISF sur l'inflation, proposée par le gouvernement, était réclamée par
les libéraux. Le signe d'un retour en grâce ? Les Français sont de plus
en plus sensibles aux idées libérales mais l'économiquement correct
fait de la résistance...
Et si les Français étaient plus libéraux que leurs dirigeants ?
Commandé par l'association Contribuables associés, un sondage BVA vient
de révéler que 57 % d'entre eux estiment justifié que « les
personnes payant l'impôt sur la fortune bénéficient d'une réduction de
cet impôt en fonction de leur investissement dans la création
d'entreprises et d'emplois ».
Symbole entre tous de l'idéologie "égalitariste" du début des
années 1980, le"tabou" de l'ISF, que le gouvernement veut indexer sur
l'inflation (lire page 18) n'en est donc plus un pour une
majorité de Français. Une (r)évolution des esprits qui se vérifie à
droite — 73 % de pour — mais aussi, et c'est nouveau, à gauche, dont 52
% des électeurs soutiennent désormais une telle réforme.
Révélé à l'occasion des 1ères Rencontres de la réforme, organisées le
29 septembre à la Maison de la chimie à Paris, à l'initiative des
députés membres des Réformateurs et de Génération Entreprise, ce
sondage tombe à pic pour les libéraux. « Les Français, explique le député UMP Jean-Michel Fourgous, cofondateur, avec Olivier Dassault, de Génération Entreprise, (lire notre entretien page 18), en ont assez des querelles doctrinales et idéologiques. Ils veulent que ça bouge ! »
Après l'été des libéraux" (Valeurs Actuelles du 6 août 2004), marquant
leur retour dans le débat politique (35 heures, amnistie fiscale,
réduction du nombre des fonctionnaires...), va-t-on assister, comme ils
l'espèrent, à l'automne des réformes" ?
Six propositions concrètes ont été formulées à l'occasion de la grande ré-union de rentrée des libéraux (lire page 18) : renégociation des 35 heures,
instauration d'un service minimumdans les transports publics,
rééquilibrage, au profit du Parlement, des pouvoirs de l'État, réforme
de la fiscalité, de la fonction publique et de l'ISE.
«Beaucoup d'entre nous souhaiteraient aller encore plus loin, affirme Hervé Novelli, chef de file des députés Réformateurs, mais
pour être efficace il ne faut pas braquer l'opinion. La réforme doit
être progressive et s'accompagner d'une pédagogie très forte. »
L'échec d'Alain Madelin à la présidentielle (3,9 %) a totalement
changé la donne: à la tactique "madelinienne" du coup de pied dans la
fourmilière a suc-cédé la stratégie des petits pas. Plus question de se
situer "à la marge" : les "nouveaux libéraux", plus pragmatiques,
veulent agir de l'intérieur. A l'UMP comme au gouvernement. « Notre action doit être tournée vers l'influence », résume Novelli—furieux contre les sifflets «contre- productifs » d'une partie de la salle à l'en-contre de Chirac.
Cette « culture du résultat », dans tous les sens du terme, prônée par
Olivier Dassault et la centaine de parlementaires membres de Génération
Entreprise, finira-t-elle par s'imposer face à la "culture étatique" ?
La publication d'un récent rapport du Conseil des impôts consacré à "la
concurrence fiscale et l'entreprise" (lire page 20) montre combien la
tâche sera ardue, l'"économiquement correct" étant décidément, comme le
dit Jean-Michel Fourgous, « omniprésent à tous les niveaux de la
société». Dépendant de la toute-puissante Cour des comptes présidée par
Philippe Séguin,le rapport défend dans ses grandes lignes la "justesse"
des différents taux de fiscalité en France. Alors même que nos
prélèvements sont parmi les plus élevés du monde...
De même, l'interprétation totale-ment erronée qu'ont fait certains
médias du livre phénomène Bonjour paresse de Corinne Maier (lire page
22) confirme, s'il en était besoin, l'omnipotence de nos blocages
idéologiques. Sous-titré De l'art et de la nécessité d'en faire le
moins possible en entreprise, l'ouvrage, rédigé par une employée à
temps partiel d'EDF, est devenu, pour la presse de gauche, lenouveau
bréviaire antiboulot quand son "message" (délivré sous forme
humoristique) entend dénoncer... exactement l'inverse.
Vous ne serez pas jugé sur la manière dont vous faites votre travail,
mais sur votre capacité à vous conformer sagement au modèle qui est
promu, écrit Corinne Maier. Une fois planqué, surtout évitez les
changements. » Une peinture au vitriol du monde de l'entreprise
publique qui n'est pas sans rappeler celui de la politique... En
quelques semaines, 150 000 lecteurs se le sont arraché. Mieux encore
qu'un sondage, un plébiscite...
Et si les Français étaient plus libéraux que leurs dirigeants ?
Commandé par l'association Contribuables associés, un sondage BVA vient
de révéler que 57 % d'entre eux estiment justifié que « Symbole entre
tous de l'idéologie "égalitariste" du début des années 1980, le"tabou"
de l'ISF, que le gouvernement veut indexer sur l'inflation n'en est
donc plus un pour une majorité de Français. Une (r)évolution des
esprits qui se vérifie à droite — 73 % de pour — mais aussi, et c'est
nouveau, à gauche, dont 52 % des électeurs soutiennent désormais une
telle réforme.Révélé à l'occasion des 1ères Rencontres de la réforme,
organisées le 29 septembre à la Maison de la chimie à Paris, à
l'initiative des députés membres des Réformateurs et de Génération
Entreprise, ce sondage tombe à pic pour les libéraux. explique le
député UMP Jean-Michel Fourgous, cofondateur, avec Olivier Dassault, de
Génération Entreprise, Après l'été des libéraux" (Valeurs Actuelles
marquant leur retour dans le débat politique (35 heures, amnistie
fiscale, réduction du nombre des fonctionnaires...), va-t-on assister,
comme ils l'espèrent, à l'automne des réformes" ? Six propositions
concrètes ont été formulées à l'occasion de la grande ré-union de
rentrée des libéraux renégociation des heures, instauration d'un
service minimumdans les transports publics, rééquilibrage, au profit du
Parlement, des pouvoirs de l'État, réforme de la fiscalité, de la
fonction publique et de l'ISE.affirme Hervé No-elli, chef de file des
députés Réformateurs, L'échec d'Alain Madelin à la présidentielle (3,9
%) a totalement changé la donne: à la tactique "madelinienne" du coup
de pied dans la fourmilière a suc-cédé la stratégie des petits pas.
Plus question de se situer "à la marge" : les "nouveaux libéraux", plus
pragmatiques, veulent agir de l'intérieur. A l'UMP comme au
gouvernement. "résume Novelli—furieux contre les sifflets"